*L'évangile de Thomas dévoilé - Dix-huitième - unisson06
spiritualité laique - Unisson06

L'évangile de Thomas dévoilé
[Dix-huitième partie]

par Pierre Mestdagh


 

78

a dit jésus

pourquoi êtes-vous sortis vers la campagne

pour voir un roseau agité par le vent

et pour voir un homme paré de vêtements délicats

là sont vos rois et vos supérieurs

ceux-ci portent des vêtements délicats

et ils ne pourront pas connaître la vérité

Mt 11. 7-10 - Lc 7. 24-27

D'où vient le roseau et d'où le vent qui l'agite ? Ils témoignent d'une vie pure, spontanée et naturelle. La connaissance de la nature et de ses lois est une opportunité pour relativiser tout prétentieux pouvoir humain. Chaque expression naturelle répond en effet à une loi absolue d'harmonie. Dans la reconnaissance d'un lien permanent, unissant toute expression relative à sa source absolue, réside la conscience religieuse universelle .

Notre attention se porte hélas bien plus aisément vers un spectacle artificiel présenté par de hauts dignitaires parés de vêtements délicats . Ce n'est pourtant pas auprès de ces gens là, détenteurs de savoir et de pouvoir, que nous découvrirons la sagesse véritable… L'enseignement que nous donne la nature est bien plus précieux qu'un cortège de professeurs ou de cardinaux…

La mention de rois nous pose un problème… Le fait qu'il s'agisse ici d'un pluriel suppose un usage malpropre du mot. Car un roi est unique… et n'est pas à confondre avec des supérieurs ordinaires…

 

79

une femme dans la foule lui dit

heureux le ventre qui t'a porté et les seins qui t'ont nourri

il lui dit

heureux sont ceux qui ont entendu la parole du père

et qui l'ont gardée en vérité

car il y aura des jours où vous direz

heureux le ventre qui n'a pas conçu

et les seins qui n'ont pas allaité

Lc 11. 27-28 et 23. 29

Ainsi que Paul nous en donna un témoignage explicite, l'espoir d'un avènement divin libérateur était solidement ancré dans l'esprit des juifs. L'histoire du peuple «élu par Jaweh» est marquée par de nombreuses dominations étrangères. Un jour viendrait pourtant où l'autorité divine serait rétablie. Mais avant que cela puisse se faire la venue d'un Messie était nécessaire. Ceux, qui jadis furent reconnus comme tel, n'ont pu mener leur tâche à bien. Peut-être cette femme a-t-elle reconnu en Jésus un prophète illuminé ou même le Messie tant attendu… Hélas, il ne peut que la désabuser. Ils ne se trouvent pas sur la même longueur d'onde…

L'avènement libérateur qu'espèrent les juifs n'est qu'un rêve. Comme n'est qu'illusion l'alliance qu'ils croient avoir avec leur Dieu. Il n'est pas évident de remettre en question des convictions aussi profondément enracinées dans les esprits et qui détiennent en plus une réponse à des angoisses existentielles. Ce constat est valable tant pour l'homme moderne, que pour les contemporains de Jésus. La réalité représentée dans l'image d'un royaume est bien réelle, mais elle ne correspond pas à l'attente juive. L'avènement du royaume n'est pas le happening, tel qu'il fut conçu dans la Bible hébraïque et reconnu par Paul,mais une réalité intérieure , qui ne peut se révéler qu'au terme d'un cheminement intérieur. En cela consiste la parole du Père , que Jésus tente d'exprimer. Seulement voilà : ils ne l'écoutent pas. Il ne peut que constater la confusion et tenter de les préserver d'une attente illusoire et d'alléluias présomptueux…

Toujours la loi de karma accomplira sa tâche et fustigera les erreurs humaines, faisant des victimes parmi coupables et innocents. Ceci peut nous paraître contraire à tout sentiment de justice, contraire aussi à l'image d'une l'infinie bonté divine… Pour des images l'homme seul est responsable. La loi est ce qu'elle est : imperturbable et impitoyable…

 

