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La vérité

"La vérité est un pays sans chemin.."
Jiddhu Krishnamurti

par Michael & Sylvain


J'aborde là un sujet épineux, qui je pense tient à cœur bon nombre d'entre nous, cet incommode problème de la vérité. Peut-on la définir, en avoir une perception globale, que définissons nous par « vérité » et existe-t-il réellement UNE vérité ou simplement un amalgame de vérités relatives qui s'opposent (là encore) sur la forme ? De tout temps l'humain a cherché cette vérité, celle qui, d'après lui, est censée faire de lui un homme libre. Est-ce qu'une vérité quelconque peut réellement nous affranchir de nos limitations, faire de nous des libérés vivants ?

Je me pose un instant et visualise un peu le parcours de notre chère humanité depuis quelques millénaires, avec sa course sans fin vers la recherche de la vérité. Je me rends compte, en définitive, que nous avons pour la plupart cherché la vérité à l'extérieur de nous-mêmes. Et que ce que nous avons découvert à chaque époque n'étaient en fait que des vérités temporelles, relatives. Non qu'elles fussent sans importance, mais à mon sens elles n'étaient peut être pas si essentielles que ce que nous avons bien voulu croire. Par exemple, les religions se sont vraiment faites les « expertes » de la vérité. En effet, chacune a déclaré en son sein la possession d'une vérité. Vérité qu'elle a définie comme immuable, parfaite et intemporelle car donnée par un être divin auquel fut attribués plusieurs noms en fonction du conditionnement culturel. Oui, mais alors si la vérité est UNE et indivisible, pourquoi autant de sons de cloches différents ? L'humain est pourtant bien le même partout sur le globe, avec les mêmes qualités, faiblesses et besoins divers. Pourquoi alors est-ce que la vérité de l'un ne correspond pas à la vérité de l'autre ? Et surtout pourquoi au nom de ces vérités permet-on encore aujourd'hui la division des peuples ? Diviser pour mieux régner, est-ce là réellement l'attitude d'un Dieu d'amour ? Que les croyants nous excusent, mais nous en doutons !

Alors que faut t-il comprendre ? Les vérités multiples sont tenaces, ancrées dans l'atavisme et l'inconscient collectif des différents peuples. Les humains semblent y attacher beaucoup d'importance, et bien peu semblent enclins à s'en séparer. Une foi, une conviction, une vérité, qu'elle soit scientifique ou religieuse nous apparaît toujours éphémère, temporelle, relative. Un orateur talentueux peut défendre et professer n'importe quelle vérité, même (et surtout) les pires, l'histoire nous en a donné de tristes exemples. Si une vérité peut être remplacée par une autre, c'est que soit elle n'était pas la vérité, soit que la vérité est un fond commun qui se révèle en même temps que l'humain s'élève. Dans ce dernier cas, pourquoi les anciennes vérités restent t-elles toujours figées et si tenaces ?

Sans vouloir apporter de réponses toutes faites, nous allons voir dans un premier temps ce que pourrait être la vérité, ce qu'elle constitue en nous et pourquoi l'esprit en a tant besoin pour se sentir exister.

Puis, nous verrons s'il existe malgré tout ceci, une part de vérité unanime, objective, qui parle d'une seule voix.

Pour terminer nous examinerons de près l'état de la vérité au 21 ème siècle, sa substance, ce qu'elle draine, et ses applications dans notre quotidien.

"Si je cherche, j'ai trouvé, car l'esprit ne désire que ce qu'il possède."
[Antoine de St. Exupéry]

La vérité intemporelle, impersonnelle et impermanente

Comme à notre habitude nous allons parler franchement, sans ambages. Si une personne se sent blessé par ces mots, qu'elle sache qu'elle n'est pas visée en tant qu'être humain, mais que ce sont les systèmes de pensées qui sont la cible ici. L'être humain est vierge en son cœur de la médiocrité de l'ego, et souvent c'est avec cœur que l'on s'affilie à un système en pensant qu'il résoudra tous nos problèmes. Mais la réalité des faits en est bien différente.

