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Pour un Nouveau Paradigme : Introduction
"Il n'y a rien de plus constant que le changement."
|Siddharta Gautama]

par Michael


Lorsque la spiritualité pénètre dans notre existence, elle instille en nous de multiples interrogations, secoue nos conditionnements, élève notre tendresse. Elle nous ouvre au rayonnement incessant de la vie. Depuis que l'homme est homme, il n'a eu de cesse de mettre au point des outils qui lui permettraient de comprendre le divin en lui. Ainsi de multiples religions se succédèrent, les unes après les autres, chacune s'appuyant sur les épaules de l'autre pour ériger un outil plus adapté aux besoins temporels de l'humain, à un instant T de son évolution.

Oui mais voila, même si les outils (religions) de compréhension pouvaient être différents, ils gardaient quant à eux un même schéma de fabrication. Un même socle possédant les attributs bien particuliers. On a beau remettre des couches de peinture de couleurs différentes, sur une façade en ruine, cela n'y changerait rien. Le fond reste le même, on hérite d'une pensée qui ne permet plus aujourd'hui d'établir une compréhension plus profonde des racines spirituelles de l'humanité.

Les monothéismes, disons le ouvertement sont ces anciens outils. Chacun d'eux tenta de succéder à l'autre, certes en évoluant certaines caractéristiques, mais tout un gardant un moule de fabrication bien identifiable. Cette marque de fabrique s'oriente donc autour d'un Dieu unique, d'une filiation prophétique et d'un héritage paternaliste qui nous apparaît de plus en plus inadapté au 21ème siècle. Comment concevoir que l'on puisse se référer encore aujourd'hui à des ouvrages dont on sait pertinemment que l'écriture et la cohérence historiographique est sujette à de très nombreuses contradictions ? Que les textes, paraboles et conceptions n'ont rien à voir avec nos découvertes modernes en sciences et en psychologie ? Ces mêmes religions sont en lutte au nom d'un Dieu d'amour pour savoir lequel des enfants prodigues est le plus digne du message du père.

Utilise t-on aujourd'hui les mêmes outils qu'il y a 4000 ans dans notre quotidien ? Pourquoi n'en serait-t-il pas de même dans le domaine de la spiritualité ?

L'ancien paradigme religieux

L'ancien paradigme religieux est devenu une des sources de conflits majeurs de notre actualité mondiale. La division entre les religions est réelle alors que chacune semblent prendre racine sur un héritage commun. Les désaccords entre les dieux sont manifestes et les puissants en profitent, car la division permet de mieux régner sur des masses désunies. Les religions prônent (dans leurs voies exotériques) un Dieu extérieur à l'homme, une soumission à un ordre ecclésiastique censé être intercesseur entre les dieux et les créatures. Là encore on tente de conserver l'humain dans l'état d'enfance, de victime déresponsabilisée et incapable de connaître le divin par lui-même. Ensuite, on sait pertinemment que les monothéismes au nom d'un Dieu d'amour on fait couler bien trop de sang, curieuse notion de l'amour ! Chaque église prône son dogme, tente de l'imposer au lieu de le proposer, et fait peu de cas de ce qui pourrait remettre en question son hégémonie. On a aussi longtemps fait croire que le mot religion découle du verbe latin « ligare » qui signifie lier, donnant « religare », relier. Ce terme latin a une autre signification, un double sens occulté qui donne en langue romaine antique, assujettir. En latin les mots « religio » et « obligatio » ont souvent un sens commun. Si l'on creuse encore plus profond, au cœur de nos racines linguistiques communes on arrive au origines sumériennes du mot religion qui donne dans ce syllabaire RE-LI-GI-U, traduit part : « Les tablettes d'apprentissage qui guident les moutons. ». Dans la langue arabe le mot religion se dit « Aldîn » qui signifie « l'obéissance », « Islam » signifiant au passage « soumission ». En hébreu religion donne « Dat » (Loi-religion ), la loi étant supérieur à la foi dans le Judaïsme. Si l'on décompose le mot d'origine sumérienne Dat en DA-AT on trouve la traduction suivante : « La puissance du père qui encercle. » On voit donc ici nettement que le vocable de l'ancien paradigme religieux est ensemencé d'une vision paternaliste, autoritaire, voir répressive envers l'humain et pourtant ce ne sont que des mots me direz-vous, mais il représente tout un idéal de pensée bien précis.

