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La Vie après la Vie
Une perception Universelle

"Les hommes sont différents dans la vie, semblables dans la mort."
[Lao Tseu]

par Michael



Certains auront reconnu un titre bien connu des personnes qui s'intéressent à la recherche sur l'après vie, celui du Dr Raymond Moody qui a ouvert une perception nouvelle sur l'élaboration d'hypothèses sur la survie de la conscience après la mort physique. Depuis, de nombreux ouvrages sont sortis, et les recherches dans ce domaine se sont progressivement affinées. Je ne vais pas traiter ici de ces recherches mais plutôt émettre une perception sur l'hypothèse de l'après vie car il m'a semblé qu'il subsistait certaines crispations idéologiques autour de ce thème.

En effet, l'esprit humain a une tendance atavique à interpréter l'inconnu à partir du connu, il ne peut être neuf d'interprétation et de préjugés hérités de son conditionnement culturel, religieux et familial. Tant que, bien entendu, un travail de connaissance de soi n'a pas été profondément engagé, l'esprit ne peut voir le réel tel qu'il est sans le prisme déformant de ses créations mentales. Dans ce site nous parlons d'une spiritualité universelle au delà des dogmes parce que nous pensons intimement que Dieu est UN, mais que ses expressions, les religions et philosophies sont aussi multiples qu'il y a d'humains, un proverbe Zen énonce : « Mille homme, mille vérités ».

Regardons attentivement le monde : nous voyons diverses conceptions de l'au-delà et si nous prenons le passé de l'humanité, il y en a eut tant et tant par le passé, aussi infinies qu'est la créativité humaine, et nous pourrions en inventer encore d'innombrables. Mais ceci nous permettra-t-il de comprendre la réalité de l'après vie ?

Au même titre que le mot n'est pas la chose qu'il décrit, la description d'un couché de soleil ne vous fera pas vivre le couché de soleil réellement. L'après vie est donc logiquement sujette à ce principe : nous créons notre propre réalité avec nos pensées. Ainsi nous ne verrons pas tous le même couché de soleil si viennent interférer nos créations mentales et surtout nos propres limitations, issues bien souvent de notre propres peurs. Dans certains témoignages sur les expériences de mort imminente par exemple, si la trame du scénario reste semblable d'une personne à l'autre, la forme elle varie en fonction du contenu psychique de la personne. Ainsi un chrétien verra Jésus, un bouddhiste, le bouddha, un athée un philosophe qu'il apprécie et un enfant, peut être Mickey. Ceci nous amène à comprendre que nos idées sur le réel ne sont pas le réel et que nos croyances sur l'au-delà bien que, comportant un fond commun de vérité, ne seront jamais la vérité de ce qui est. C'est aussi pour cela que les traditions initiatiques ont toujours amené les êtres à se détacher de leurs illusions et à voir la réalité telle qu'elle est. Dans le livre des morts tibétains, le Bardö Thodol, on énonce aussi que les visions terrifiantes ou bienfaisantes que perçois le désincarné sont relatives à son propre degré de clarté intérieur. Et que ces visions sont issues de sa propre ignorance vis à vis de sa nature véritable. Le monde des idées serait donc empli de toutes ces projections créées par le mental ; d'après certains récits il existerait bien des rues pavées d'or, des Jérusalem céleste ou des temples bouddhiques merveilleux, mais ces imageries seraient de pures illusions créées et alimentées par les croyants eux-mêmes.

Ceci n'est pas difficile à comprendre, quand nous rêvons, le contenu du rêve est relatif au contenu de notre esprit, nous verrons la plupart du temps des personnes, des lieux qui nous sont communs et un autre ne rêvera pas ce que nous avons dans notre esprit. Un chrétien rêvera peut être de Jésus, mais un musulman rêvera plutôt de ce à quoi il croit en rapport avec sa foi, et une personne sans religion rêvera d'autres choses, de paysages, d'êtres qu'il aime etc. Donc, nous pouvons transposer par analogie cette personnalisation du rêve à la conception de l'au-delà en rapport avec chacun, et c'est justement cela qui amène à comprendre que l'après vie est universelle pour tous , comme la vie l'est. Regardons cette planète, chacun s'est créé sa conception de la vie, mais la vie elle laisse les êtres créer cela, elle reste un vaste terrain de créativité humaine ou aucune de ses conceptions ne peut être supérieure à l'autre, car en amont c'est l'universalité de la vie qui permet le particularisme et non l'inverse. Le global permet au particulier de s'exprimer, car de par sa vastitude il offre la possibilité à des combinaisons infinies de particularisme d'exister.