L'humain en général est un grand angoissé de nature. Nous véhiculons tant de peurs, de colères, de désirs contradictoires, de pulsions réprimées, de doutes, que notre esprit est un vrai marasme à idées noires et blanches, et parfois grises… La peur du devenir, la peur de n'être rien, la peur de mal faire, la peur de mourir, la peur de jouir, la peur du noir, la peur d'être heureux, même la peur d'avoir peur (phobophobie) etc. C'est invraisemblable le nombre de peurs que nous traînons avec nous durant une vie humaine. On n'arrête pas de tricoter avec pour en faire des écharpes, afin de se protéger des autres et surtout de soi-même. Alors les mécanismes de défense, les écharpes, deviennent légions, dans cette société contradictoire, à la fois individualiste et conformiste, où la spontanéité de l'âme qui rime avec liberté est rabrouée depuis bien longtemps au lieu d'être encouragée. Comme remède à ces angoisses de vie et de liberté, que la socialisation a rendues légitimes, on a décrété depuis des temps lointains que seule LA vérité fera de nous des hommes libres, nous faisant surgir au dessus du chaos de nos vies. Nous voulons bien, mais de quelle vérité parle t-on ? De celle de Yahvé, d'Allah, du Christ, de Bouddha, de Krishna, de Zeus ou d'Osiris ? Ou peut-être de la vérité de l'alcoolique qui déverse son angoisse dans la boisson, du dépressif qui n'y croit plus, de l'obsessionnel qui se rassure avec des rituels finalement proches des prières et des litanies ? Ou encore de celle de l'ulcéré qui somatise, du cancéreux qui n'a plus la force de se battre ? RELIGIONS, DOCTRINES, NEVROSES, ADDICTIONS, SOMATISATIONS : même combat. Toutes sont des moyens plus ou moins habiles de fuir l'angoisse d'être libre en cristallisant ses peurs sur une ou plusieurs pseudo-vérités.

Bon sang, que le marché des « vérités anti-angoisse de vie » semble concurrentiel et porteur. Pas étonnant que la science matérialiste ait décrété que la croyance en Dieu agissait tel un anxiolytique sur la psyché humaine. L'industrie pharmaceutique y verrait t-elle ici un concurrent de taille ?

Comment s'y retrouver là dedans ? Pas simple chers amis, en effet. On peut comprendre que beaucoup abdiquent et plongent dans n'importe qu'elle vérité « clé en main » pour fuir le tiraillement intérieur du doute et la profonde irrationalité de nos âmes. Le doute est une arme à double tranchant. Il peut être un outil pour déjouer les illusions des croyances toutes faites, mais n'apporte aucune réassurance face à la multiplicité de la vérité. La vérité ne peut qu'être UNE, ce qui n'est pas contradictoire avec son impermanence, son intemporalité et son impersonnalité. Car nous sommes une seule humanité, avec des besoins communs.

Mais que se passe t-il quand deux êtres conditionnés par deux vérités différentes se rencontrent ? Trois options possibles :

•  Ils se battent entre eux et le vainqueur aura la meilleure vérité.

•  Ils s'ignorent, se tournent le dos, chacun sa vérité.

•  Ils échangent sur leurs vérités et tentent d'en trouver les points communs.

