*Théorie électromagnétique de la conscience 2ème partie - unisson06
paradoxe de fermi


Théorie électromagnétique de la conscience
Qu'est-ce que la conscience et quel est son devenir à travers la physiopathologie
de la maladie d'Alzheimer et des expériences de mort imminente ?


[2ème partie]

par Jean-Bruno Meric
Médecin Psychiatre

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RAPPEL : J'ai expliqué dans la première partie de ce long article la notion de magnétosphère cérébrale et ses implications dans la physiologie de l'orientation dans l'espace et de la mémoire. Nous allons voir ici comment elle peut jeter un éclairage puissant sur deux types d'agonie cérébrale : celle de la maladie d'Alzheimer et celle des expériences de mort imminente, l'une servant de modèle au ralenti et plus facilement décomposable de l'autre.

Dans mon dernier ouvrage 1 (Méric 1999), j'expliquais comment la conscience réflexive est liée à trois miroirs qui réfléchissent chacun une image de nous-mêmes :

- le miroir du présent, c'est-à-dire le miroir proprement dit qui réfléchit une image de soi (qui permet de se voir), que nous sommes seuls dans le monde animal à reconnaître (dès l'âge de 18 mois), alors que le chimpanzé cherche avec sa main derrière le miroir le congénère qu'il croit y percevoir ;

- le miroir du futur, c'est-à-dire l'anticipation qui permet de se projeter dans l'avenir (de se pré-voir) ;

- le miroir du passé enfin et surtout, c'est-à-dire la mémoire autobiographique qui permet de se re-voir et qui, à travers une histoire personnelle, nous donne un sentiment d'identité et le caractère de continuité de notre existence.

Je ne faisais en cela que reformuler les idées philosophiques développées par Bergson dans L'énergie spirituelle : “la vie s'emploie dès le début à conserver le passé et à anticiper sur l'avenir dans une durée ou ´passé, présent et avenir empiètent l'un sur l'autre et forment une continuité indivisée : cette mémoire et cette anticipation sont, comme nous l'avons vu, la conscience même”.

La conscience de soi est donc intimement liée à la mémoire autobiographique dont, d'une part, je propose une forme de stockage inédite dans une magnétosphère cérébrale générée par les circuits de Papez assimilés à une sorte d'électro-aimant naturel (théorie de la mémoire délocalisée ou extérieure au cerveau, ou théorie de la mémoire magnétique) et qui, d'autre part, est la première fonction cérébrale touchée dans la maladie d'Alzheimer (parallèlement à la dégénérescence des circuits de Papez) sous forme d'une amnésie antéro-rétrograde obéissant à la loi de Ribot : amnésie de fixation (oubli à mesure) + effacement des souvenirs évocables d'avant en arrière (en remontant la flèche du temps).

Or, l'allongement de l'espérance moyenne de vie offre aujourd'hui aux médecins l'opportunité d'observer de plus en plus de tableaux cliniques de démence dégénérative ou maladie d'Alzheimer. C'est une réelle opportunité, car il pourrait s'agir d'un modèle de mort cérébrale au ralenti (perte progressive de la mémoire et de la conscience qui y est attachée) que la nature serait contrainte de nous révéler, grâce aux progrès thérapeutiques réalisés dans d'autres domaines de la santé. En effet, autrefois, on mourrait d'autre chose, bien avant d'avoir eu le temps de développer une démence sénile et encore moins de la mener jusqu'à son terme.

Cette théorie de la magnétosphère cérébrale (support non périssable, car de nature magnétique et transférable sur la magnétosphère terrestre, du couple mémoire-conscience), dont la particularité serait de se détacher des hippocampes 2 au moment de la mort cérébrale et d'y acquérir alors une transparence et une perméabilité aux magnétosphères cérébrales de nos congénères (l'empathie de Kenneth Ring) qu'elle n'a pas de notre vivant (code d'accès hippocampique individuel pour accéder à notre propre piste magnétique sans accéder à celles des autres, malgré l'extériorité de la magnétosphère cérébrale), me permet d'expliquer des phénomènes importants de la chronologie des NDE sans faire appel à des notions encore plus exotiques et invérifiables 3 de “psychomatière” comme Emmanuel Ransford (qu'on retrouve d'ailleurs chez Teilhard de Chardin) ou de “cinquième dimension” comme mon ami et confrère Jean-Pierre Jourdan.

