*Namkhaï Norbu Rinpoché - unisson06
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Namkhaï Norbu Rinpoché


Né à Derghe (Tibet oriental) en 1938, Chögyal Namkhai Norbu fut reconnu à sa naissance comme la réincarnation d'un célèbre maître de la tradition Dzogchen. Vers la fin des années cinquante, il était déjà considéré, en dépit de son jeune âge, comme un profond connaisseur de la culture tibétaine, du Dzogchen, et comme un grand maître spirituel. En Inde et au Tibet, sa renommée eut une telle résonance qu'en 1960 elle parvint au professeur Giuseppe Tucci, éminent universitaire italien (fondateur de l'Ismeo, l'un des principaux instituts d'études orientales italiens, aujourd'hui IsIAO, Institut pour l'Afrique et l'Orient). Celui-ci l'invita à Rome pour collaborer à ses recherches. C'est ainsi que Chögyal Namkhai Norbu arriva en Italie, où il commença à contribuer activement à la naissance des études tibétaines en Occident.  En 1963 on lui demanda d'enseigner la langue et la littérature tibétaines à l'Institut universitaire oriental de Naples, où il a travaillé jusqu'en 1992, en axant particulièrement ses recherches sur l'étude de l'histoire antique du Tibet. Ses travaux révèlent une profonde connaissance de la civilisation tibétaine et sont destinés principalement aux jeunes Tibétains, afin que vive en eux la connaissance de l'ancien patrimoine culturel de leur pays. Pour eux, ceux qui vivent dans la région autonome de la République populaire chinoise comme ceux qui ont été contraints à l'exil, ces recherches et ces publications sont une référence importante dans l'héritage culturel du Tibet et dans son identité nationale. Le retentissement international de ses études a amené Chögyal Namkhai Norbu à développer une activité intense de diffusion, lors de conférences et de séminaires dans les centres majeurs de la recherche universitaire orientaliste mondiale.  Au milieu des années 1970, Chögyal Namkhai Norbu a commencé à enseigner le yoga et la méditation Dzogchen à quelques élèves italiens. L'intérêt croissant suscité par ces enseignements l'a convaincu de s'impliquer toujours plus dans cette activité. Avec quelques disciples il a fondé la première Communauté Dzogchen à Arcidosso, en Toscane, et depuis d'autres centres ont suivi en Europe, en Russie, aux États Unis, en Amérique du Sud et en Australie.

(Source : http://association.dzogchen.free.fr/ )

Quelques textes de Namkhai Norbu

Sur la nature de l'esprit

"Dans le dzogchen, on établit une distinction claire, nette et essentielle entre la nature de l'esprit et l'esprit, à savoir, les processus de nos pensées, le flux incessant des concepts discursifs nous occupent constamment.
Si la nature de l'esprit est comparable à un miroir poli avec la plus haute finition, les pensées, les émotions, les impulsions, les impressions et les sensations individuelles ne sont que des reflets qui apparaissent dans ce miroir. Ce que le mot tibétain rig-pa – qui peut se traduire par « conscience en tant que telle », ou encore par « présence pure» - désigne est comparable à la puissance inhérente au miroir de renvoyer l'image de tout ce qui est placé devant lui, les choses belles ou laides indifféremment. Le contraire de rig-pa, « conscience et présence», est ma-rig-pa, « ignorance», ou baisse de conscience.
Lorsque nous sommes présents et conscients, nous avons le même statut, pour ainsi dire, que le miroir, alors que dans l'ignorance nous subissons le statut des reflets, nous nous trouvons dans la condition de ces reflets qui pensent que tout ce qui apparaît est substantiel et vrai. Avec la conscience en tant que telle, nous existons dans la condition de l'éveil; avec l'ignorance, nous nous retrouvons pris dans le cercle de la transmigration. L'état primordial ne désigne rien d'autre que la nature de l'esprit, telle quelle, laquelle transcende le temps et l'existence conditionnée.

Dans le dzogchen, on estime que la « vue» est encore plus importante que la méditation. La vue désigne la façon de voir, ou d'envisager les choses, et « comprendre» ne se rapporte pas ici à la seule compréhension intellectuelle, ni aux connaissances dispensées à l'école ou dans les livres, mais à l'expérience effective de l'accès à la connaissance de la vue."

