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Quel Jésus ?

par Michael Abitbol


Je souhaiterai aborder une facette qui m'est apparue comme essentielle de la figure Yeshoua (son nom hébreu), après avoir étudié son enseignement par le biais des évangiles et du message des mystiques chrétiens. Je pense sincèrement qu'un autre regard sur son message est vital au 21ème siècle.

Longtemps, on a cru que l'enseignement de Jésus ne se résumait qu'à une morale, une éthique de vie, faite de charité et de pauvreté. Longtemps on a cru qu'il fallait imposer l'enseignement de Jésus. Longtemps on a cru qu'il était obligatoire d'avoir peur de Dieu pour l'aimer. Longtemps donc on a cru que l'amour et la crainte était nécessaire. Longtemps on a cru que l'enseignement d'un être de l'envergure de Jésus ne se résumait qu'à une foi envers un Dieu invisible, là haut dans les nuages. Longtemps on a cru qu'il n'était venu que pour qu'on soit ses suiveurs dociles. Longtemps on a cru que son enseignement n'était pas libérateur !

Est-on à même de nous ouvrir à un questionnement ?

Nous n'allons pas aborder ici l'historiographie critique, il y a d'excellents ouvrages et sites sur ce sujet, qui démontrent que l'enseignement tel que le propose les autorités cléricales n'a pas été très bien propagé, mal compris, ou tout simplement été voilé au fil des siècles. Veuillez m'excuser je n'ai rien contre les humains, je les aime, ils sont tous mes frères, peu importe leurs erreurs mais à un moment donné je pense que, par amour, on peut dire à son frère qu'il s'est écarté de la voie du cœur. Et messieurs du Vatican, je vous le dis de tout cœur, votre message aurait pu être merveilleux si vous aviez offert l'essence la plus précieuse de l'enseignement des évangiles. Mes frères et soeurs chrétiens, vous auriez pu bénéficier d'un enseignement d'une grande valeur transformatrice, libératrice, mais il n'en a pas était ainsi. Pourtant de nombreux être lumineux sont venus montrer que le chemin de la transfiguration pouvait être vécu par tous, les mystiques femmes et hommes, des pères du désert de l'Hésychasme au Padré Pio, ces êtres au cœur pur ont montré que l'enseignement christique est libérateur et qu'il est possible de connaître de manière directe le divin, de le vivre au plus profond de son cœur. J'aurais pu faire partie de votre église, j'aurais été en joie de clamer la bonne nouvelle à vos côtés, mais vous ne m'avez pas éclairé, quelque chose ne sonnait pas juste dans votre voix … J'ai pourtant croisé des regards sincères, des cœurs débordant d'amour, mais cela sont rares et quand ils furent trop mis en avant, on a finit par les traités d'hystériques, car ils connectaient quelque chose en eux qui dépassait la raison du dogme. Pauvre Padré Pio, que j'ai tant aimé et qui fut interdit de messe pendant dix ans, bafoué, et traité injustement.

Je ne suis pas chrétien, mais je me considère comme un ami de Dieu, comme un disciple même au sens libre du terme ; nous pouvons vivre en notre cœur, chaque jour cette douce phrase et y voir l'essence de la religion :

« A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. » (Jean 13 : 34-35)

Elle garde le nectar le plus pur du message christique, être circoncis de cœur c'est trouver notre fraternité dans l'amour et non dans l'appartenance à une religion ou à la soumission à un dogme ; la peur empêche toujours l'amour de fleurir, nous le savons tous au fond de nous. Nous savons tous beaucoup, nous savons que ce monde va mal, nous savons qu'il existe une voie d'unité par delà les divisions, mais nous sommes pétrifié à l'idée de changer, pourquoi ?