Concernant l'éventualité numéro une, je pense que l'histoire humaine en a très largement soupé, je ne vais pas m'éterniser là-dessus. Nos livres d'histoire regorgent de ce type d'attitude et de ces phrases à l'emporte pièce du genre : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »

Pour la seconde, c'est déjà un peu mieux. Mais s'ignorer est t-il possible dans notre monde moderne à l'imaginaire globalisé, où chacun est connecté au monde entier, où les idées circulent à vitesse grand V, et surtout où chaque état cherche à grappiller un peu de territoire et de fidèles chez son voisin. Non, c'est inconcevable, nous vivons sur la même planète, s'ignorer signifie couper la vie de la vie, chacun de nous fait partie d'un tout inséparable. Chacun sa vérité c'est comme « chacun sa merde »  : une attitude égotiste non exempte de haine, basée sur la peur de perdre sa propre vérité face aux certitudes du voisin. Mais si l'autre en face avec sa vérité semble être heureux, pourquoi moi avec ma vérité suis-je malheureux ? L'ego ne peut l'admettre. Et souvent, soit il se soumet à la vérité de l'autre, soit il fera tout pour éliminer la vérité d'autrui. Car n'oublions pas que l'ego est tout puissant, mettez lui n'importe quelle vérité, si il est persuadé que c'est la bonne il n'en démordra pas.

La troisième option est, vous l'aurez saisi, celle qui m'apparaît la plus progressiste, vous verrez par la suite qu'une fois cette étape dépassée une quatrième apparaît.

Donc, ils échangent leurs vérités, et petit à petit, ils se rendent compte qu'elles sont identiques dans le fond mais pas dans la forme. Les mots, les rites et les imageries diffèrent, mais ils tendent tous au même but : le bonheur humain. Alors là que faire ? Soit on reste chacun chez soi, tout en sachant que l'autre vit la même chose mais avec des mots différents. Soit on laisse de côté les formes qui nous divisent et qui n'ont plus lieu d'être, et on se focalise sur le fond commun, sur cette « Sophia Perennis » (sagesse éternelle) essentielle à la vie, qui constitue notre racine commune avant que l'ego n'ai engendré de clivages. Honoré d'Estienne d'Orves, héro de la seconde moderne déclara ceci à l'officier allemand chargé de son éxecution : "Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français. Nous avons fait tous les deux notre devoir. Permettez-moi de vous embrasser." Tous les croyants du monde ne pourraient t-ils pas dans cet esprit se regarder dans les yeux et tourner une page bien sombre de l'humanité ?

La quatrième option, qui nous semble appropriée à ce que le monde à besoin, serait de désapprendre, de se déconditionner volontairement des formes anciennes (ce qui ne signifie pas les brûler en place publique) pour apprendre à se focaliser sur le fond commun qui constitue LA vérité universelle, inviolée et intemporelle de l'humanité, la seule foi qui vaille le coup : trouver la sécurité dans la plus totale des insécurités, afin de redevenir notre impersonnelle présence, tels des cerveaux d'adultes possédant l'innocence infinie de l'enfant . Une vérité criée sur tous les toits par les mystiques, les chamanes, les philosophes et les sages du monde entier, et qui fut manipulée, rabaissée spirituellement par les pouvoirs dominants par peur de voir leur main mise sur les masses disparaître. Cette vérité pourrait encore se résumer pour ma part à deux phrases, la première est celle des indiens Sioux Lakota :

•  « Mitakuyé Oyasin » qui signifie « nous sommes tous relié », ce qui implique que nous partageons un héritage commun et que les divisions sont créées à des fins de désunion par des pouvoirs obscurantistes. Selon les indiens Lakota, la nature véritable de l'humain est l'unité dans l'amour divin de tout et de tous, au-delà des appartenances identitaires séparatrices.

•  La seconde est celle du bouddha historique Gautama : « Tous les êtres aspirent au bonheur, fait en sorte que ta compassion s'étende à eux tous. » Elle parle d'elle-même. Tous nous souhaitons les mêmes choses pour nous, nos enfants, les animaux… Etendons donc cette sincère compassion au-delà des vérités subjectives car là EST LA VERITE. Pas la vérité relative que nous connaissons que trop bien, pas celle non plus qui rassure notre ego grâce aux formes clivatrices et à la manipulation. Au contraire, c'est une vérité qui part de l'intérieur pour rayonner vers l'extérieur. Une vérité ésotérique et non exotérique, qui ne s'explique pas et ne se transmet pas. Comme disait le Dalaï Lama : « soyez égoïstes, pensez aux autres ! »

