*Etats modifiés de conscience - unisson06
paradoxe de fermi


Les états modifiés de conscience, les religions et la survie

par Daniel Maurer


L'Expérience de Mort Imminente (EMI), traduction approximative de l'anglais Near Death Experience (NDE), accompagne l'humanité depuis la nuit des temps. Si l'on attribue le plus ancien témoignage écrit d'une EMI à Platon ( cf. le récit d'Er le Pamphylien dans La République ), diverses traditions voyaient depuis longtemps dans ce vécu de mort-renaissance la « preuve » d'une forme d'immortalité ( cf. L'Épopée de Gilgamesh ). Bien que l'approche de la mort ne soit pas le seul contexte inducteur d'une EMI, beaucoup de témoignages contemporains sont très révélateurs de cet aspect. Schématiquement, au moment où le sujet sombre dans le coma sa conscience se retrouve soudain hors de son corps, observant le déroulement des événements alentour. Puis elle parcourt un tunnel plus ou moins obscur pour déboucher dans une lumière resplendissante, illuminant des paysages paradisiaques, dont émane une onde d'amour ineffable. Cette progression est brusquement interrompue et c'est avec regret que la conscience du « rescapé » réintègre un corps qui « renaît à la vie ».

Si l'ancienneté et le déroulement des EMI sont bien documentés, la question est de savoir quels enseignements tirer, aujourd'hui, de ce genre de récit. Dans un premier livre, La vie à corps perdu , je proposais au lecteur une exploration approfondie du dossier des Expériences de Mort Imminente : descriptif, historique, témoignages, modèles explicatifs, etc. Un autre ouvrage, L'autre réalité - l'au-delà , prolongeait cette investigation en soulignant la fragilité de notre conception du réel. En effet, des contextes proches de ceux qui suscitent une EMI nous propulsent, quotidiennement parfois, dans une autre dimension de la réalité. Ce que soulignent des états modifiés de conscience (EMC) induits par divers facteurs : hypnose, sommeil, rêve, relaxation, méditation, certaines substances hallucinogènes, etc. Ces deux livres ont été bien accueillis… surtout par les convertis, évidemment. Restait à sensibiliser les sceptiques, dont nombre de scientifiques, très réservés à l'égard de phénomènes hâtivement classés dans le registre des troubles liés à un état critique, voire dans celui de la pathologie mentale.

Le contenu de mon dernier livre, Les Expériences de Mort Imminente , offre ainsi les bases d'un véritable travail de recherche aux partisans des explications un peu trop simplistes. En réconciliant science et métaphysique, il propose une alternative aux réponses erronées ou incomplètes émises jusqu'à présent. Toutefois, et c'est là que le bât blesse, on y relève que les EMI remettent en cause le dogme d'une conscience assujettie à la chair. Leur étude indique en effet que la conscience s'affranchit des limites du corps à la faveur de contextes très spécifiques, dont l'approche de la mort est le plus médiatisé. En bref, la conscience serait une entité autonome, provisoirement reliée à un organisme humain le temps d'une vie... Je vous laisse imaginer à quel point cette perspective hérisse le poil des rationalistes. Mais pour mieux appréhender le problème, il convient de remettre les EMI dans leur contexte, à savoir celui des états modifiés de conscience.


Définition d'un état modifié de conscience

Sous l'étiquette "états modifiés de conscience" (EMC) on rassemble un certain nombre d'expériences au cours desquelles le sujet a l'impression que le fonctionnement habituel de sa conscience se dérègle et qu'il vit un autre rapport au monde, à lui-même, à son corps, à son identité (Georges Lapassade ). Pour désigner le dérèglement de ce rapport au monde les anglo-américains utilisent l'expression Altered State of Consciousness (ASC), c'est à dire état de conscience altéré . Mais craignant que cette notion d'altération de la conscience ne soit entendue comme un symptôme pathologique, la plupart des auteurs francophones lui ont préféré celle de modification.