Je ne suis pas chrétien, mais mon chemin spirituel n'est pas seulement celui d'imiter un maître spirituel, mais bien d'aller au-delà… Comme il est dit d'ailleurs : « Celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais et il en fera de plus grandes encore.  » (Jean 14 : 12) Quand un maître authentique enseigne à son élève c'est un acte d'amour pur, le maître souhaite être un modèle parfait pour son élève mais non une idole à déifier …

L'accomplissement d'un maître est de voir ses disciples s'élever sur ses épaules et aller encore au-delà de ce qu'il a pu accomplir, de les voir réaliser pleinement un enseignement libérateur et non les enfermer dans la lettre morte d'un livre ; au début était le verbe et ce verbe est créateur, la créativité est liberté originelle…

Peut-être trouvera-t-on que je ne suis pas « les écritures », le dogme officiel à la lettre, oui il est vrai, je n'étudie pas la théologie doctrinale, j'essaye juste de vivre en esprit, vivant. Paul de Tarse n'a-t-il pas dit en son temps : « La lettre tue et l'esprit vivifie » (2 corinthiens, III – 6) ? Un texte peut-être interprété de plusieurs manières, dans une direction allant de la fermeture à l'ouverture d'esprit, en fonction du vécu intérieur de celui qui le lit. Les évangiles relatent les reproches des autorités religieuses de l'époque, envers ceux qui ne se courbent pas devant le dogme ? De tous temps n'y a-t-il pas eu que des affrontements stériles entre les tenant de la lettre et les êtres de l'esprit ? L'histoire de l'église aussi nous montre le divorce qu'il y a eu entre théologie et mystique, l'histoire des saints chrétiens nous montre que leur mode de vie ne fut pas toujours admis, voir compris par les théologiens et les ecclésiastes. Celui qui est, n'a pas besoin d'avoir, la connaissance intellectuelle est une chose, mais elle ne peut être au dessus de la connaissance du cœur, celle qui se vie au-delà de la pensée. Un cœur ouvert sur la vie n'a plus besoin de lire Dieu, il est le temple de Dieu comme le dit Saint Paul : «  Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » (Epître aux corinthiens 3 -16).

Dieu est-il à rechercher dans un temple ? Dans un livre ? Dans un mot ? Doit-on attendre sa venue en scrutant les écritures ; ou pouvons nous vivre cette parole vivante de Jésus :

«  L'arrivée du règne de Dieu ne saurait être observée, comme si l'on pouvait dire : « Voici qu'il est ici » ou bien « il est là », car voici que le règne de Dieu est au-dedans de vous. » (Luc, 17 ; 20 – 21).

Ailleurs il est écrit autrement :

« En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »
(Jean 3 - 6)

Ici encore c'est l'esprit et l'eau, l'eau étant symboliquement représenté par l'amour, ainsi c'est par le coeur et l'esprit que l'on accède au royaume de Dieu qui est au dedans de nous et non par la lettre qui assèche l'eau et contraint l'esprit.

Cette fraîcheur a été pleinement vécue par les plus grands mystiques chrétiens, en voici quelques perles de profonde sagesse qui explore la vie intérieure :

« Bien des personnes simples s'imaginent qu'elles doivent considérer Dieu comme étant là-bas et elles ici. Il n'en est pas ainsi, Dieu et moi sommes un. Dieu est plus proche de l'âme qu'elle ne l'est d'elle-même. La proximité entre Dieu et l'âme ne connaît pas de distinction, en vérité. »

[Maître Eckhart, « Sermons »]

« Où veux-tu donc aller chercher Dieu ? Ne le cherche que dans ton âme. »

[Jacob Boehme « Confessions »]

« Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, S'il ne naît en toi ton âme est solitaire. La croix du Golgotha tu contemples en vain, si toi-même en ton cœur tu ne t'élèves point. »

[Angelus Silesius]

« Une expérience ne se transmet pas ... elle se propage ... Et les Ecritures n'ont que valeur de signe ... Il faut éprouver soi même le message ...  »

[Père Henri Le Saux]


Tout enseignement authentique est universel, c'est-à-dire qu'il peut être ressentit dans le cœur de tous, peu importe la culture ou la religion. La portée de l'enseignement de Jésus a cette vocation pleine et entière. Mais un maître n'impose jamais un enseignement, il propose, il invite sans force l'être qui y ressent un appel et davantage, il ne cherche d'ailleurs même pas de disciples. Ce maître sachant que son enseignement est libérateur ne peut l'amener sous la contrainte, car ainsi tous ses enseignements auraient été dévoyés de leur but initial. Ce maître sait aussi qu'il existe d'autres maîtres, d'autres enseignements précieux et il ira ainsi à la rencontre de ces maîtres, pour ensemble échanger sur leur « vivre Dieu »

Depuis que le monde est monde des nombreux esprits lumineux sont venus aimer l'humanité, assez pour leur offrir le fruit de leur propre cheminement. Tous ces êtres de cœur font partie d'une seule et unique famille, comment pourrait t-il en être autrement, le soleil choisit t-il les regards qu'il illumine ? L'amour et la sagesse est perçu intuitivement par tous, seul l'ego s'attache à son livre, à son identité et ainsi s'exclu par peur de la différence. Chaque sage sait que d'autres l'ont précédé sur ce chemin et surtout que d'autres le précéderont et que ces autres dévoileront d'autres facettes adaptées aux époques et aux moeurs.