Nous n'avons pas honte de le dire, nous « défions » quiconque prétendra que cette non-vérité ne puisse apporter la compréhension authentique de notre condition humaine. Car elle dépasse l'entendement de l'ego. Qui ne vit que morcelé, qui adore le particularisme et la division, qui se complait a vivre sur les aspects strictement limités de la pensée et de la perception subjective. Les religions se sont transformées au fil du temps en des cristallisations successives de l'ego de leurs dirigeants. Brandissant le phallus suprême, le livre saint, la vérité révélée, l'anxiolytique sacré, la névrose assurée. Mais LA vérité a pourtant été révélée depuis la nuit des temps à l'humain. Elle est même inscrite au plus profond de son cœur ! Mais est-ce l'intérêt des puissants que l'humain se passe de leur autorité ? Et non, connaissant un peu la nature de l'ego humain. Donc, eux ne lâcheront rien et continueront à propager leurs inepties à travers le monde, comme palliatif au désespoir teinté d'un pseudo amour divin qui n'est qu'une carotte pour mieux conditionner le fidèle et haïr les infidèles, quelle tristesse ! Si eux ne lâcheront pas de si tôt, nous nous pouvons le faire, assurément. Nous avons le choix de vivre sous perfusion spirituelle, ou bien héroïquement, comme le disait Schopenhauer, créatifs et spontanés au quotidien. Nous avons le choix, pour les générations futures de leur proposer un monde plus uni. Quand on étudie un peu l'histoire humaine, l'authentique, on se rend compte quand même qu'il y a eu un avant les religions et un pendant et qu'il y aura un après. L'archéologie nous a démontré comment les monothéismes on récupéré les spiritualités qui les précédèrent (chamanisme, hermétisme, gnosticisme, mystique égyptienne, mystique grecque, philosophie universaliste, paganisme et autres), dans le but de créer un objet de pouvoir suprême, la religion. Que ce soit le Judaïsme qui copia les cultes sumériens, chaldéens et égyptiens, le christianisme, génial usurpateur qui en fit de même en y ajoutant d'autres, ou l'Islam orthodoxe qui n'écouta en rien la spiritualité de Zarathoustra, de Manès ou de Rûmi mais y pris juste ce qui l'intéressait. Les spiritualités pré- religieuses vivaient en harmonie avec la nature. Le sexe était sacré considéré comme une voie d'élévation spirituelle à part entière. Le corps était vénéré en tant que véhicule sacré de l'âme. Il existait une perception du divin unitive, cosmique, une foi en l'univers. Les noms et les habits n'avaient qu'une importance fonctionnelle. Les religions organisées à l'inverse  ont pris un peu de bon et de touchant, comme la vie du Christ par exemple, histoire d'offrir une petite carotte, et beaucoup de moins bon afin de jouer au chaud et froid et brouiller l'esprit. Avant les religions, les spiritualités, bien qu'elles fussent certes différentes sur la forme, se respectaient toutes sur le fond. Elles étaient pour l'unité du peuple humain avec le cosmos. Etudiez donc ces spiritualités avec intérêt, vous constaterez que leur approche n'est pas si éloignée de celle que nous essayons de proposer au sein de l'association. Nous n'inventons rien, nous essayons juste de rétablir à notre niveau un équilibre trahit par la mégalomanie de l'homme depuis des millénaires. Attention, nous ne sommes que des hommes et non des saints ou des sauveurs, tout ceci n'est que fantasme, non, nous avons nos perceptions et nous les transmettons, point barre.