Autre incohérence de l'ancien paradigme, le besoin de posséder la vérité pour pallier à l'angoisse de vivre, le manque de reliance dans le cœur (au delà de l'amour pieux conditionné), l'illusion séparatrice de l'identité religieuse, le « je suis » qui s'oppose au « tu n'es pas » dualité propre à l'ego de l'homme. On trouve aussi la peur du corps et de la sexualité, alors que les spiritualités extrême-orientales et la psychologie moderne affirment que le corps et l'esprit sont une unité. La sexualité bien comprise devient une voie d'épanouissement du corps et de l'esprit mais aussi une voie d'évolution spirituelle authentique. Les arguments en défaveur de l'ancien paradigme sont nombreux, vous les connaissez certainement intuitivement dans votre vie de tous les jours. Mais alors pourquoi tant de gens suivent t-ils encore ce paradigme ?

C'est qu'on ne leur a pas appris autre chose ! On a conditionné leurs peurs depuis leur plus tendre enfance, et leurs moments de joie sont liés aussi à cet ancien paradigme. Le renier serait renier leur passé, leur identité et le reste. Mais cela aussi c'est un conditionnement, car la joie partagée reste une joie partagée, peu importe le filtre qu'on y met. Il suffit de savoir faire la part des choses entre l'amour authentique et universel, et ce que l'humain surajoute par-dessus, à cause de son manque de profondeur. Il y a l'âme humaine, vierge, amour et il y a l'âme juive, chrétienne, musulmane et autre qu'on y surajoute, comme une geôle pour mieux morceler l'humain. Alors que tout ceci n'a aucune logique spirituelle ! C'est un peu comme les marques, quelle différence entre un t-shirt blanc et le même t-shirt avec une marque dessus ? Le T-shirt garde le même emploi, texture et autres, mais la marque vient gonfler d'orgueil le possesseur, en se sentant grandi par le prestige de celle-ci… car au fond il n'a aucune estime de lui-même, il n'est pas heureux d'être simplement lui-même. Les gens se plongent dans les religions, ils s'y réfugient, s'intoxiquent de croyances contradictoires, comme une fuite vers l'avant. L'angoisse de la quête personnelle est trop grande, et l'on n'a pas incité l'enfant depuis des millénaires à croire en lui et à naviguer sur les rives de la vie pour y trouver les réponses par lui-même. On a figé « la vérité » dans des temples, des livres, des rites et prières pour éviter à l'humain de chercher dans le seul véritable temple, son corps. On lui a affirmé directement ou pas qu'il n'était qu'une créature et qu'il retournerait à la poussière, que seuls les dieux jugent et que l'humain doit se soumettre. Alors qu'il n'y a rien là dedans qui ait une valeur d'amour. Si Dieu est un père, quel père souhaiterait le quart de tout ceci à son fils… Même le pire des fils reste aimé par son père malgré tout. Mais à croire que la peur parasite le cœur et que nombre de nos semblables ont du mal à émerger de cette pensée venue du fond des âges.

Comment aujourd'hui être un croyant sincère (et il y en a) d'une des religions organisées et ne pas se sentir mal à l'aise devant les injustices qu'elles alimentent chaque jour ? C'est une question cela, une « sacrée » question même, car malgré tout ce qu'ils peuvent déplorer, ils restent dans leurs croyances, même si on a causé des drames en leurs noms. Comment par exemple est-ce qu'un juif et un musulman qui souhaitent sincèrement la paix peuvent continuer à suivre sérieusement des religions qui prônent jusque dans leurs écrits les plus vénérés la haine de l'autre ? Le mariage et l'amour entre humains juifs et humains musulmans sont interdits, mais derrière on vous dit que c'est le même Dieu, c'est à n'y rien comprendre. Un Dieu d'amour se devrait d'aimer ceux qui s'aiment, point. D'autant plus que ceux-ci réconcilient les peuples ! Drôles de dieux tout de même.

Pour les chrétiens, par exemple : comment est-ce que ceux-ci peuvent continuer à être en paix avec leur religion, sachant qu'on a massacré des millions d'innocents au nom d'un Dieu là encore qui se réclame de l'amour ? On pourrait aussi dire la même chose des bouddhistes : qu'ont t-ils fait des paroles du Bouddha ? Une religion organisée et hiérarchisée, des centres bouddhiques à l'occidental, misant sur le folklore et l'apparat, plutôt que sur la voie abrupte ! Dans les écrits authentiques, il n'était pas question de fonder quoique ce soit, mais d'offrir une voie universelle de libération sans créer un nouvel « isme ». Cela vaut pour les hindous aussi qui se perdent dans leurs strucutres de caste, la plupart étant si loin des valeurs non duelles de l'Advaita Védanta, se baignant dans l'imagerie et la superstition et créant d'innombrables divisions dans le pays.