* Namkhaï Norbu _ Le cycle du jour et de la nuit – L'essence du Dzogchen _ Ed JC Lattès _ 1998

Sur le Bardo

Littéralement, « état intermédiaire ». Ils sont au nombre de six. Le premier est le bardo de l'état de veille ordinaire ( kye ne bardo en tibétain). C'est l'expérience de la réalité éveillée et consciente telle que nous la connaissons. Le deuxième est le bardo de l'état de rêve ( milam bardo en tibétain). C'est l'expérience du temps de rêve dans le sommeil. Le troisième, le bardo de la méditation ( samtem bardo en tibétain) comprend l'expérience de la méditation dans son ensemble, depuis la méditation du novice jusqu'à la réalisation totale. Le quatrième, le bardo du processus de la mort ( chilkai bardo en tibétain), est le processus durant lequel les cinq éléments dont notre corps est constitué (l'espace, l'air, l'eau, le feu et la terre) se dissolvent l'un dans l'autre. Selon le Livre Tibétain des Morts , c'est d'abord l'élément terre, de couleur jaune, qui se dissout dans l'élément eau. Simultanément, le mourant perçoit une couleur jaune et se sent faible et incapable de se tenir debout, comme si tout ce qui l'entoure se désagrégeait. Deuxièmement, l'élément eau se dissout dans l'élément feu. Intérieurement, le mourant perçoit la couleur blanche et, extérieurement, il lui semble que ce qui l'entoure est inondé. À ce moment-là, le visage et la gorge semblent desséchés et l'on éprouve une très grande soif. Troisièmement, l'élément feu se dissout dans l'élément air. Intérieurement, la personne perçoit la couleur rouge tandis qu'extérieurement, ce qui l'entoure lui semble très chaud. La personne peut éprouver une sensation de brûlure tandis que la chaleur du corps se dissipe. Quatrièmement, l'élément air se dissout dans l'élément espace ou éther. Intérieurement, le mourant perçoit la couleur verte et extérieurement, il lui semble qu'un vent furieux et un tonnerre fracassant détruisent ce qui l'entoure. Au cinquième stage, l'éther se dissout dans la conscience, l'obscurité remplace les phénomènes et la personne perd momentanément conscience, comme lors d'un évanouissement.

Le cinquième bardo ( chonyid bardo en tibétain), le bardo de la réalité, entraîne la manifestation d'apparitions et d'expériences semblables à des hallucinations, en conséquence des propensions karmiques d'une personne. Par le recours à la conscience de méditation, l'individu a une opportunité de reconnaître la nature véritable, illusoire de ces images. Ces hallucinations sont de nature analogue aux images des rêves. C'est pourquoi la capacité de rêve lucide peut être utile pour les percevoir en tant qu'illusion. Selon le Livre Tibétain des Morts , une expérience d'éveil est possible si nous pouvons garder à l'esprit que les expériences terrifiantes ne sont rien de plus que les manifestations de notre propre esprit.

Le sixième bardo ( sipa bardo en tibétain), le bardo de la quête d'une renaissance dans le samsâra, correspond à la perspective du bouddhisme tibétain sur la réincarnation. Le sipa bardo décrit en détail le processus qui amènera un individu à renaître, selon son karma, dans un des six mondes (le monde des dieux, des demi-dieux, le monde humain, animal, des esprits affamés, et le monde infernal). Dans un parallèle intéressant avec la théorie psychanalytique, la tradition du bouddhiste tibétain affirme que l'individu, tandis qu'il se trouve encore dans un corps mental, éprouvera une attirance sexuelle pour le parent du sexe opposé et de l'aversion envers le parent du même sexe. En fait, selon la philosophie du bouddhisme tibétain, tout ce que l'être désincarné perçoit de ses futurs parents sont leurs organes sexuels. C'est peut-être la base la plus fondamentale de ce que nous appelons le complexe d'Œdipe.

Extraits de "Le yoga du rêve"

 

Quelques anecdotes sur Namkhai Norbu

 •  Le Dzogchen, la communauté qu'il représente, même si elle est basée au Tibet n'a que peu de choses à voir avec le bouddhisme. Selon Namkhai Norbu, le Dzogchen est le plus éloigné de toute idée de religion… Le plus étonnant est que d'après ses écrits, son enseignement ne serait pas issu de notre système solaire !

•  Il est l'un des rares Rinpoche à avoir gardé le prénom que lui ont donné ses parents.

•  D'après certaines recherches, Namkhai Norbu ferait partie des Warriors of Shamballa ! voir ce site (en anglais) pour plus d'infos :

http://www.geocities.com/okar_review/