On sait maintenant que les vérités que proposent tous les vendeurs d'illusions ne sont rien comparées à LA vérité ultime, toute simple et lumineuse que vous portez en vous et que vous pouvez expérimenter au quotidien. Et que finalement, VOUS êtes contraint d'expérimenter la plupart du temps, quand la vie reprend ses droits au travers d'activités diverses qui vous tiennent à cœur ou demandent votre pleine présence ! Lorsque votre mental se tait, quand vous vivez l'instant présent dans la spontanéité créatrice, loin des chimères de l'ego névrotique qui se tord misérablement de douleur dans son coin, vous retrouvez le sens de votre âme. Le but du jeu est de rendre cet état permanent. Nous n'allons pas ici nous pencher sur la valeur du sens des âmes, certains destins sont plus ou moins nobles, même chez les éveillés. Mais comme le disait maître Eckhart, un des phares de la mystique chrétienne (voir dossier), « Perdre l'instant présent, c'est perdre l'être ». On pourrait dire aussi « La peur apparaît en l'absence de sens». Cette phrase saisissante nous montre combien la peur est illusoire, et avec quelle simplicité on peut s'en débarrasser : il suffit « d'être ». C'est « l'êtreté », qui consiste à laisser glisser sans s'y accrocher le doute, la peur et la souffrance, comme autant de données naturelles de la vie inhérentes à notre condition dualiste, et à se reconnecter à ce qui est important et que nous n'aurions jamais du perdre : la présence. Pour s'apercevoir au final que, si l'on ne monte plus dans le wagon de l'ego, le train des pensées finit par ne plus se présenter aux portes de notre existence.

Tout est en nous, certes. Après, nous pouvons aussi comprendre que le mental ait encore besoin de « preuves » pour se stabiliser avant le grand saut du « non-mental » ou saut du coeur. Nous ne critiquons pas le travail thérapeutique et le travail sur soi, parfois nécessaire si l'intention est correctement dirigée vers la volonté de se libérer, et même vivement recommandé en cas de problèmes physiques ou psychiques en apparence inexplicables. Mais si vous voulez des preuves, vous en aurez tous les jours ! Si vous vous focalisez sur votre cœur, intuitivement vous saurez comment les choses auraient toujours dû être, avant toutes ces manipulations égotistes. Si demain vous vous retrouvez dans une situation de danger imminent ou de survie, par exemple, vous retrouveriez en vous cet état de focalisation sur ce qui est essentiel, sans chercher à préserver votre ego et ce malgré le fait que votre « soi-disant » chemin ne soit pas terminé. Et cet exemple montre bien que, arrivés à un moment donné dans notre vie, il faut que nous sachions faire preuve de fermeté envers notre esprit, et que nous nous fassions violence afin de plonger dans l'inconnu avec la lumière suffisante dans le cœur, suffisamment fort pour ne jamais se retourner et vivre chaque jour comme le dernier. En vérité, il n'y a pas de chemin, juste un choix à faire, qui certes peut prendre du temps à s'assumer : c'est cette voie abrupte du cœur , vierge de tout conditionnement religieux, à pratiquer à chaque seconde de la vie. Elle vous amènera progressivement à une compréhension plus affinée de vous-même et de votre place en ce monde. Nul besoin de savoir ou de bagage culturel, juste regarder en soi et agir pour le soi du monde : tout est en vous.