80 voir le logion 56

81

a dit jésus

celui qui s'est fait important qu'il se fasse roi

et celui qui exerce un pouvoir qu'il renonce

110

a dit jésus

celui qui a trouvé le monde et s'est fait important

qu'il renonce au monde

Autorité et pouvoir sont deux notions distinctes, qui dans notre société et probablement depuis que l'homme est apparu sur terre, sont très aisément confondues. Le fruit naturel de toute connaissance est autorité. Dans l'histoire biblique elle fut symbolisée par le fruit de l'arbre de la connaissance, dont Adam s'est accaparé. Une autorité repose sur une connaissance mise au service et donc libératrice pour autrui. Quiconque exerce un pouvoir ne met pas sa connaissance au service d'autrui , mais sert soi-même afin de se faire important. Tout exercice de pouvoir restreint la liberté d'autrui.

Cette confusion fut fatale à ceux qui se sont considérés comme les héritiers des disciples. Depuis que l'empereur romain Constantin fit, au quatrième siècle, de la croyance chrétienne religion d'état, l'autorité religieuse et le pouvoir politique, Dieu et César, se sont épousés. Jamais une telle alliance contre nature n'eût pu être conçue… surtout pas au nom de Jésus, le serviteur, qui jamais ne s'est rallié aux puissants mais a toujours pris partie pour les plus faibles… En Jésus est en effet personnifié le témoignage que jamais une connaissance religieuse ne pourrait engendrer quelqu'exercice de pouvoir que ce soit…

Chaque croyance se fonde sur une prétendue connaissance du divin, qui fut concrétisée dans des commandements et des interdits. Ceux-ci furent présentés comme étant d'origine divine et donc irrévocables. Cette connaissance n'a pas été mise au service de l'homme, pour lui elle n'était pas libératrice mais contraignante : autorité est devenue pouvoir… Renoncer à toute implication dans un exercice de pouvoir est le message évident qui nous est présenté dans ces deux logia. Car quiconque participe à un pouvoir subit la loi du lion. L'histoire de l'Église de Rome illustre bien toutes les conséquences que peuvent engendrer aussi bien la confusion entre autorité et pouvoir que le désir de s'octroyer un pouvoir…

Du logion 81 est à déduire que le titre de roi n'est pas à confondre avec un exercice de pouvoir ! L'autorité royale engendre elle aussi une responsabilité au service des autres. La confusion entre autorité et pouvoir trouve son origine dans la conscience individuelle et appartient donc à la responsabilité de chaque être. Lorsque, victime de perturbations, la conscience se trouble, le moi se fait orgueilleux et s'accorde un pouvoir, il s'engage dans une voie fatale illustrée par l'histoire du péché originel. Adam - l'homme - s'est accaparé du fruit de l'arbre de la connaissance et s'est ainsi octroyé un pouvoir dirigeant dans la création. Il a confondu être et avoir, donner et prendre… Le geste d'Adam n'était pas donnant mais prenant… Inexorablement ce geste fut sanctionné par la loi de karma .

Toujours son orgueil est nôtre… Toujours, et nonobstant la croix, une lucidité rédemptrice nous fait défaut… La prise de conscience des conséquences dévastatrices de l'orgueil humain, qui a usurpé tant d'un savoir que d'un pouvoir illicite, est déterminante dans le choix de notre réponse à l'invitation de Jésus dans cet évangile.

 

82

a dit jésus

celui qui est près de moi est près de la flamme

et celui qui est éloigné de moi est éloigné du royaume

Origines - homilia in Jeremiam 20.3 : j'ai lu quelque part que le Sauveur a dit - je me demande si on a mis ces mots dans la bouche du Sauveur ou si on l'a cité de mémoire ou bien encore si ce qu'on dit est vrai - en tout cas voici ce que le Sauveur dit en ce passage : celui qui est près de moi est près du feu, celui qui est loin de moi est loin du royaume.

Hors mis le soleil et la lune, une flamme représentait alors l'unique source de lumière. La source de la lumière véritable Jésus l'a reconnue à l'intérieure de lui-même. Qui est près de lui est donc près de la source. Il est évident que cette proximité n'est pas physique mais spirituelle ! L'expérience d'un lien spirituel ne repose ni dans le temps ni dans l'espace. Celle ou celui qui s'est élevé à l'état de conscience de Jésus, transcende temps et espace et est unifié à lui dans la royauté du Père.