Dans cette hypothèse donc, la lente amnésie rétrograde soumise à la loi de Ribot, c'est-à-dire la relecture à l'envers (du présent vers le passé) et l'évocation spontanée des souvenirs anciens, jusqu'aux souvenirs d'enfance, deviendrait l'équivalent au ralenti de la vision panoramique de l'existence, phénomène ultra-rapide décrit 4 par le psychiatre américain Raymond Moody (Moody 1977) dans les expériences de mort imminente (ou NDE, pour Near Death Experience), c'est-à-dire par exemple dans les états de mort clinique réanimés avec succès. On retrouve la description d'un tel phénomène dans une oeuvre du septième art : Les choses de la vie , de Claude Sautet (1970). On peut alors imaginer que dans la mort comme dans la démence, mais à des vitesses bien entendu très différentes, la magnétosphère cérébrale, c'est-à-dire l'empreinte magnétique où sont fixés tous les souvenirs d'une vie, repasse à l'envers (de la gauche vers la droite) à travers les circuits de Papez dont les hippocampes, leur structure fondamentale, résistent les derniers à l'anoxie au milieu d'un cerveau qui agonise (Petito 1987). La maladie d'Alzheimer pourrait ainsi constituer le modèle décomposé et facilement analysable des NDE et être désignée comme une expérience de mort différée (ou FDE, pour Far Death Experience), sans rescapé cette fois-ci, pour souligner la lenteur du processus qui mène ici à la mort cérébrale tout en respectant des étapes identiques. Le phénomène décrit par Moody, que l'on peut interpréter comme un défilement instantané de la mémoire magnétique au seuil de la mort, ou rembobinage terminal, serait donc l'expression sur le cerveau sain de la loi de Ribot, qui prendrait de ce fait le statut de loi physiologique (et pas seulement pathologique). Les souvenirs du mourant et la conscience qui les accompagne échapperaient ainsi au naufrage du corps et se détacheraient définitivement après avoir “rompu les amarres” avec les hippocampes (peut-être 2 à 3 jours après la mort, vu la résistance exceptionnelle des hippocampes à l'anoxie 5 ), c'est-à-dire une fois la mort somatique consommée. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec les Parques de la mythologie romaine qui elles aussi, en trois temps, déroulaient la vie et la mort d'un individu :


- Clotho filait les évènements de la vie (temps physiologique de la mémorisation),

- Lachésis dévidait ensuite l'écheveau patiemment créé (amnésie rétrograde ou vision panoramique),

- Atropos enfin tranchait avec ses fatals ciseaux le fil de l'existence (rupture hippocampique).

Autre phénomène rapporté par Moody au cours des NDE, les témoignages de décorporation : “à cet instant, il (le mourant) peut fort bien se retrouver en train de contempler son propre corps vu de l'extérieur”. Cette hallucination autoscopique apparemment très fréquente dans ce contexte, et même stéréoscopique puisque le témoin rapporte des détails de la scène de réanimation vus sous tous les angles, pourrait s'expliquer d'abord par le fait que la magnétosphère cérébrale est alors détachée des hippocampes (ou retenue par un fil : on devrait plutôt dire un “cordon”, par référence à la castration hippocampique), donc éloignée du corps, ensuite et surtout par la transparence dans cette configuration extra-corporelle et pré-léthale des magnétosphères des participants actifs à cette scène (ce qui permettrait au témoin de “pirater” leurs perceptions visuelles en stéréo et de les mémoriser directement). L'expérienceur ne voit pas alors par ses yeux (il est privé de vue par son état de mort clinique), il voit en réalité par les yeux des autres ! Ce qui expliquerait aussi que des expérienceurs aveugles de naissance aient rapporté des témoignages visuels de leur réanimation : ce sont les images vues par les réanimateurs auxquelles ils ont eu accès et qu'ils ont pu mémoriser, directement de magnétosphère à magnétosphère, voire directement dans les circuits de Papez de ces derniers au stade électro-physiologique de la mémoire à court terme (empan visuel). Quant à l'impression de légèreté et de flottaison ressentie par les témoins, ce serait plutôt une impression inhabituelle de non pesanteur (la magnétosphère cérébrale déconnectée du cerveau n'enregistre plus de sensation de pesanteur), comme celle qui précède un banal évanouissement ou celle ressentie au bord d'un gouffre˜, notamment par les sujets souffrant de phobie du vide. Dans ce cas, la sensation de flottement est due à la perte de deux sur trois des systèmes responsables de l'équilibre : les repères visuels proches et, surtout en cas de panique, les sensations proprioceptives des membres inférieurs qui ne sont plus analysées par le cerveau pour être confrontées aux données des canaux semi-circulaires de l'oreille interne. En résulte même parfois une attirance vers le vide avec conflit entre la sensation intuitive de pouvoir flotter et la raison, qui prévoit la probabilité d'une chute (éventuellement mortelle) due à la gravité.