Dans les évangiles il est très clairement question de différents niveaux d'enseignement. Ces niveaux existent au même titre que chacun est différent et qu'à son degré d'évolution il peut saisir une vérité plutôt qu'une autre :

«  Les disciples s'approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?

Jésus leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. » (Matthieu 13 : 10-11)

Ici ce n'est pas un élitisme hautin mais une compréhension de la diversité des êtres, et le fait qu'à chaque être, il convient un enseignement en fonction de ce qu'il est prêt à intégrer sur son chemin, une pédagogie subtile et bienveillante …

Comme dans toutes traditions authentiques, l'enseignement christique authentique comporte une facette exotérique, intégrant le culte, la morale, les lois et l'éthique, et une facette ésotérique, dans le sens de compréhension intérieure du chemin. Il est grand temps aujourd'hui de mettre en avant l'aspect intérieur de l'enseignement, la réalisation intérieure du divin au-dedans de nous…

La voie des mystiques, la voie de maître Eckhart et de son union avec Dieu, son vécu à la source, direct et vivifiant. François d'Assise et son amour brûlant pour la vie, la nature et les humains de par le monde. L'enseignement christique, même voilé, a pu engendré des êtres si merveilleux, aux qualités d'être infinies. Le cœur humain reste là, pur et dynamique malgré les voiles de la peur que le dogme surajoute, alors imaginons ce que pourrait offrir comme compréhension l'enseignement christique vécu de l'intérieur …

Imaginons demain un monde constituait d'être au cœur pur tel le Padré Pio et à l'esprit clair tel que celui qu'a incarné maître Eckhart…

Il est temps, l'urgence du monde le réclame, de plus en plus d'êtres viennent et apportent un message libérateur, qu'ils viennent d'orient ou d'occident, les sagesses du monde se dénudent, se retrouvent et ressentent cette même chaleur au fond du cœur. L'enseignement intérieur de Jésus est toujours vivant, il suffit juste de mettre en place le rayonnement nécessaire à celui-ci. Tous les êtres de cœur sont une même famille, l'appartenance à une tradition ne doit pas créer les divisions. Cela n'a aucun sens, Dieu est amour et clarté, il ne souhaite pas que ses enfants se déchirent pour savoir qui est le préféré à ses yeux. Un père aimant, ne choisis pas, il aime ses enfants, sans jugement premier ou dernier …

L'innocence de cœur est une clé précieuse, elle rend libre de tous jugement. «  En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. (Jean 3 : 3)  ». Renaître de nouveau, c'est mourir à nos peurs, à nos angoisses, à notre égoïsme et renaître, purifié par le cœur et l'esprit. Le royaume de Dieu c'est la liberté, c'est l'état de l'être qu'en orient on appelle « éveillé » ou libéré vivant. La voie de Jésus est une voie d'éveil au Dieu intérieur, au royaume intérieur qui est en nous ; la transfiguration c'est l'éveil christique. Les termes changent, mais l'essence est identique, ne nommons-nous pas l'amour différemment de part le monde ? Mais qui peut dire que l'élan qui transcende le mot soit différent ? L'amour est universel, il n'appartient à aucune religion, tout comme l'eau étanche la soif de tous. Au même titre, l'amour de Dieu nourrit tous les êtres, libère de toutes les peurs, il est l'essence de toutes les traditions passées, présentes et futurs, il est la vie même …

Pourquoi ai-je appelé spécifiquement ce texte « Jésus l'éveilé »  ? On peut lire ceci dans l'évangile de Jean :

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jean 8- 32)

La recherche de la vérité anime tous chemins, toutes quêtes de sens, mais qu'est-ce que la vérité ?

Il existe une vérité temporelle qui fluctue avec les époques et qui différentes pour chacun en fonction de ce qu'il admet en lui provenant de l'extérieur. C'est précisément ce type de vérité qui est la source des conflits mondiaux, car nous cherchons une vérité absolue dans un monde relatif, soumis au changement.