 

83

a dit jésus

des images apparaissent à l'homme

et la lumière qui est en elles est cachée

dans l'image de la lumière du père elle se dévoilera

et son image sera cachée par sa lumière

Cette parole nous invite à une réflexion peu commune ! Le symbolisme de la lumière était déjà présente au logion 50. La lumière est source de visibilité, bien qu'elle-même soit invisible… En effet, la nuit nous voyons la lumière de la lune au milieu des ténèbres. Nous savons pourtant que la lune n'est pas un astre, qu'elle n'est pas une source de lumière. Elle réfléchit la lumière du soleil, qui est donc bien présente là où nous ne voyons que ténèbres… De même une projection cinématographique ne peut se passer d'un écran, dont la matière rend visible les images portées par la lumière. Dans une union harmonieuse avec la matière la lumière est servante , afin de nous révéler les images qu'elle porte en elle.

La lumière du Père est d'une nature différente. Elle est la lumière intérieure, qui inspire à une connaissance ou une vision nouvelle, à un engagement plus conforme à notre finalité. Reçue par l'écran de notre conscience elle est appelée pneuma , Esprit, «le souffle» du Père. Par elle, et uniquement par elle, la réalité proposée par l'entremise de l'image d'un père peut se révéler en nous. La révélation de la présence d'une réalité intérieure absolue ne peut toutefois être confondue avec l'impossible connaissance de cette réalité…

Imaginez un instant un bel après-midi d'été, inondé de lumière. Dans l'image de la lumière nous est révélée sa source : le soleil. Mais le soleil lui-même nous est caché… par sa lumière ! Ainsi toujours l'image du Père nous sera cachée par sa lumière … Aucun être ne peut se prévaloir d'une connaissance du Père, il ne peut être qu'ébloui … Théologien, où est ton deuil…?

 

84

a dit jésus

les jours où vous voyez votre ressemblance vous êtes réjouis

mais lorsque vous verrez vos images

qui étaient avant vous au début

qui ne meurent ni se manifestent

combien supporterez-vous

Dans les images, que nous percevons de nous-mêmes, par l'entremise du miroir que d'autres nous proposent, nous distinguons notre moi. Ces images peuvent nous flatter ou nous décevoir… Elles sont pourtant déterminantes pour l'image que nous concevons de nous-mêmes. Quelque puisse être l'importance de «l'image de soi», toujours cette image sera fondée sur des valeurs relatives et donc éphémères. Si nous voulons voir notre image véritable, qui se cache derrière l'image de soi, il est nécessaire de transcender les valeurs relatives. Car le «soi véritable», dont le moi n'est que l'expression visible et temporelle, réside dans la lumière intérieure qui est invisible et intemporelle. C'est la raison pour laquelle le «soi véritable» est invulnérable… (voir le logion 67) Dans ce «soi» chaque être est de manière égale unifié à l'Être absolu.

 

85

a dit jésus

adam est issu d'une grande puissance et d'une grande richesse

et il n'a pas été digne de vous

car s'il eût été digne il n'aurait pas goûté la mort

L'histoire du péché originel fait partie de la culture juive. Reste pourtant la question de savoir comment ce récit biblique fut perçu…? Le geste d'Adam est-il considéré comme un péché unique d'un homme, pour lequel Dieu a puni l'humanité entière, ou s'agit-il d'un conte symbolique fustigeant l'état d'esprit orgueilleux de l'être humain qui, reniant l'autorité du Créateur, s'est accordé à lui-même un pouvoir illicite ?

La loi d'harmonie, qui préside à toute expression de la vie dans son infinie diversité, appartient au supérieur. De cette loi aucun homme ne peut s'octroyer l'autorité. Toute usurpation est geste d'orgueil. Poussé par son savoir prétentieux l'homme s'est séparé d'une autorité absolue - une grande puissance et une grande richesse - dont la loi d'harmonie est l'expression.