Vivre un autre rapport au monde, comme l'indique Lapassade, c'est expérimenter une réalité différente de la réalité ordinaire à laquelle on se réfère habituellement. Mais à propos, comment s'assurer de la qualité ordinaire de la réalité du moment ? Pour le vérifier, il faudrait pouvoir se poser la question en ces termes : Qui, où et quand suis-je ? Répondre à ces trois éléments d'interrogation permet de prendre conscience de son statut d'individu différencié du groupe, dans un registre spatio-temporel en accord avec les repères communs aux membres de celui-ci. Ce sont en effet ces repères communs, auxquels nous recourons sans cesse, qui fondent le concept de réalité ordinaire. Ils objectivent, et en quelque sorte authentifient, notre expérience subjective de cette réalité. En conséquence, une variation, même légère, dans l'une des réponses à la triple question précédente concernant l'identité, l'espace et le temps, par rapport à la réalité partagée par le groupe, suggérera la présence d'un état modifié de conscience.

Cela étant, dans le cours de nos activités journalières nous ne pouvons nous livrer en permanence à un travail d'analyse visant à jauger la validité de notre rapport au monde comparativement, par exemple, à celui de notre voisin. Dans la plupart des cas ce ne serait d'ailleurs pas très utile puisque nous sommes très tôt éduqués, programmés , pour évoluer dans un type de réalité défini par un cadre socioculturel commun. La réalité vécue par notre voisin a donc de très fortes chances, à de rares exceptions près, d'être identique à la nôtre. En somme, le maintien d'un niveau de conscience en conformité avec celui du groupe s'apparente à une sorte d'acte réflexe imposé par un conditionnement précoce. Voilà pour la réalité officielle, ordinaire, à laquelle nous nous conformons habituellement.

Un comportement hors norme, a-normal , par rapport à cette réalité, entraînera une réaction négative de la part du groupe en vertu du dépassement des tolérances qu'il a définies. Ce qui laisse entendre que des fluctuations restent permises dans les limites fixées par le système socioculturel dominant. Dans celui qui nous sert de référence, la société occidentale, certains états modifiés de conscience paroxystiques franchissent ces limites, celles de la normalité, au-delà desquelles il n'y a plus de réalité acceptable par la collectivité. Cette mise hors normes amène, selon les critères normatifs en vigueur, à considérer les EMC extrêmes (EMI, transe mystique, expérience psychédélique, ivresse des sommets ou des profondeurs) comme des états psychotiques transitoires. Mais ne nous laissons pas leurrer par ce parallèle avec la folie car lors de ces EMC, même les plus profonds, le sujet revient à la réalité du groupe au terme de son expérience. En revanche, ce n'est plus le cas du psychotique qui évolue, lui, dans une sorte d'état modifié de conscience chronique et le plus souvent irréversible.

Notons encore que si l'appartenance à un groupe implique de se plier aux normes qui y sont la règle, celles-ci diffèrent sensiblement d'un espace culturel à un autre. Ainsi la réalité à laquelle se réfère l'Occidental ne peut guère se mesurer à celle des Shuars, peuple indien de la forêt amazonienne de l'ethnie Jivaro. Pour eux, la réalité ordinaire est mensongère, la vraie réalité se trouve ailleurs, là où évoluent les âmes (arutam) des ancêtres, là où réside l'esprit du Grand Tout. Cet esprit qui s'adresse à eux dans leurs rêves et dans les états modifiés de conscience que leur procurent les plantes qu'il a mis à leur disposition , alors que le plus souvent dans notre société civilisée on ne se préoccupe du rapport à la réalité, donc des états de conscience, que dans un seul but : en maintenir la neutralité afin d'en dissimuler le contenu affectif. C'est pourquoi la plupart des occidentaux n'entendent plus l'appel de l'esprit du Grand Tout, ne distinguent plus cette réalité autre dont la connaissance éviterait de développer quelques-unes de ces pathologies désignées comme des maladies de la civilisation (syndromes allergiques, déficiences immunitaires, voire certaines formes de cancer).