J'en appelle aux croyants sincères en leur posant la question : Souhaitez-vous réellement un monde de paix et d'harmonie ou aucun « isme » ne viendrait se mettre entre vous et l'amour de tout et de tous ? Pensez-vous vraiment que ce savoir de seconde main, usé, falsifié, manipulé dans tous les sens et reflétant l'égocentrisme de l'homme soit une voie d'élévation pour nous tous ? Ne pensez-vous pas qu'une remise en question totale est devenue urgente, pour créer ensemble un cheminement commun sur des valeurs communes ?

Alors certains me diront, et ils auront raison, qu'il existe des courants mystiques très purs et universels, comme le soufisme en Islam, l'hésychasme et la gnose chez les chrétiens, l'Advaita Védanta chez les hindous, le zen chez les bouddhistes etc… Je leur répondrais, oui, les êtres qui fondèrent ces courants étaient des éveillés, libérés des contingences du dogme, ils furent eux aussi pourchassés, massacrés même au nom de cette liberté. Ils gardèrent à l'époque certes une appellation religieuse, mais leur voie n'avait rien de commun ! Je pense que s'ils avaient vécu aujourd'hui, ils n'auraient aucune affiliation à une religion. Peut être qu'ils n'en avaient pas non plus, et que le besoin d'étiqueter de l'ego humain a surajouté ces mentions superflues. N'est-ce pas trahir quelque part ce ressenti universel de l'amour inconditionnel que de le rattacher à un dogme desséchant ? Si la liberté de l'amour universel éclot en nous, pourquoi la faire retomber dans une geôle ? Laissons la s'envoler et virevolter au gré des vents ascendants. Croyants de tous horizons, si c'est cela qui brûle en vous, alors osons la liberté, osez le cheminement, la quête de soi. «Laisse la tradition, la loi et pars à la découverte de toi-même. » Les éveillés de tous temps sont certainement heureux de voir comment leur pensée vivifiante renaît majestueusement au 21ème siècle.

Partant de ce constat attristant quant à la condition de nos semblables, est t-il possible de créer un nouveau paradigme spirituel qui ne prendrait aucune notion de l'ancien ? Une révolution pacifique et intérieure totale, qui construirait une voie spirituelle authentique et universelle menant à l'essentiel des besoins humains au 21ème siècle ?

Le nouveau paradigme spirituel

Nous avons vu plus haut que l'ancien paradigme ne correspondait plus aux besoins spirituels de l'humain. Le nouveau paradigme, nous le proposons et ne l'imposons pas, car imposer était aussi une attitude et une pensée propre à l'ancien paradigme religieux. Pour créer un nouveau paradigme, il est important d'effectuer en soi un travail de rénovation intérieure, de déconditionnement de l'ancien, balayer ce qui ne sert plus comme un grand nettoyage printanier vivifiant. Ce texte est une présentation des possibilités infinies latentes en l'humain et occultées par l'ancien paradigme. Il suivra par la suite d'autres textes qui offriront une voie de réalisation plus spécifique, traitant de points bien précis. Ici, je ne fais que planter le décor, afin que les acteurs souhaitant faire partie du scénario voient s'ils se sentent concernés ou pas.

Cette approche nouvelle prend en considération l'humain dans son unité bio-psycho-spirituelle, comprenant les interrelations entre tous ses plans de vie, que ce soit le plan de la santé comme celui de l'éveil spirituel. Un retour au corps pour comprendre toutes les clés spirituelles qu'il renferme et qui nous ont été voilées depuis trop longtemps. Une voie spirituelle qui se focalise sur le fond commun qui unit tous les êtres et non les formes externes qui créent des divisions inutiles. Nous proposons un paradigme spirituel qui tente de développer le potentiel énergétique de l'humain, une santé globale basée sur les médecines douces et les thérapies holistiques et transpersonnelles. Une voie de compréhension des mécanismes mentaux, de dépassement des limitations et d'expansion de la conscience. Et surtout ce qui nous parait primordial à toutes voies de connaissances, la pratique du cœur et le développement de la compassion, d'un amour universel et inconditionnel ne s'arrêtant plus aux formes mais comprenant le fond essentiel à la vie humaine.