Toujours nous sommes l'Adam, car orgueilleusement nous nous accordons toujours un savoir et un pouvoir illicite. Depuis Abraham et jusqu'à aujourd'hui des hommes s'imaginent être les interprètes d'une «volonté divine». Toujours des hommes abusent d'une prétendue connaissance du divin afin d'imposer un pouvoir à d'autres. Il est illusoire de croire que la croix a libéré l'humanité de ce «péché originel» ! Une prise de conscience de notre orgueil, qui toujours nous isole de la source unique dont est issu Adam , est la condition première à une reconnaissance de notre finalité et à un engagement dans la voie libératrice d'une véritable connaissance de soi.

L'expression : il n'a pas été digne de vous peut susciter la présomption que Jésus considère ses disciples comme des êtres quasiment parfaits. Cet évangile nous enseigne pourtant bien souvent le contraire… Il est probable qu'il fait ici allusion à l'image dont il est question au logion précédent : le potentiel absolu présent dans chaque être.

 

86

a dit jésus

les renards ont leur tanière et les oiseaux ont leur nid

mais le fils de l'homme n'a pas d'endroit

où incliner sa tête et se reposer

Mt 8. 19-20 - Lc 9. 17-18

La nature est la matrice biologique d'où sont issus l'animal et l'homme. Elle est aussi la terre nourricière qui nous permet un développement libre et harmonieux. Elle est en plus une mère pleine de sagesse, qui nous enseigne les valeurs de l'harmonie, tantôt généreuse tantôt péniblement sévère. Car la loi, qui préside à son expression, est aussi celle qui dirige toutes les cellules de notre corps. Seulement, l'expression de cette loi engendre à l'intérieur de l'homme un tel raffinement de son cerveau, qu'il se considère comme étant supérieur à la nature. En une certaine mesure il est en effet capable de subordonner la nature, de domestiquer des animaux. Mais ici aussi l'orgueil de l'Adam a sévi !

L'homme ne peut impunément manier la nature, la maltraiter pour en tirer un profit. Car elle n'est qu'un prêt, dont rien ne lui appartient, ni tanière , ni nid , ni quelqu' endroit que ce soit. Ici également la loi de karma est de rigueur et pour chaque abus nous est présentée une note de frais… Trop souvent hélas nous préférons ignorer les nombreux avertissements que la nature nous adresse. La nécessité de vivre en harmonie avec la nature est pourtant un souci tellement plus concret que la reconnaissance d'une source d'harmonie, aussi bien dans la nature qu'à l'intérieur de nous-mêmes. Seulement voilà, aussi longtemps que notre harmonie intérieure sera défectueuse, une harmonie avec notre environnement naturel restera problématique !

 

87

a dit jésus

misérable est le corps qui dépend d'un corps

et misérable est le moi intérieur (psychè) qui dépend de ces deux

Dans le logion précédent nous étions confrontés à la relation qui nous unit à notre environnement naturel. Ici nous sommes confrontés à notre dépendance par rapport au corporel. Comme la nature est un prêt mis à notre disposition, afin de nous permettre un développement harmonieux, notre corps est lui aussi un prêt qui nous est confié individuellement. Il est l'outil par lequel notre moi peut se manifester en une expression personnelle. Comme la nature, notre corps sert lui aussi, afin de nous révéler la loi d'harmonie, par laquelle s'exprime l'Être absolu.

Mais, depuis que l'homme a substitué son propre savoir à la loi d'harmonie, la société humaine porte la marque non plus d'une harmonie mais d'une dépendance . Des liens horizontaux et donc superficiels sont devenus tellement plus importants que cet unique lien intérieur, qui constitue la racine véritable de toute vie relative. Dépendance signifie manque de liberté et engendre esclavage, rapport de forces et confrontations. En se séparant de sa source, en reniant sa loi, le moi serviteur fit place au moi dominateur.