Gradation des différents types d'EMC

Les critères qui permettraient de catégoriser les états modifiés de conscience ne sont pas faciles à établir, tant la variabilité du phénomène est grande et ses caractéristiques multiples. On peut néanmoins distinguer deux types d'EMC en fonction de l'intensité d'un vécu caractérisé par la transcendance et le réalisme. La subjectivité même de cette notion d'intensité permet de comprendre que la frontière entre deux états modifiés de conscience reste imprécise. Une classification plus rigoureuse, privilégiant l'appréciation individuelle du vécu d'un état modifié de conscience, imposerait de définir autant de catégories d'EMC qu'il y a de témoignages. Cela étant, le choix de ces deux types d'EMC est également conditionné par leur « source de production ». À savoir, l'induction psychologique d'une part, même renforcée par l'apport d'un psychotrope, qui détermine des EMC aux caractéristiques transcendantes et réalistes les plus marquées, alors que les seconds, d'autre part, induits par des modalités biologiques particulières, ne révèlent habituellement aucun niveau transcendant et leur coefficient de réalité est nul.


•  Les EMC transcendants sont caractérisés par un vécu d'un grand réalisme faisant intervenir des lieux d'une beauté sublime et des événements à forte charge émotionnelle, dans un domaine de la réalité sans commune mesure avec celui de notre quotidien, celui de la réalité transphénoménale. Celle-ci est la source universelle de toutes les expressions spirituelles et l'ineffabilité y est la règle. Les EMC transcendants sont souvent autogénérés (méditation, transe mystique ou chamanique, stress violent, imminence de la mort, consommation de certains hallucinogènes), quelquefois suggérés (régression hypnotique profonde), plus rarement spontanés (certaines Expériences de Mort Imminente et Expériences Hors du Corps).

•  Les EMC non-transcendants relèvent davantage, semble-t-il, des modalités de la matière. Ils peuvent être d'origine physiologique : sommeil, rêve, relaxation, phénomènes hypnotiques par affaiblissement des stimuli sensoriels (états de rêverie, hypnose des autoroutes, des pilotes au long cours, etc.) ou pathologique : intoxications médicamenteuses et chimiques (certaines bouffées délirantes), déshydratation sévère (mirages), troubles du métabolisme des gaz vitaux (ivresse des profondeurs ou des sommets), entraînant des états de confusion avec présence d'éléments hallucinatoires plus ou moins réalistes. Des épisodes oniriques atypiques, d'un réalisme parfois saisissant (rêve lucide, rêve paranormal), peuvent cependant relever de la précédente catégorie. Il en va de même pour certains EMC intermédiaires dont la nature transcendante et le réalisme sont moins nets. Ajoutons encore que nombre de ces EMC non-transcendants pourraient emprunter à la fois à l'imaginaire, à la réalité ordinaire et à la réalité transphénoménale, au gré de l'intensité d'un vécu soumis à de fortes variations.


Les EMC à l'origine de la croyance en Dieu et de l'émergence des religions

Ces dernières années, des généticiens ont cru déceler chez l'homme un besoin de croire fondamental, inscrit au cœur même de nos cellules. Il est vrai que la génétique, dernier avatar en vogue de notre science omnipotente, prétend fournir quantité de réponses en tous domaines. Du gène de l'alcoolisme, de la schizophrénie ou de la gourmandise en passant par celui de l'homosexualité, force est de constater que bien des affirmations comportementalistes se sont montrées pour le moins hasardeuses sinon ridicules. Ce qui ne saurait être le cas, en revanche, du postulat qui soutient que les expériences d'expansion de la conscience, caractéristiques des EMC les plus profonds, sont à l'origine de la perception du sacré et, conséquemment, des religions qui ont cours sur la planète .

En ce sens, les Textes Sacrés fournissent des indices que l'on interprète sans peine. C'est le cas de cet état modifié de conscience déterminant dans l'essor des grandes religions, vécu de façon quasi identique par leurs fondateurs. Certains y voient la preuve d'une révélation d'origine divine, d'autres évoquent une Illumination consécutive à une prise de conscience soudaine de « l'ordre des choses », aboutissant à un véritable éveil au sens de la vie, à une sorte de vision globale de la Réalité. Ce phénomène vécu par Moïse, Jésus, Mahomet et Bouddha a été décrit, souvent de façon allégorique, par les chroniqueurs de l'époque. Il est ainsi indiqué que Moïse, après 40 jours de solitude au sommet du Mont Sinaï, a vécu un phénomène qui, au jour de nos connaissances actuelles, s'apparente sans conteste à un état modifié de conscience transcendant. Au cours de celui-ci le message divin lui est apparu avec une intense clarté, aux deux sens du terme, comme c'est le cas aujourd'hui encore pour nombre de sujets expérimentant une forme d'EMC équivalente, dont l'Expérience de Mort Imminente est la plus médiatisée. Jésus dans le désert et Mahomet dans une grotte du Mont Hîra ont accédé à la Révélation, eux aussi, dans le cadre de la même expérience transcendante et au terme d'une période identique de 40 jours. Quant à Siddhârta Gautama, le Bouddha, adepte de la méditation solitaire, il a lui aussi été éveillé dans un contexte similaire, sous le fameux figuier de Bodh Gaya.

