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spiritualité laique - Unisson06

Et l'homme créa Dieu à son image
"La spiritualité authentique est une affaire de sensations plus que de croyances" [Dr Guyonnaud]

par Michael


Depuis que l'humain a perçu en sa conscience l'intuition transcendantale, il a essayé de se façonner une représentation proche de cette entité, pour mieux la comprendre. La notion de Dieu, imprégnée de la loi du plus fort qui régnait très fortement à l'époque des cro-magnons, fit naturellement rentrer en scène des dieux puissants et dominateurs. Ces dieux inspiraient crainte et respect (mais le respect s'enseigne t-il réellement par la crainte ?), alors ce fut tout d'abord parmi les éléments qui effrayaient nos ancêtres, la nature, le feu, la foudre, les bêtes féroces et d'autres symboles. Par la suite les dieux prirent des formes plus anthropomorphiques, comme les dieux de la Grèce antique par exemple, qui représentaient bien les émotions non maîtrisées de la majorité des êtres de l'époque, avec leurs querelles, guerres de territoire, jalousies et colères. Le Dieu de la bible lui aussi dépeignait bien l'état d'esprit des êtres en phase évolutive de l'époque, tentant tant bien que mal de faire sortir l'humanité de l'animalité en reniant même cette origine animale. Dans les évangiles par exemple on perçoit un Dieu moins courroucé, qui semble avoir quelque peu évolué en même temps que ses enfants. Le Professeur Leuba d'ajouter : « Il ne faut pas dire que l'on connaît Dieu ou qu'on le comprend, il faut dire que l'on s'en sert tantôt comme d'un nourricier, tantôt comme d'un protecteur, tantôt comme d'un ami, tantôt comme d'un objet d'amour. » On peut aussi penser que les degrés d'évolution et d'ouverture des voies religieuses et spirituelles du monde soient le reflet des différents types d'humains qui existe. Certains sont on un seuil de douleur plus bas que d'autres, certains se laissent abattre au moindre souci, d'autre reste joyeux malgré l'infamie. Il me parait évident que ces deux catégories de personnes ont besoin d'une religion différente, voici aussi pourquoi les mystiques authentiques des religions furent si peu nombreux. Car de tels hommes possédant une compréhension si ouverte et joyeuse sur le divin étaient (et sont encore) en minorité. L'effet de masse a de triste répercussion sur l'avancé des humains, s'éloigner du troupeau fait encore peur.

On garde toujours en occident en tous cas cette notion de Dieu, le père, logique, puisque c'est à cet archétype du père que l'enfant apprend l'autorité et donc la crainte. Freud disait à propos de la religion  :  « La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l'humanité, comme celle de l'enfant, elle dérive du Complexe d'Œdipe, des rapports de l'enfant au père. D'après ces conceptions, on peut prévoir que l'abandon de la religion aura lieu avec la fatale inexorabilité d'un processus de croissance et que nous nous trouvons, à l'heure présente (ndl : déjà à son époque) justement dans cette phase de l'évolution. » . J'aimerai aussi vous faire partager cette extrait du livre du docteur Guyonnaud sur la psychothérapie transpersonnelle concernant justement ce rapport au père dans les religions : «On pourrait de même admettre que l'Humanité dans son ensemble, passe au cour de son évolution, par des états analogue aux névroses. Aux époques d'ignorance et de faiblesse intellectuelle qu'elle a d'abord traversées, l'Humanité ne pouvait réaliser les renoncements aux instincts indispensables à la vie en commun des hommes, qu'en vertu de forces purement affectives. »   Voici pourquoi les dieux des monothéismes représentaient un standard de société bien précis, on trouve des sociétés matriarcales en Inde et en Australie, où les sociétés sont élaborées de manière différente.

Il nous est ainsi possible de considérer l'humanité comme un être en croissance, symbolisé par les grands stades évolutifs de l'humain tout au long de son existence. Chaque période de l'humanité ainsi que chaque outils de compréhension du monde étant assimilables aux expériences de maturation de l'humain, de l'enfance à l'âge adulte :

Enfance :
- Superstition >> refus du principe de réalité
- Religiosité exotérique (dogmes, punition/récompense) >> complexe d'Oedipe
- Dualité bien et mal >> objet d'amour, objet de haine

Adolescence :
- Athéisme >> révolte contre l'autorité parentale et principalement du père (Dieu le père)
- Matérialisme scientifique >> besoin d'affirmation de soi par sa propre expérimentation du réel

Adulte :
- Spiritualité non-dualiste >> reconnaissance de l'apport parental (religion) et de son apport personnel (science)
- Philosophie universaliste >> compréhension de l'unité des problèmes humains et des besoins d'épanouissements

Pour reprendre ce proverbe Zen, « mille hommes, mille vérités » je dirai que l'humain depuis la nuit de temps tente de comprendre ce qui le dépasse et n'ayant pas eu toujours les clés nécessaires pour une approche directe du divin, s'est perdu dans des représentations subjectives. Encore un proverbe Zen : « La vérité demeure non manifestée » ce qui signifie que la vérité ne peut être enfermée dans des concepts, des imageries aussi belles soient t'elles. Car forcément ces symboles et concepts seront remis en question et épurés au fil de l'évolution humaine et cela générera encore et encore des conflits. La subjectivité du symbole, son élaboration prend place dans un contexte social propre à chaque ethnie, en rapport avec leurs environnements, il est évident que ces symboles sont différents. Les conflits politico-religieux en sont un bien triste exemple, au nom de cette subjectivité on tue le frère qui lui est objectivement vivant. Mais tous expriment ce même besoin inaliénable de l'humain à s'élever vers une compréhension toujours plus subtile du divin qui réside en lui. Je pense qu'il est important de ne plus tenir d'importance à des outils qui causent des conflits entre humains, stopper net ces jeux de mains, remercier ces outils de compréhensions pour l'évolution qu'ils ont permis, mais les ranger dans le coffre à jouet pour enfin passer à l'âge adulte.


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