L'équilibre à l'intérieur de l'homme en subit les conséquences. L'unité du corporel et du psychique devint disharmonieuse, son intelligence se troubla. Un savoir imaginaire remplaça une connaissance pure. Ainsi le «moi» est devenu dépendant du corps comme le corps est devenu dépendant du «moi». Des corps sont devenus dépendants d'autres corps et de cette dépendance des «moi» sont devenus les victimes. L'inspiration, qui à l'origine guidait un équilibre harmonieux, ne pouvait plus se manifester…

Toute dépendance corporelle engendre des désirs égocentriques. Tant que ces désirs-là déterminent le choix de nos actions, nous demeurons dans une vulnérabilité qui rend délicate toute tentative de relation harmonieuse. Nos attentes ne sont plus réalistes, parce que nos désirs ne répondent plus aux normes d'harmonie. Aussi bien un savoir que l'amour n'ont de valeur que lorsqu'ils se donnent. La faculté de donner harmonieusement est mis à notre disposition par une source inspiratrice. La condition essentielle pour vivre en harmonie toute relation humaine consiste donc à fixer solidement nos racines dans cette source absolue. « Les hommes manquent de racines, ça les gène beaucoup » (Le petit Prince XVIII)

Dans la loi d'harmonie règnent unité et serviabilité. Ceci concerne aussi bien l'esprit, le psychisme que le corps. Si nous voulons évoluer vers un idéal d'harmonie, nous devons renoncer à toute forme de dépendance . Ceci ne signifie toutefois pas que nous devons, selon la parole de Paul, renoncer à tout ce qui fait partie du monde «de la chair et du sang» ! Comme la lumière ne peut exprimer sa visibilité que dans une union harmonieuse avec la matière, ainsi «la chair» demeurera toujours le substrat par lequel s'exprime l'Esprit. L'harmonie physique, appelée sexualité, dans laquelle deux corps peuvent s'unir, appartient elle aussi à l'expression de Sa loi… En cette loi point de place pour une dépendance , seulement pour une union harmonieuse ...

 

88

a dit jésus

des anges viennent vers vous et des prophètes

et ce qui est à vous ils vous le donneront

et vous-mêmes donnez leur ce qui est dans votre main

dites-vous quel jour viendront-ils

et recevront-ils ce qui est leur

Voici sans doute le logion le plus cryptique de cet évangile. Sincèrement, le sens de cette projection futuriste nous échappe… Le rôle dévolu aux anges et aux prophètes nous semble pour le moins suspect, surtout lorsqu'on connaît l'opinion de Jésus concernant les prophètes. (voir le logion 52) En plus il s'agit ici de l'unique mention d'anges faite par Jésus dans cet évangile. Les verbes donner et recevoir nous font soupçonner un négoce suspect dans lequel seraient compromis anges et prophètes… Ne s'agirait-il pas là d'une émanation de l'ancien ou d'une gnose mal comprise… ?

L'impression dominante à la lecture de ce logion est la suspicion d'une manipulation, d'une variante fantaisiste du logion 41, mise dans la bouche de Jésus. Dans les évangiles canoniques de telles manipulations sont hélas trop souvent présentes. Certains vont même jusqu'à prétendre qu'elles y sont plus nombreuses que les paroles authentiques de Jésus… Dans cet évangile un problème analogue est de mise au logion 114. « Être passant» nous semble ici l'attitude la plus indiquée…

 

89

a dit jésus

pourquoi lavez-vous l'extérieur de la coupe

ne comprenez-vous pas que celui qui a créé l'intérieur

et aussi celui qui a créé l'extérieur

Mt 23. 25 - Lc 11. 37-40

La formulation faite par Luc au verset 11. 40 nous semble plus logique : celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ? Cette possible inversion n'a pourtant pas de conséquences interprétatives.

Une fois de plus il s'agit de la relation entre l'intérieur et l'extérieur, le supérieur et l'inférieur. Le serviteur se doit de servir comme sert une coupe. L'importance d'une coupe est déterminée par son contenu, par l'intérieur. Mais l'intérieur ne peut servir qu'à la condition qu'il soit propre donc vide . En plus : il n'y a pas d'intérieur sans extérieur… Une attention portée vers l'extérieur n'est pas réprimandable, mais n'a de sens qu'en fonction d'un service commun : l'extérieur sert l'intérieur comme l'intérieur sert l'eau de la source.

 

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