De telles analogies rendent impossible d'en appeler au seul hasard. Et s'il est légitime d'invoquer la survenue d'un EMC transcendant de même nature, il n'est pas moins intéressant de pointer l'existence d'un fonds « légendaire » commun partagé par les trois grandes religions monothéistes. Ceci expliquerait que les Textes Sacrés se réfèrent précisément à cette période d'isolement de 40 jours, vécue par chacun des « prophètes fondateurs ». Relevons en passant qu'un état modifié de conscience de type EMI, induit par incubation dans un sarcophage, était utilisé par les Égyptiens à l'occasion de la cérémonie du sacre de leur pharaon, lui permettant d'acquérir les « secrets » du monde de l'après-vie. Notons encore que Moïse, s'il n'était pas lui-même pharaon , a vécu dans l'entourage du monarque avant de quitter l'Égypte à la tête du peuple hébreu. Enfin, nombre de rites initiatiques pratiqués par des sociétés secrètes s'inspirent de la symbolique du passage de la mort à la lumière ; autrement dit, en raccourci, de l'expérience de mort imminente.

De tous temps et en tous lieux, ces EMC consécutifs à un isolement sensoriel soutenu par le conditionnement de la croyance ou, pour le moins, par celui d'une quête de sens, aboutissent à des vécus spirituels du même ordre. Des vécus que nombre de mystiques de toutes les religions ont expérimenté au fil des siècles, évoquant ravissement, extase ou transe divine. On peut donc affirmer qu'il s'agit d'une expérience universelle, vécue par les hommes depuis la nuit des temps, indifféremment de leur culture. Elle démontre l'existence d'un potentiel à la transcendance inhérent à l'être humain, sans lien avec un quelconque mobile génétique.


L'annihilation corps/conscience ou l'aveuglement des néo-cartésiens

Les témoignages d'expériences de mort imminente ou de phénomènes vécus au cours de l'agonie, verbalisés lors d'une rémission passagère, laissent à penser que la mort est certainement le dernier état modifié de conscience que nous puissions connaître de ce côté-ci de la réalité. Ce genre d'observation, faite des milliers de fois en tous lieux et tous temps, suggère qu'à l'instant du trépas notre conscience serait en mesure de se dissocier du support physique qui en permettait l'expression.

Cette hypothèse indépendantiste (survivaliste, spiritualiste ou vitaliste, selon les options des uns ou des autres), dont l'adaptation religieuse nous a légué le concept d'âme , n'est évidemment pas du goût de ceux qui voient en Descartes le prophète matérialiste qu'il n'était pas. Pourtant, leur certitude de l'annihilation conjointe du corps et de la conscience n'a pas davantage de fondement que mon hypothèse indépendantiste. Mieux, ce credo rationaliste a encore moins de pertinence si l'on se réfère à cette précaution cartésienne élémentaire qui stipule : « ne tiens rien pour vrai que tu n'aies vérifié par toi-même. » Et qui donc oserait affirmer avoir vérifié, par lui-même, l'annihilation de la conscience chez tel ou tel défunt ? Comment s'y serait-il pris, puisque la conscience de ce défunt ne lui était pas accessible ? On ne peut vérifier le fonctionnement de ce quelque chose qui est hors de portée de nos sens et des béquilles technologiques qui les prolongent. En l'occurrence, le support physique qui en autorisait l'expression étant, si l'on peut dire, hors d'usage.

