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Dieu : l'émergence de la conscience

"Le plus grand voyage commence toujours par le premier pas."
François De La Rochefoucauld

[1ère partie]

par Michael

Depuis des millénaires, l'humain, tout au long de son évolution, a tenté de rendre intelligible le monde qui l'entoure. Depuis l'apparition de la conscience chez nos ancêtres hominidés, celle-ci n'a eu de cesse de se complexifier, de créer des ramifications corticales de plus en plus structurées. Une conscience évolutive partie d'une perception rudimentaire du monde. Pour la première fois dans son histoire, l'humain savait qu'il savait, d'où le nom des hominidés modernes : « Homo sapiens sapiens » (l'homme qui sait qu'il sait). Et ce facteur fut capital, car bien avant cela nous n'étions qu'une espèce animale comme une autre, vivant par l'instinct, sans comprendre profondément le pourquoi de nos actes et encore bien loins de questionnements existentiels.

L'apparition de la conscience est le résultat de millions d'années d'évolution du cerveau, qui fut lente et progressive. Elle est le fruit de multiples adaptations au climat, à l'environnement changeant, aux difficultés de survie. D'après l'anthropologie, nous devons notre bipédie à une pénurie de nourriture arboricole. Nos lointains ancêtres étaient essentiellement végétariens et vivaient dans les arbres. La famine survenue leur offrit deux possibilités : s'adapter ou mourir. Instinctivement nos ancêtres descendirent des arbres pour aller chercher leur nourriture plus loin. Devant les hautes herbes de la savane africaine (berceau de l'humanité), les préhominiens durent se lever sur leurs membres inférieurs afin de voir au loin. Puis, peu à peu, il se regroupèrent en petits groupes et marchèrent en quête de nourriture et de territoires moins hostiles.

La sécheresse faisait rage, et les denrées végétales dépérissaient. Devant l'urgence de la situation, les préhominiens se mirent à chasser en groupe. Ils consommèrent pour la première fois de la viande, qui contenait des protéines et de la créatine. Grâce à ce riche apport protidique, leur cerveau pu se développer plus rapidement et permettre une adaptabilité plus efficiente. Au fil des évolutions, le préhominien acquit des savoir-faire et des « coutumes » sociales de plus en plus complexes. Il apprit à tailler des outils, créer des armes de chasse, à se fabriquer des vêtements et maîtriser le feu. Mais de toutes ces découvertes, celle qui révolutionnera son existence fut celle de la conscience.

On situe l'apparition de la conscience au stade évolutif d'Homo Sapiens. A ce niveau on trouve les prémices d'une organisation sociale, hiérarchisée autour d'un chef, qui est le plus fort et se donne le droit de procréer avec les femelles les plus fécondes. La conscience nouvellement acquise leur permet de comprendre la structure de la vie. L'individu se situe dans la tribu, il échange avec ses semblables, chasse avec eux, apprend l'artisanat, la construction des huttes, et se bat pour obtenir une femme et propager sa descendance. Tout semblait réglé plus ou moins comme si cela devait durer toujours, mais alors est survenu un événement qui a faussé la donne. Qui déséquilibra la structure autant sociale que psychique, qui glaça d'effroi par les émotions suscitées. Cette inconnue se nomme la mort.

Cet événement frappa douloureusement le cerveau de nos ancêtres, car pour la première fois ils comprennent la mort dans son sens premier, c'est-à-dire en terme de sensation de perte d'êtres à qui ils s'étaient attachés. La perte de repères affectifs et sociaux, la désorganisation psychique et cette émotion ébranla le corps tout entier. Les hormones du stress se répandirent dans la chair, le cœur prit un rythme saccadé, le cerveau se parasita, se figea dans la lueur qui sonne le glas.

En cet instant tragique toute la tribu se réunit. Chacun se tient, se réconforte, oubliant un instant les querelles intestines. Cet événement, si lourd, laisse entrevoir malgré les apparences une lueur d'espoir et d'amour qu'ils distinguent à peine. La mort et sa fille la peur, sont venues leur prendre un être cher, mais en échange de ce lourd tribut, elles leurs ont apporté Dieu.

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