La vérité temporelle et objective

Là c'est une autre démarche, qui peut être complémentaire. Une fois que l'on a réalisé la vérité en nous, une vérité intemporelle qui défie le temps, on peut se mettre à chercher la vérité temporelle sans peur de s'y perdre. Il ne s'agit plus ici d'une vérité spirituelle, mais historique, scientifique ou anthropologique, vérifiable par des faits sans équivoques. De nos jours tout est si confus, on ne sait plus qui croire. Notre période semble si chaotique pour la vérité temporelle. Certains lobbies masquent certaines vérités aux yeux du public, même les médias ne savent pas tout et parfois des scandales éclatent par ci, par là. Que ce soit des vérités sur nos origines, sur notre santé ou sur le financement occulte d'un parti politique, les informations sont tellement contradictoires que la recherche de sincères vérités temporelles relève de la mission commando. De nombreux esprits courageux entreprennent à leurs risques et périls de dénoncer les mensonges temporels et nous sommes avec eux dans leur lutte. Mais leurs recherches prennent du temps et tout le monde ne peut pas faire ce travail de décryptage dans sa vie de tous les jours. Nous ne disons pas qu'il ne faut pas chercher, au contraire si ça permet de faire avancer les choses c'est très bien, nous disons juste que si vous avez intégré LA vérité intemporelle, alors vous aurez le discernement naturel qui vous permettra de savoir intuitivement ce qui est vrai et ce qu'il ne l'est pas dans le temporel, qui du fait devient plus accessoire. Même si vous n'avez pas de preuves matérielles (qui sont souvent masquées, détruites à des fins manipulatrices) vous saurez, et vous exhorterez les autres non pas à avaler tout cru ce que vous dites, mais à se faire eux-mêmes leur propre avis sur le sujet. La vérité est précieuse et sur le plan temporel demeure très malmenée, l'humain lambda n'imagine pas à quel point il est manipulé par les médias, les religions, les politiques, la science et le reste. Et dans ce capharnaüm, à quel saint se vouer ? Vous pouvez vous intéresser aux diverses investigations de personnes courageuses dans le but est de dénoncer les mensonges. Mais à notre niveau, ce qui nous interpelle davantage est la vérité foncière intemporelle, celle qui est un phare dans la tempête qui malmène notre planète aujourd'hui même.

La vérité temporelle a toujours été un bien prisé par les pouvoirs dominants, car ils savent très bien ce que l'humain non libéré du moi désire plus que tout : la SECURITE et le RECONFORT d'une vérité aseptisée. Et là, vous êtes servi, car si vous voulez cela il va falloir vous soumettre à l'autorité et ainsi perdre votre propre autonomie, une cage même dorée restant toujours une cage. La majorité baisse les bras et se soumet car la vie est dure et le travail intérieur prend du temps. Pourtant c'est bien de cela dont ils profitent en nous tirant systématiquement vers le bas. Tant que l'humain est sous pression, croulant sous les soucis, le boulot, la famille et le reste, il n'aura ainsi pas assez de temps pour se connaître lui-même et se soumettra gentiment à tout ce qu'on lui proposera, et là la boucle est bouclée. Le pare-feu à tout ceci dans un premier temps, c'est la compréhension de LA vérité intemporelle. Rien qu'avec çà, vous pouvez déjouer la majorité des envoûtements des prédicateurs de vérités spirituelles comme de vérités matérielles. Ensuite, c'est à vous de faire le choix ou pas de chercher les preuves de la fausseté des religions ou de l'histoire des livres d'écoles, en étudiant les alternatives nombreuses et fournies de l'histoire, l'archéologie ou la mythologie, en comprenant les manipulations des textes des origines, les incohérences historiographiques et autres. Les incohérences sont nombreuses, des scientifiques et historiens ont écrit bon nombre d'ouvrages très précis sur le sujet. Vous pouvez nous contacter pour avoir une bonne bibliographie de départ si vous le souhaitez.