Le problème vient au moment ou l'ego s'attache à ce particularisme et que par oubli de l'universel énonce que son particularisme est la norme absolue. Cette attitude est le résultat de la peur entre les êtres humains, des guerres de religions et des conflits économico-politiques. Voilà pourquoi les sages ont toujours poussé l'humain a dépasser son particularisme pour vivre en son cœur la source de l'universel. Une fois cette source pleinement vécue le particularisme peut être accepté de manière légère, sans accroche et en comprenant que le voisin vit son particularisme mais que nous sommes relié par l'universel.

Il est dommage de voir comment certains auteurs récupèrent les témoignages sur l'après vie au profit de leur particularisme, en oubliant l'universel, souvent parce qu'ils sont encore prisonnier eux-mêmes de leurs croyances religieuses ou qu'ils font parti d'une institution religieuse qui veut encore s'arroger le droit de gouverne sur les âmes du monde …

Je l'énonce simplement et personne n'est obligé de me croire, l'après vie peut être laïque !

La laïcité nous offre un cadre de tolérance et de respect entre les particularismes sur le plan social. La spiritualité laïque peut nous offrir la même chose sur le plan spirituel et plus encore, nous permettre de toucher l'essence universelle du monde, le fond commun qui permet à la diversité d'être si riche. Et si la recherche sur l'après vie se poursuit, nous serons à même dans les années à venir de démontrer encore plus clairement que l'après vie répond à la même universalité. D'ailleurs, je pense que même sans preuve, l'universel parle à tous, mais que la peur et le conditionnement religieux ou familial nous empêche de penser par nous même, de voir avec lucidité ce que notre cœur vibre au fond de lui. C'est du bon sens, comment peut-il en être autrement ? Combien d'êtres humains ont foulé le sol de la terre depuis l'aube de l'humanité ? Des milliards et des milliards n'est-ce pas ?

Où sont ces âmes ?

Celles des égyptiens, des chaldéens, des étrusques, des mayas et tant d'autres civilisations prodigieuses. N'avaient-ils pas, eux aussi, leurs conceptions de l'après vie, leur religiosité, leur amours, leurs peurs et leur espérances, tout comme nous tous aujourd'hui. Et demain, comment percevrons-nous l'après vie ? Tous ces concepts évoluent, mutent, se mélangent, toute religion n'est-elle pas le syncrétisme de celles qui la précédent ? L'archéologie nous amène cette compréhension, en ce sens que si nous faisons parti d'une religion aujourd'hui, nous faisons aussi un peu parti de celles sur lesquelles elles se sont inspirées. Les conceptions qui viendront seront elles aussi inspirées de celles d'aujourd'hui, elles évolueront vers davantage de clarté et surtout d'unicité entre les êtres, privilégiant toujours l'universel au particulier, mais tout en respectant la richesse des particularismes.

En attendant, la vie laisse se développer toutes ces conceptions, elle laisse libre la créativité des êtres et elle offre aussi l'opportunité à ceux-ci de la comprendre réellement grâce au chemin qu'elle a manifesté, par le biais des traditions spirituelles du monde entier. Je ressens la vie comme un champs d'expérimentation permanent, comme un immense terrain de jeu, où chaque enfant va de sa créativité propre et où il peut partager avec les autres enfants le fruit de ses recherches intérieures. La terre, comme une mère aimante laisse ses enfants s'exprimer, elle veille … Mais si ceux-ci se retournent les uns contre les autres parce qu'ils ont oublié leur identité commune, alors celle-ci s'attriste et parfois réagit de manière abrupte, sommes-nous prêt à prendre conscience devant l'urgence ?

 

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