La mort ne serait donc pas sans rappeler la naissance, que le foetus vit certainement plus comme un traumatisme que comme un heureux événement et où lui aussi, croyant “mourir”, se débarrasse en fait d'une enveloppe charnelle (celle de sa mère). La différence est que le nouveau-né éprouve subitement des besoins qu'il ne connaissait pas dans le corps de sa mère (respirer, s'alimenter, se réchauffer, combattre la pesanteur), alors que le nouveau-mort est débarrassé de ces contingences angoissantes et retrouve un état physiquement foetal, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui illustré par la position en “chien de fusil” (position foetale) des déments en phase terminale. Françoise Dolto (Dolto 1984) nous parle de “castration ombilicale” pour décrire le traumatisme de la naissance (décrit primitivement par Otto Rank en 1924), nous pourrions parler de “castration hippocampique” pour décrire le traumatisme de la mort. En effet, les hippocampes jouent pendant la vie le rôle de l'ombilic chez le foetus, en alimentant la magnétosphère cérébrale avec les images, les sons et autres sensations, les idées et les émotions qui constituent les souvenirs du couple mémoire-conscience, qui seul devrait survivre à notre corps physique. Finalement, la mort peut être comparée à une nouvelle naissance 5 , aussi traumatisante que la première. Elle a aussi ses prématurés (morts jeunes), ses accouchements longs et difficiles (cancers généralisés, démence sénile), ses césariennes (suicides), ses péridurales (soins palliatifs), elle est parfois facile et naturelle.

Le devenir de la magnétosphère cérébrale est bien entendu dans la magnétosphère terrestre, où elle rejoindra toutes celles, innombrables, qui l'ont précédée. Attiré comme un aimant par l'immense magnétosphère terrestre, le couple mémoire-conscience de l'être humain rejoint après la castration hippocampique ce qui apparaît comme la mémoire collective de tous les êtres 6 ayant vécu sur Terre depuis l'apparition de l'archicortex hippocampique dans la phylogenèse de l'encéphale. Mémoire collective et non plus individuelle, puisque l'empreinte magnétique de la mémoire n'a plus besoin d'être reconnue par les hippocampes pour accéder à la conscience. Il n'existe donc plus de barrière d'identification entre sa mémoire personnelle et celle de son prochain.

Mémoire collective de la Terre aussi, puisque la somme de ces innombrables témoignages individuels qu'elle recueille dans sa magnétosphère permet à la planète de se “voir” depuis environ l'ère secondaire, et même de se voir de mieux en mieux grâce à la technologie humaine : “Grâce à nous elle (Gaïa) est désormais éveillée et consciente d'elle-même. Elle a vu le reflet de son beau visage à travers les yeux des astronautes et des caméras de télévision des vaisseaux spatiaux en orbite. Il ne fait aucun doute qu'elle partage nos sensations d'émerveillement et de plaisir, notre capacité à penser et à spéculer de manière consciente et notre curiosité insatiable.” Nous partageons entièrement cette analyse de James Lovelock (Lovelock 1993), nous ajouterons simplement : des astronautes “morts”. Car c'est justement là que réside la fonction de la mort ! La Terre nous fait naître d'abord pour enregistrer des informations sur elle-même dans notre mémoire magnétique, puis elle nous fait mourir pour récupérer ces informations. Notre vie et l'évolution qui a mené jusqu'à l'Homme, et même la relation fractale qui semble exister entre l'évolution géologique et l'évolution biologique, prennent alors tout leur sens. Rien n'est inutile, tout concourt à un but unique, qui nous est masqué par l'irréversibilité de la mort. Une fois morts et brusquement conscients du sens de notre vie, nous ne pouvons revenir en arrière pour en informer les vivants. Mais nous avons tout de même vu qu'un nombre considérable d'indices, révélés par l'état d'avancement des diverses disciplines scientifiques, permet de reconstituer peu à peu le dessein qui sous-tend notre existence.