Il existe une vérité intemporelle, permanente qui a toujours été, qui est et qui sera pour des siècles et des siècles. Cette vérité tous les sages l'on touché à la suite d'une profonde quête intérieure, seul celui qui débute un chemin intérieure peut un jour espérer atteindre cette vérité absolu. Mais sans quête, point de vérité, car elle ne peut être donner extérieurement, elle se recherche. L'enseignement christique n'est pas un dû, ce n'est pas non plus en ne faisant que ce conformer à des rites et des dogmes (qui sont soumis aux changements) que cette vérité libératrice peut être atteinte. Mais en travaillant à se connaître, par l'expérience directe tous comme cette phrase de Thérèse de l'enfant-Jésus : « Je comprends et je sais par expérience que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous. » (Histoire d'une âme)

La vérité absolue ne peut se vivre que par l'expérience directe, elle est une connaissance de première main que l'on vit et non que l'on ne croit pas procuration. La voie christique rejoint ainsi admirablement les autres chemins de connaissance de soi du monde et s'unifie avec Socrate quand il dit : « Connais toi, toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux » ou avec cette parole soufi : « J'ai cherchais Dieu et je me suis trouvé, je me suis cherchais et j'ai trouvé Dieu. »

La vérité se trouve au-dedans de nous, elle est le royaume des cieux qui n'est pas à attendre pour demain mais à vivre dans un présent éternel, ici et maintenant. Cette vérité libère du poids du temps, elle unifie le cœur et l'esprit.

Certains fidèles du christianisme officiel pourront, au début, s'offusquer de ces propos, je les comprends et les respecte profondément. Mais ce message ne s'oppose en rien à leur foi sincère, bien au contraire, si celui-ci les touche, alors peut-être qu'il aura éveillé une autre étape sur le chemin de l'enseignement christique et je suis en joie si cela est ainsi… Je serais davantage en joie s'ils souhaitent poursuivre le chemin, et heureux de leur indiquer la direction. Rien n'est figé, tout est en mouvement et en évolution, vivre Dieu comme un employé qui attend son salaire ne convient plus aux esprits d'aujourd'hui. Croire en Dieu tout simplement, ne les nourrit plus en profondeur, ils aspirent à connaître Dieu directement, de l'intérieur. N'est-il pas légitime pour un enfant de vouloir connaître son père, de pouvoir le regarder et de le vivre pleinement ? Tout ceci est naturel, tout ceci est beau, bon et juste et Dieu ne peut être que cette vérité ultime, l'accomplissement totale de l'être humain comme preuve de son propre accomplissement. Regardez avec quel bonheur un père regarde la réussite de son enfant, comment la source de toute vie ne puisse pas en faire davantage ?

Choisir une tradition est une merveilleuse chose, s'enfermer à l'intérieur et croire qu'elle est la seule valable, c'est renier Dieu dans ce qu'il est d'ouverture, de diversité et de tolérance infinie…

Un chemin intérieur nous amène à un vécu expérientiel, direct, que l'on peut vérifier en le pratiquant. Ainsi, le pratiquant, le vivant en soi, il s'aperçoit un jour qu'un autre, sur un autre chemin arrive lui aussi au même sommet. Je conçois le chemin vers l'absolu un peut comme une île au milieu de l'océan, ou chacun nous partons de terres diverses, avec une embarcation différente. Mais peu importe l'itinéraire, le type d'embarcation nous souhaitons tous arriver à cette île. Une fois arrivée sur l'ile l'embarcation, ici la tradition choisie, n'a plus d'utilité. Le problème est que l'ego a tendance à s'attacher à l'embarcation et en oublie la destination finale. L'humain est le même partout, il aspire partout sur le globe à réaliser l'ultime en lui et partout il existe des êtres d'amour, de paix et de sagesse. Une seule religion unit les êtres ; l'amour, la paix et la sagesse, voila la seule appartenance, le reste n'est pas indispensable, pire, l'histoire nous a tant montré que cela est même si préjudiciable…

Alors un dernier message au Vatican, aux cardinaux, prêtres ou simples moines aux cœurs purs, immergés en l'oraison : Accomplissez le cœur du message de Jésus, en ouvrant les portes du temple de l'esprit, en mettant en arrière plan le dogme et la prédication au profit infiniment bienfaiteur de la libération intérieure, du vécu à la source de vie et de joie. Enseignons ensemble au monde la grandeur de l'enseignement christique, en montrant que son enseignement permet d'ouvrir les portes, jadis présumées hâtivement impénétrables, des voies de Dieu … Il est temps !