Si le lecteur éprouve quelque peine à suivre ce raisonnement recourons, pour illustrer le propos, à l'une de ces démonstrations si chères aux sceptiques ; avant de la retourner contre eux. Ainsi, par exemple, si je détruis mon téléviseur je ne peux en déduire pour autant que l'émission qu'il retransmettait n'existe plus. Cette conclusion m'est interdite pour la bonne raison que cette émission ne m'est plus accessible. Pour faire un parallèle avec le propos précédent, je ne peux donc vérifier par moi-même l'annihilation de la « conscience » de mon téléviseur. En somme, une application honnête du doute cartésien m'interdit d'affirmer que l'émission a été interrompue par mon geste destructeur. De même, ceux qui identifient l'homme à une sorte de machine biologique hyper-complexe ne peuvent renier ce genre de raisonnement, puisqu'ils l'opposent habituellement aux « hérétiques » et autres mal-pensants. Ajoutons encore, dans un registre voisin, que les cultures expérimentales de neurones n'ont jamais permis à aucun chercheur de mettre en évidence la moindre trace de conscience. Claude Bernard lui-même avouait par boutade que, lors des nombreuses dissections de cerveaux humains qu'il avait pratiquées, il n'avait jamais découvert un quelconque indice de l'existence d'une âme sous son scalpel. Comment, alors, ses disciples d'aujourd'hui pourraient-ils se prononcer sur la destruction d'une chose dont ils ignorent tout des modalités d'existence ?

En conclusion, gardons-nous d'affirmer que la conscience d'un défunt a été irrémédiablement détruite et convenons, simplement, qu'elle demeure hors de portée de nos sens et de nos appareils de mesure. Mais le point de vue matérialiste est finalement bien adapté au type de réalité dans lequel il s'exprime… puisque c'est ce type de réalité qu'il contribue à échafauder jour après jour. Ses partisans sont les architectes d'une réalité artificielle qui occulte un aspect fondamental du réel, celui-ci s'éloignant de nous en proportion. Cette occultation nous isole de notre vivant de cette autre réalité à laquelle nous serons confrontés d'autant plus brusquement et souvent douloureusement, car non préparés à cette « révélation », au jour de notre trépas.

Texte mésopotamien, en accadien (écriture cunéiforme), gravé sur des tablettes d'argile au 3 ème millénaire avant notre ère.

Éditions Les 3 Monts , 2001 (286 p.)

Éditions Philippe Lebaud , 2002 (268 p.)

Éditions Le Rocher , 2005 (339 p.)

Les états modifiés de conscience , P.U.F., Coll. Nodules, 1987. Georges Lapassade est professeur d'anthropologie psychologique à l'Université Paris VIII et à l'Institut d'Ethnologie de Paris VII.

Il ne faudrait pas imaginer que les peuples amazoniens vivent encore à l'âge de la colonisation, conformément à cette vision romantique occidentale du bon sauvage, qui tend à perdurer. Voir sur ce thème Le mythe du sauvage , de Olive P. Dickason, Le Septentrion, Québec, 1993. Voir également les ouvrages de Jean-Patrick Costa, et plus particulièrement Indiens Jivaros, histoire d'une mort programmée, Le Rocher - Le Mail, 1997.

D'après Marcel Locquin, biophysicien et docteur ès science « Il est fort probable que les hommes ont eu très tôt la notion de transcendance, c'est-à-dire la notion de phénomènes qui dépassaient leur entendement, nous dirions actuellement la notion de phénomènes divins entraînant la conception du sacré et probablement celle de la survie après la mort. La première divinité reconnue par l'Homo erectus fut sans doute le Dieu-Soleil. Il répandait lumière et chaleur et, avec l'eau, il fécondait la terre. Il fut sans doute le premier à être divinisé et nommé dans les langues de cette époque lointaine. Nous avons extrait les noms du Dieu-Soleil de 215 langues la plupart actuellement vivantes. » ( L'homme et son langage , Éditions du Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon, 2000)

Dans mon dernier livre, Les expériences de mort imminente , je fournis des éléments probants qui soutiennent l'hypothèse que Moïse et Akhenaton était un seul et même homme.