Sachez que le « besoin de vérité » n'existe en soi que lorsque l'ego n'a pas assouvi son besoin réassurance. L'humain édicte des vérités en dogme et se crée des névroses et des addictions très tenaces, car il sent au fond de lui qu'elles sont des vérités éphémères non fondées sur l'essentiel et donc cherche à les ancrer tristement par la force de la persuasion. Il impose par la force, car la peur de se tromper est trop puissante. Le doute fait trop mal à l'ego car il propulse sa dissolution complète. Méditons sur cette sagesse de Socrate sur son lit de mort : avant de boire la ciguë, un de ses élèves lui demande un dernier enseignement. Le sage lui répond après une tirade : « Ce que je sais, c'est que je ne sais rien. » Magistrale clôture d'une vie dédiée à la recherche du beau, du bon, du vrai. Méditez donc vous aussi sur le grand « Je ne sais pas », juste pour voir ce que cela provoque en vous. Vous constaterez que le mental-ego va dans tous les sens, il ne supporte pas le doute, le non savoir, le non être. Il ne veut pas être cantonné dans l'aspect ultra-limité de la perception et des pensées subjectives, qui imposent la plus grande humilité à chacun car ne valant rien de spécial en soi. Il veut s'imposer et être rassuré constamment et dans toutes les situations, voila de quoi se nourrissent les religions et aujourd'hui la société de consommation. Ils connaissent vos faiblesses, vos peurs et votre désir de sécurité, de plaisir facile et autres, alors ils jouent avec. Ils vous offrent ce que vous attendez, mais en échange vous leur offrez votre soumission. A vous de choisir, soit une vie sans prise de tête, où vous vous laissez bercer par le système, sans contrariété mais aussi sans expansion créatrice et sans évolutions, une vie étriquée et terne. Soit vous refusez leurs paradis artificiels – comme si nous n'avions déjà pas assez à faire avec l'illusion de nous-mêmes ! - et vous vous mettez en quête de votre vérité intemporelle, ce qui implique au début le doute, la peur de l'inconnu, l'exclusion parfois, mais vous offrira l'essentiel : la liberté de vivre en adulte sa spiritualité, au-delà de la peur et dans l'amour authentique. L'humain s'est tellement fait conditionné à croire qu'il n'était rien, que de la poussière, soumis aux dieux, que dès qu'on lui dit qu'il est Dieu, il balise, refuse, s'insurge, car il a peur d'être seul responsable de sa médiocrité. Etre Dieu implique une attitude adulte, une responsabilité spirituelle pleine et entière. Mais la peur et l'ignorance empêchent l'amour, transforment les humains en irresponsables, lâches et inconsistants, sans plus aucune grandeur d'âme : voici le chaos du monde, nous en sommes tous responsables, le monde est notre reflet. Rien ne sert de se cacher derrière son symbole, sa religion, son Dieu, son dogme scientiste, mental ou addictif : vous n'échapperez pas à cette honte tenace de voir le monde et ce qui vous est cher sombrer par absence de lueur, par manque de connaissance de votre propre responsabilité. Cette torpeur dans laquelle on nous a anesthésié n'est pas digne des dieux que nous sommes. Reprenez donc votre pouvoir créateur et créez ce monde qui sommeil au fond de votre cœur, avant qu'il ne s'achève peut être de manière brutale ! Que signifient tous ces enfantillages, ces divisons, ces sommets de l'ignorance que sont les religions. Que nous faut t-il pour être adultes spirituellement ? Qu'on nous dise : « Allez tu peux marcher tous seul maintenant, tu es un grand ! ». Est-ce cela que nous voulons ? Si cela est notre véritable demande, formulons-la en nous, demandons à notre être intérieur : « Allez, s'il te plait, pour l'amour de l'amour, que la force et le courage de marcher sans béquilles (religions, névrose et autres) jaillissent de mon corps et se répandent sur le monde.. »

Personne ne peut vous donner la vérité. Aucun livre, aucune religion ne possède la vérité. Si ils disent avoir la vérité, ce n'est déjà plus la vérité, car la vérité demeure non manifestée. Dans le zen ont dit : « Si tu vois le Bouddha, crache lui à la figure » on pourrait dire la même chose de Dieu, si vous voyez Dieu ce n'est pas Dieu, car Dieu est en vous et nulle part ailleurs. Il n'est ni dans le ciel, ni sous terre et encore moins dans un temple. L'absolu EST et a TOUJOURS été en vous depuis que le monde est monde. Une petite histoire pour illustrer ceci :