Cessons de nous perdre dans la théologie, dans une exégèse sans vie ou l'on tente de se rassurer que notre chemin est bien le meilleur. Mais le meilleur de quoi ? De qui ?

Les chemins sont multiples et la vérité réside non dans ce qu'ils sont, mais dans la vie même qui leur permet l'éclosion d'être au cœur pur. A quoi bon continuer à fragmenter l'humanité en chrétien, en païen, en rien du tout ? A quel jeux puériles nous livrons-nous ainsi ? Si nous reconnaissons Dieu dans le regard de l'autre, si notre esprit est libéré de la peur, alors tout devient clair et limpide. Mais accéder à la liberté d'aimer ne peut fleurir que si cet amour est vécu intérieurement, et non par procuration dans les livres saints ou profanes. La foi est une chose, la connaissance directe en est une autre, la foi ne peut être une fin en soi, elle est l'amorce du chemin, mais elle est limitée, car basée en grande partie sur la peur d'être séparé de Dieu. Hors, comme l'on montré les mystiques chrétiens, il existe un chemin d'union intime avec Dieu ou l'on ne croit plus en lui, on le vit, on l'incarne et ainsi on porte en soi le temple qui est le corps, le livre saint qui est le cœur. A cœur ouvert, rien n'est impossible…

Ce chemin qui mène à la connaissance directe de Dieu existe, les mystiques l'ont indiqué depuis toujours. Aujourd'hui, il n'est plus réservé à des êtres qui ont fait vœux, mais à toutes celles et ceux qui ont pris conscience que la connaissance directe est ce dont leurs âmes demandent depuis toujours…

Ainsi, il est offert d'incarner cette parole essentielle :

« Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en Toi. » (Jean 16 – 21)

L'enseignement christique n'était pas celui de l'homme d'église, bien au contraire, il s'est élevé contre les gardiens du temple pour libérer les peuples, non pour les asservir et leur imposer une conversion dont-ils n'ont pas besoin ; tout comme à l'époque il a élevé la circoncision du cœur plutôt que celle du corps. Il n'a jamais rien imposé que d'inviter tous les êtres à vivre l'amour qu'il avait dans le cœur. Nulle part il n'est inscrit que ce chemin devait être suivi de manière absolue, il a ouvert une brèche au sein d'une époque trouble. D'autres avant lui et d'autres après lui ont ouvert et ouvrent encore aujourd'hui des brèches, pour que la lumière sans cesse rayonne sur le royaume de l'ici et maintenant. Jésus au même titre que tout être réalisé n'a jamais voulu égoïstement déclarer qu'il était le seul a pouvoir arriver à la réalisation, bien au contraire, il a montré l'exemple à suivre pour tous. Comme l'avaient fait avant lui Lao Tseu, Bouddha, Apollonius de Tyane ou Socrate, tous ces êtres on pointé un chemin intérieur, une quête. Leur volonté était de rendre libre l'humain, et non de l'écraser sous le dogme et la peur. Dieu est un processus intérieur qui se décline dans le monde par des milliers de facettes, tel un diamant d'absolu aux mille feux éclatants. La frontière entre les païens et les chrétiens est précisément ce que ne peuvent supporter les êtres de cœur, leur parole dépassent tous les clivages en ce sens Jésus s'inscrit dans la lignée de tous les éveillés et les sages. La division ne sert qu'à alimenter le besoin de domination sur un peuple que l'on prive de la vérité. La vérité a toujours été plus près de nous que notre propre souffle, au-dedans de nous, il suffit d'apprendre à … voir.

L'enseignement christique a pour but la libération de l'être et non sa soumission à l'autorité qui nous a montré que le cœur n'était pas le centre de ses préoccupations. Des organisations bien trop humaines, à qui l'on pardonne bien entendu, à quoi bon les rancoeurs. Mais juste en compensation, demander à ceux qui dirigent, d'essayer de comprendre celles et ceux qui aujourd'hui veulent vivre Dieu en toute liberté de cœur et d'esprit, avec tous les disciples de l'amour, du beau, du bon et du vrai, Amen…


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