La mort est tellement importante pour la nature qu'elle en a d'ailleurs verrouillé le mécanisme principal, celui des télomères à l'extrémité des chromosomes. L'introduction des télomérases, qui rétablit l'intégrité des télomères et donc évite les erreurs de transcription de l'ADN chromosomal lors des divisions cellulaires (responsables de la limite de Hayflick 7 et de la sénescence), rend bien les cellules immortelles (dont le prototype est malheureusement la cellule cancéreuse, cellule éternellement jeune et immature qui se divise indéfiniment jusqu'à étouffer l'organisme qui la porte) mais semble par conséquent favoriser l'apparition de cancers. Le gain de vie peut ainsi se révéler rapidement fatal pour l'individu qui en bénéficierait et annihiler à terme toute tentative de suppression de la mort. Le verrou paraît donc bien efficace et n'est pas prêt d'être violé : les télomères vieillissent et la télomérase cancérise ! De même pour le gène p53, dit suppresseur de tumeur, qui lorsqu'il est absent s'accompagne d'une mort prématurée par cancer mais qui, lorsqu'il est surexprimé, s'accompagne de signes de vieillissement accéléré et d'une longévité réduite. Quand bien même, resteraient encore au service de la Terre toute une panoplie de causes de décès : les maladies cardio-vasculaires, les accidents du travail et de la circulation (80 000 morts dans les accidents de la route en France en 10 ans), les incendies, les catastrophes naturelles, les suicides, les homicides, les génocides, les attentats, la guerre, les toxicomanies, le SIDA (36000 morts dans la même décade)...

La mémoire de la Terre, c'est-à-dire la somme des mémoires des êtres morts qui l'ont peuplée dans le passé, s'accompagne bien sûr d'une conscience de la Terre qui est aussi la conscience collective de la biosphère évoluée ayant vécu à sa surface. En fait, la mort peut être conçue comme un transfert d'informations de la biosphère à la magnétosphère, indispensable à l'établissement d'une conscience planétaire, qui évolue elle-même au rythme de l'évolution de la biosphère. Dans son De Magnete publié en 1600, William Gilbert, médecin de la reine Elisabeth I d'Angleterre, expliquait déjà dans une formule délicieusement intuitive que le magnétisme révélé par la boussole est “l'esprit de la Terre” ! Pierre Teilhard de Chardin (Teilhard 1955), parle lui aussi de “l'Esprit de la Terre” et sa noosphère ressemble sur bien des points à notre conception de la magnétosphère, la seule des sphères terrestres qu'il n'ait d'ailleurs pas mentionnée dans son oeuvre. Il situe la noosphère “hors et au-dessus” de la biosphère et la définit comme “une collectivité harmonisée des consciences, équivalente à une sorte de super-conscience”. La noosphère s'intègre donc très bien dans notre conception élargie de la magnétosphère terrestre, dès lors que l'on a établi le lien entre l'activité magnétique du cerveau humain et la Terre à la surface de laquelle il s'est développé, et que l'on a deviné l'existence (invisible par des procédés directs) d'une magnétosphère cérébrale non dégradable et détachable du cerveau organique.

En échange de la collectivisation de nos mémoires et de nos consciences, la Terre nous offrirait l'immortalité magnétique, c'est-à-dire la pérennisation du souvenir de ce que nous avons vécu dans notre vie corporelle pendant les 5 milliards d'années à venir, jusqu'à ce que le Soleil devienne une géante rouge et volatilise son cortège planétaire (Luminet 1997, Reeves 1988, Cassé 2000), ce qui représente tout de même l'éternité à l'échelle d'une vie humaine. Cependant, la luminosité solaire qui a déjà augmenté de 30 % en 4,6 milliards d'années, depuis la naissance du soleil à partir d'un nuage interstellaire (nébuleuse protosolaire), augmentera encore linéairement de 10 % au cours du prochain milliard d'années. Dans deux milliards d'années, bien que le soleil sera toujours dans sa “séquence principale” de combustion, l'augmentation de la température sera telle que les océans seront portés à ébullition et que la Terre ressemblera à Vénus : l'Homme sera donc mort ou envolé, bien avant que le soleil ne vire au rouge ! Ne pouvant plus fixer de nouveaux souvenirs dans la mémoire collective, la Terre entrera alors dans une phase de sénescence jusqu'à sa mort définitive.

