*Dieu : Plusieurs itinéraires, une destination - unisson06
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Dieu : Plusieurs itinéraires, une destination...

« La nature n'est qu'un seul être. »
Baruch Spinoza


[2ème partie]

par Michael

[...] La mort et sa fille la peur sont venues leur prendre un être cher, mais en échange de leur lourd tribu, elles leurs ont apporté : Dieu ...

La souffrance enserrant le coeur si profondément, laisse place peu à peu au besoin de comprendre. Comprendre ce pourquoi si tragique, comprendre cette douleur si aigüe qui ne laisse pas de répit au corps et à l'esprit.

Mais que faire ? Qu'y a t-il à comprendre ? Tout semble si plat, si dénué de sens apparent, dans un monde si sauvage et bestial que celui des premiers humains. Se laissant aller à la tristesse, à la mélancolie, l'homo sapiens enterre son mort, comme s'il voulait le protéger, le préserver à jamais sous la Terre si vaste. Il orne le tombeau de pierres taillées, de trophées de chasse et d'autres présents destinés à l'être cher qui s'en est allé. Mais allé où ?

Dans les songes, les premiers hommes entre aperçoivent des formes, le visage de l'être disparu, des décors inconnus. Au réveil il croit que tous cela faisait partie de sa réalité. Une intuition lui vient alors d'une autre réalité, une autre terre où serait parti le défunt. Alors dans un élan créatif, il se met à puiser en lui les réponses en dessinant sur les rochers, en laissant aller sa tristesse, et ainsi entrevoit peu à peu les réponses. Son esprit encore peu évolué ne lui permet pas encore d'intellectualiser toutes ces intuitions, il les comprend à son niveau. Alors il se met à penser que peut-être il existe ailleurs, pourquoi pas là haut dans les cieux puisqu'ils sont si beaux, quelque chose qui dicte les destinées, et qu'il n'est pas le seul à souffrir pour rien.

 Les années, les siècles, voir les millénaires passent, et l'humain évolue, ses intuitions se précisent, prennent des formes palpables. Il désire de plus en plus comprendre les raisons de sa vie et de ses souffrances, il veut comprendre qui génère tous cela. Alors avec ses mots, avec ses conceptions et son conditionnement, il va peu à peu tenter de rendre tangible des intuitions qui n'agissent qu'en lui.

Ses émotions, ses espérances, se traduiront par des êtres qui le représente, par des forces extérieures à lui et qui façonnent son monde. Des esprits des éléments des premiers cultes animistes, aux panthéons égyptiens et grecs, c'est toujours une même intuition du divin qui agit en l'homme. Son esprit évolue, il se complexifie, ses croyances et ses rites aussi, tout s'affine, prend des formes de plus en plus majestueuses, éveille l'être plus en profondeur. Les civilisations s'élèvent au rythme du divin, l'humain vie au quotidien la divinité, il se la représente à sa manière, lui donne des noms qui lui sont plus familiers…

Il étudie les astres, élabore des théories mystiques basées sur ses propres intuitions et des réflexions sur la vie et ses processus. Il créé la mystique et les cultes exotériques, des outils adaptés à chacun pour permettre un pont entre l'intuition impalpable et le divin. Chaque ethnie dans le monde élabora ainsi une religion différente autour d'une intuition commune à toute l'espèce humaine, Dieu.

L'éloignement géographique de l'époque permis donc la création d'une multitude de formes contenant un même fond commun. Plusieurs itinéraires pour une même destination, comme dans nos villes les routes accessibles se sont basées sur les premiers chemins de terre. Les religions sont des outils de compréhension qui doivent, soit évoluer avec la conscience humaine, soit laisser place à d'autres outils plus adaptés. L'histoire des religions nous montre bien la disparition d'anciens cultes pour d'autres et, ainsi de suite, l'évolution suit son court.

« Ne tenir à rien de ce qui a un nom. »
Eckhart

Ce qu'il faut retenir du cheminement de l'humain vers une plus grande compréhension du divin, est que les religions se sont égarées dans leurs recherches. Elles ont confondu l'essentiel et l'accessoire, elles ont privilégié la forme au détriment du fond. Bien entendu, au sein de chacune de ces religions réside des branches ésotériques qui accèdèrent au fond commun, mais elles ne sont pas des plus répandues malheureusement. Elles furent pour la plupart violement réduite au silence, pour la chrétienté, Jésus, les gnostiques, François d'assise, Denys l'aéropagite, Thérèse d'Avila, Eckhart, pour l'Islam, les soufis comme Rûmi, Ibn Arabi, dans le Judaisme Abraham Aboulafia, Baruch Spinoza, Moise Mendelsonn et ailleurs Manès, Zoroastre, Abdul Baha, Siddharta Gautama, Hui Neng, Mazu, Lao Tseu, Gandhi, Krishnamurti, Pythagore, Socrate, Sénèque et d'autres anonymes de l'histoire mais non moins lumineux, tous furent menacer pour la liberté et l'universalité de leur foi, cette air de désolation et d'obscurantisme est en train de toucher à sa fin et nous sommes heureux d'y contribuer.

Les conflits qui séparent l'humain sont toujours basés sur la forme extérieure, sur le "Je suis..." qui s'oppose au "Tu n'es pas...". Il faut bien comprendre le rôle de tuteur qu'ont jouées les religions pour structurer l'intuition du divin en l'humain. Mais il faut bien saisir que c'est sur la forme que prend la vérité en fonction des langues, des pays et des couleurs, que l'on s'oppose. Sur une vérité relative du divin, sur une écorce.

Alors que la sève du divin réside en notre coeur, nulle vérité ne peut être manifestée, embrigadée, enfermée dans des temples. La vérité est partout ou l'Amour se répand entre tous les êtres. La vérité foncière de l'humanité pourrait être que tous, nous aspirons au bonheur, à la paix, la liberté et l'Amour. Que tous, nous ressentons vibrer le divin en nous, que tous, nous savons que l'Amour est une force libératrice qui élève notre âme vers des niveaux de compréhension d'une infinie subtilité.

Dieu n'est pas un nom, n'est pas un culte, encore moins un symbole ou un être anthropomorphique. Tout ceci ne sont que des outils de compréhension, des accessoires. Laissons un peu de côté tout ceci un instant. Contemplons l'immensité du cosmos, le coucher du soleil, le sourire d'un enfant ou la goutte de rosée sur le pétale de rose. Dans ces moments de grande simplicité, d'éternel présent, réside Dieu, le divin ou n'importe quel nom que vous lui donnerez. Mais sachez en votre coeur que c'est là, que vous en faites partie, que Dieu est vous, que vous êtes Dieu, le cosmos, l'infini et... L'Amour.



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