Le nouveau paradigme spirituel n'est en aucun cas une nouvelle forme de religion. Le principe en soi se veut être abandonné car il n'a pas accompli ce pourquoi à l'origine il a pu être élaboré. Aucun « isme » n'est à rattacher, aucune appartenance. Ceux qui souhaiteront avancer dans cette voie resteront simplement des humains et non des êtres divisés et soustraits aux autres par le « je suis ». J'estime que les pouvoirs dominants cultivent assez les différences pour en créer d'autres, cela n'a aucun sens et continue à maintenir la haine et le ressentiment. L'humain n'a pas besoin de religions ou de structures formalisées pour connaître sa réalisation spirituelle, comme le disait Krishnamurti : « Toutes organisations de la vérité, conditionne la vérité. » Notre structure associative est « limite » dans cette optique, mais elle se veut non rigide, non structurée et en perpétuelle évolution. Nous veillons constamment à ce qu'elle ne devienne pas une autorité mais un tremplin pour celles et ceux qui souhaitent devenir leur propre créateur. La spiritualité est liberté, conscience de soi et du monde et foncièrement amour créateur.

Cet article est donc une introduction à ce qui suivra, il veut sensibiliser à une approche novatrice et non un savoir de seconde main. Ce savoir de seconde main représente tout ce que le mental humain a accumulé depuis des millénaires et qu'il a retranscrit dans ses écrits, ses pensées, sa science et ses religions. Une mécanique fonctionnant en circuit fermée, basée sur le même type de représentation, de fonctionnement interne, ne laissant que peu de place à l'intuition créatrice. Qui a figé ces pseudos vérités par crainte de l'impermanence de la vie ? La vérité ne peut être donnée comme on donne un mouchoir pour pleurer, la vérité c'est à nous de la trouver par notre propre cheminement, la vérité se trouve en nous, elle est accessible à tous, il suffit d'orienter le regard de l'extérieur (le ciel, le temple, le livre) vers l'intérieur (l'esprit, le corps, le cœur).

Le nouveau paradigme souhaite rompre définitivement avec l'ancienne filiation judéo-chrétienne, avec l'ancien paradigme scientiste aussi d'ailleurs. Car la science matérialiste en reniant l'âme humaine a causé autant de dégât que les religions par le passé : « Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme. » disait déjà Rabelais en son temps. Le dogme cartésien et newtonien, même si il a pu faire démarrer l'esprit scientifique, a commis de graves erreurs en ignorant les données immatérielles. Ce que la physique quantique a commencé à rattraper en démontrant que la matière n'était qu'un plan d'existence et qu'il en existait beaucoup d'autres. Cela rejoint les intuitions des mystiques de temps anciens. La médecine officielle, elle aussi bien qu'efficace sur le plan matériel (chirurgie, transplantation et autres) n'arrive pas à concevoir une causalité des maladies qui ne soit pas issu de la matière. Elle reste coincée dans le dogme de l'ancien paradigme scientifique, considérant l'humain comme un amas de chair et d'os en interrelation mécanique. Se dessine en soutien au nouveau paradigme scientifique la médecine quantique et holistique, qui prend en considération les multiples causes des maladies prenant leur source dans la conscience immatérielle et les flux énergétiques du corps. Le recours aux plantes, une alimentation saine et équilibrée, des exercices énergétiques en prévention des dérèglements internes qui causent les maladies sont également indispensables. La maladie, comme tout le reste, est principalement de cause interne et non externe. C'est le dérèglement du terrain biologique dû à un abaissement du niveau de conscience énergétique qui cause la plupart du temps la maladie .

Donc se dessinent ici les acteurs des deux paradigmes, d'un côté les religions et la science matérialiste et de l'autre la spiritualité universelle et la science quantique, faites vos jeux. Et oui, les choses avancent, le vieux dinosaure de l'ancien paradigme fait face au phénix flamboyant du nouveau paradigme. Au sein de notre association, nous souhaitons avancer en ce sens, à notre niveau, dans le respect des libertés de chacun et dans l'amour de tous. Nous sommes conscients que ce que nous avançons rencontrera des résistances, des refus catégoriques… Nous sommes prêts à en assumer les conséquences, c'est notre choix de vie voil à tout. Ce que nous proposons ici est une non-voie, un non-chemin, une non-pensée. Et c'est parce qu'elle est vide du passé, qu'elle peut contenir l'univers tout entier. Nous attendons donc avec grand intérêt vos réactions, l'aventure ne fait que commencer, merci d'être là …

 

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