En nous offrant l'immortalité magnétique, la Terre nous offre aussi l'accès immédiat à tous les secrets du passé de la Terre et de ses habitants, ce qui devrait satisfaire la curiosité des plus insatiables, et surtout le reportage quasiment en direct de la suite de l'histoire de l'humanité, au fur et à mesure des décès de ceux qui la vivent ou qui la font. Cette conscience planétaire pourrait se doubler aussi, pour peu que la galaxie présente d'autres planètes habitées, d'une conscience galactique en réseau et pourquoi pas, si d'autres galaxies ou amas galactiques abritaient la vie, d'une conscience universelle.

Ainsi, nous ne sommes plus “des artifices inventés par les gènes pour se reproduire” comme le prétendent froidement les néodarwiniens (Dawkins 1980), mais nous sommes là, chacun pour sa part et à son niveau, pour donner une mémoire et une conscience à la Terre qui nous a produit et nous fera mourir, et notre brève existence prend enfin le sens logique que notre intelligence et notre curiosité, parfois teintées d'angoisse, nous poussaient à rechercher.

NOTES

2 - Les circuits de Papez sont les circuits hippocampo-mamillo-thalamo-cingulaires.

3 - Ma théorie de la magnétosphère cérébrale est ou sera vérifiable expérimentalement grâce aux développements de la magnétoencéphalographie.

4 - Décrit aussi par le 7 e art dans le film de Claude Sautet ( Les choses de la vie , 1969) où Michel Piccoli revoit défiler devant lui sa vie entière à l'occasion d'un accident de voiture, qui inaugure le film.

5 – Les musulmans croient que l'âme se détache du corps quarante jours après la mort. La réalité physiologique ne serait pas aussi longue, mais le principe reste le même (détachement différé).

6 - Ce qui n'est pas sans rappeler la réponse de Jésus au Pharisien Nicodème (Jn 3 3-7) :

“En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître à nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu.” (la vie éternelle)

“Nicodème lui dit : “Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde

fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?” Jésus répondit :

“En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit.

Ne t'étonne pas si je t'ai dit : Il vous faut naître à nouveau.”

7 - Ce qui donnerait un début d'explication à Elohim, l'intriguant pluriel utilisé pour désigner Dieu dans la Bible.

8 - Limite de Hayflick : nombre maximum de divisions cellulaires, in vivo et in vitro, en rapport avec l'usure des télomères (extrémités des chromosomes) dans les lignées cellulaires somatiques, à l'exclusion des cellules sexuelles et des cellules cancéreuses (dites immortelles).

RÉFÉRENCES

Méric J.-B., Du principe anthropique à l'Homme : Introduction à la psychiatrie fractale, 2 e éd, 1999.

Moody R., La vie après la vie, Robert Laffont, 1977.

Petito C.K., Feldmann E., Pulsinelli W.A.et Plum F., “Delayed hippocampal damage in humans following cardiorespiratory arrest”, Neurology, 1987 ; 37 : 1281-1286.

Dolto F., L'image inconsciente du corps, Seuil, 1984.

Lovelock J., La Terre est un être vivant : L'hypothèse Gaïa, Flammarion, 1993.

Teilhard de Chardin P., Le phénomène humain, Seuil, 1955.

Luminet J.-P., Du Big Bang à demain, Somogy, 1997, 229-231

Reeves H., Patience dans l'azur : L'évolution cosmique, Seuil, 1988.

Cassé M., Généalogie de la matière : Retour aux sources célestes des éléments, Odile Jacob, 2000.

Dawkins R., Le gène égoïste, Marabout université, 1980.

RESUME

Nous voyons dans la deuxième partie de cet article les rapports étroits entre la mémoire autobiographique et la conscience de soi, et comment la notion de magnétosphère cérébrale peut jeter un éclairage puissant sur deux types d'agonie cérébrale : celle de la maladie d'Alzheimer et celle des expériences de mort imminente, l'une servant de modèle au ralenti et plus facilement décomposable de l'autre. La mort est ainsi comparée à une nouvelle naissance, par un transfert du panorama magnétique de notre existence dans la magnétosphère terrestre, qui contiendrait le sens caché de la vie et de son évolution sur Terre.

MOTS-CLES

Conscience de soi - mémoire autobiographique - magnétosphère cérébrale - maladie d'Alzheimer - NDE - castration hippocampique

 

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