« Des êtres éveillés décidèrent de proposer le divin à l'homme, mais ils savaient que certains seraient prêts à en faire un pouvoir dominateur, alors ils débattirent sur l'endroit où ils déposeraient le divin, pour que seuls les sincères puissent le trouver. Un premier éveillé prit la parole : « Si nous placions le divin en haut de la plus haute des montagnes. » un autre rétorqua : « hmm, non, un jour ils iront le trouver en haut, plaçons le plutôt au fond du plus profond des abysses. » Un autre reprit : « Ce n'est pas une bonne idée, un jour, ils construiront des véhicules sous marin et ils iront le trouver au fond. » Après réflexion, un troisième éveillé s'exclama : « Et si nous placions le divin au fond du cœur de l'homme, au moins nous sommes sur que là seuls les êtres lumineux auront l'intuition de l'y chercher. » Et tous acquiescèrent et il en fut ainsi.

Même le Christ lui-même l'a crié, il ne fut jamais entendu. Les gnostiques avaient compris son message authentique qui figure dans l'évangile apocryphe de Thomas découvert au 20 ème siècle en Egypte. La phrase-clé de son enseignement énonce : « Le royaume de Dieu est en vous et tout autour de vous, pas dans les édifices de bois et de pierres. » Et qui a vraiment voulu comprendre cette phrase, surtout pas les ecclésiastiques qui y ont vu une menace à leur hégémonie sur les masses que l'on draine dans l'ignorance et la bêtise. Quelle personne se disant « vrai chrétien » pourrait ignorer le sens profond de cette phrase, et encore continuer à croire en ce que raconte le Vatican en terme d'absurdités et de mensonges depuis tant de siècles, c'est à n'y rien comprendre. Mais qu'est-ce que veut l'humain au juste ? Qu'attend t-il pour enlever la boue de son visage ? Un messie ? Le retour du Christ qui lui dira : « Mon gars tu t'es planté, on t'a manipulé et on a perverti mon message universel. » Et là comment se sentira le monde devant cette vérité toute nue, si simple que le mental et l'égoïsme humain n'ont pu la sonder ? Qu'est-ce que l'humain attend ? Il va voir des prêtres, des moines et d'autres autorités rassurantes, car il croit que l'autre détient la vérité et qu'en se soumettant à cet autre il aura lui aussi la vérité. Mais personne ne va voir le type qui vous dit : « La vérité est en vous, vous n'avez rien à chercher en dehors, vous avez déjà tout. » . Non on préfère la personne qui va nous dire : « Je détiens la vérité, je l'ai lu dans tel où tel livre, lis cela, fait comme il est indiqué, fais tout ce que je te dis de faire et tu auras la vérité, la rédemption et le salut de ton âme. » Et là c'est le drame ! L'humain a chuté en se déchargeant de sa propre luminosité intérieure, en croyant qu'un morceau de papier usé, qu'un bout de pierre ou de bois taillé représente la vérité. Quelles foutaises ! Quelle humiliation de notre part de divinité ! Alors c'est ça la vie ? Vivre par procuration, croire bêtement tout ce que disent les autorités religieuses, névrotiques ou scientistes, par peur d'être dans l'erreur ? Mais vivez donc pleinement l'erreur chers amis, plongez vous dedans, c'est une expérience puissante à vivre : voir en soi les angoisses du moi qui hurle car il ne POSSEDE pas la vérité. Cessons de fuir la peur, car elle est une expérience hautement spirituelle. Ce n'est qu'en la regardant droit dans les yeux, en accueillant ce qu'elle a à apporter, que la libération subite infusera.

Qui a-t-il à ajouter, comment allons nous faire maintenant pour unir une humanité si divisée ? Pas évident, utopique, oui, pure folie même, c'est complètement cinglé comme idée, mais un fou est t-il fou ? Ou sommes nous tous fous ? Nous avons fait notre choix … Et vous ?

 

 

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