*Les Upanishad - unisson06
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Les Upanishad


L'étymologie du mot est : upa - ni - shad, être assis aux pieds du Maître et recevoir son enseignement. L'enseignement donné au disciple est un enseignement ésotérique très profond, le disciple doit mériter sa place près du maître. Il doit être attentif aux paroles du maître, étudier assidûment les Upanishad et percer les secrets qu'elles renferment. Les Upanishad sont les écrits privilégiés par la tradition philosophique de l'Advaita Vedanta, la non-dualité. Bien entendu les écrits ici sont des extraits qu'il faut premièrement replacer dans leurs contextes culturels et historiques. Puis deuxièmement, ne pas les prendre aux mots, tenter de comprendre au-delà du sens premier, les signes et métaphores qui y résident.


Isha
Isavasya
Upanishad


1. Tout ce qui existe en ce monde doit être enveloppé par la pensée de Dieu. En renonçant au monde, tu sauveras ton âme. Ne convoite pas les richesses d'autrui.
2. En accomplissant des oeuvres sacrées, qu'un homme désire vivre cent ans. Si tu formes ce désir, ô homme, il n'est pas d'autre manière de t'exempter de la souillure de tes oeuvres.
3. Tous ceux qui sont les meurtriers de leurs âmes vont en quittant ce monde, dans des mondes sans dieux, couverts d'épaisses ténèbres.
4. L'âme ne se meut pas; elle est plus rapide que l'esprit; les dieux ne l'ont pas saisie; elle était partie avant. Quelle que soit la rapidité avec laquelle courent les autres dieux, elle les devance; c'est dans elle que le maître de l'atmosphère soutient les actions vitales.
5. Il se meut et il ne se meut pas, il est près et il est loin, il est en toutes choses et hors de toutes choses.
6. Quiconque voit tous les êtres en l'âme seule et l'âme de tous les êtres n'abaisse pas ses regards.
7. Lorsqu'un homme sait que tous les êtres sont l'âme même, lorsqu'il voit l'unité de l'âme, alors il n'y a pas d'illusion, pas de regrets.
8. Il est répandu partout, brillant et sans corps, invulnérable, sans muscles, pur et exempt de la souillure du péché; il est le souverain de l'esprit, au-dessus de tous les êtres, existant par lui-même et d'une sagesse infinie. Il a distribué les choses, selon leur nature, pour des années éternelles.
9. Ceux qui adorent l'ignorance entrent dans une sombre obscurité, ceux qui sont dévoués à la science dans une obscurité encore plus grande.
10. Ils disent: "Différent est l'effet de l'ignorance, différent l'effet de la science"; c'est ce que nous avons appris des sages qui nous ont expliqué ces deux choses.
11. Quiconque connaît à la fin la science et l'ignorance surmonte la mort par l'ignorance, et jouit de l'immortalité par la science.
12. Ceux qui adorent la nature non créée entrent dans une sombre obscurité; ceux qui sont dévoués à la nature créée, dans une obscurité encore plus grande.

 

Mandukya
Upanishad

1. Om est l'immortalité. Son explication comprend toutes choses, ce qui était, ce qui est et ce qui sera; le mot Om est véritablement toutes choses, et tout ce qui est au-delà du temps triple est véritablement le mot Om .
2. Brahmâ qui est toute chose est représenté par Om; cette âme est Brahmâ; cette âme a quatre conditions.
3. La première condition est Vaisvanara , dont le séjour est dans l'état de veille, dont la connaissance comprend les objets extérieurs qui a sept membres, qui a dix-neuf bouches, et qui jouit des objets matériels.
4. La seconde condition est Taijasa , dont le séjour est dans l'état de rêve, dont la connaissance comprend les objets intérieurs qui a sept membres, qui a dix-neuf bouches, et qui jouit des objets subtils.
5. Quand l'homme endormi ne forme aucun désir, ne voit aucun songe, son sommeil est profond. La troisième condition est Prajna , dont la connaissance est seule uniforme, dont la nature est comme le bonheur, qui jouit du bonheur, et dont la bouche est la science.
6. Prajna est le maître de toute science; il voit tout, il est le dominateur intérieur, il est la source de toute choses, car il est l'origine de la destruction de tous les êtres
7. La quatrième condition est l'état de celui dont la connaissance n'est formée ni par les objets intérieurs, ni par les extérieurs, qui n'a pas de connaissance uniforme, qui n'est pas intelligent et qui n'est pas sans intelligence, qui est invisible, imperceptible, insaisissable, incapable de preuve, au-delà de la pensée, celui qu'on ne peut définir, dont la seule preuve est la croyance de l'âme, dans lequel toutes les sphères ont cessé, qui est tranquille, heureux, sans dualité.
8. Cette âme dépend du mot Om , qui dépend de ses parties. Les conditions de l'âme sont des parties du Om : ces parties sont les lettres a, u, et  m.
9. Vaisvanara , qui habite dans l'état de veille, est la lettre a. Il est la première partie parce que a est la première des lettres et elle pénètre partout. Il accomplit inévitablement tous les devoirs, et il est le premier qui connaît ainsi.
10. Taijasa , qui habite dans l'état de songe, est la lettre u, par la raison qu'elle est plus élevée ou parcequ'elle est au milieu. Il élève véritablement la continuation de la science et il devient le même, et nul de ses descendants n'est dans l'ignorance au sujet de Brahmâ
11. Prajna, qui habite dans un profond sommeil est la lettre m, la troisième partie, soit parce qu'elle est une mesure, soit parce qu'elle est d'une seule et même nature. Celui qui connaît ces choses mesure véritablement tous ces objets divins, et il devient de la même nature.
12. Le Om qui est sans partie est la quatrième, laquelle est imperceptible, en laquelle toutes les sphères ont cessé, qui est heureuse et sans dualité. Le Om, sujet ainsi de méditation, est l'âme seule. Celui qui connaît ces choses entre avec son âme dans l'âme.


Mundaka Upanishad

Sous l'enveloppe la plus élevée, dorée et radieuse, ceux qui connaissent l'âme reconnaissent Brahmâ qui est sans lieu, sans partie, qui est pur, qui est la lumière des lumières.

Le soleil ne se manifeste pas ici, ni la lune et les étoiles; les éclairs ne se manifestent pas; comment donc ce feu se manifesterait-il ? Quand il se manifeste, tout est manifesté après lui; ce monde entier devient manifeste par sa manifestation.

Shvetashvatara
Upanishad

Le Seigneur de l'Amour, omniprésent, demeurant
Dans le cœur de toute créature vivante,
Infiniment miséricordieux, retourne vers lui tous les visages.
 
Il est le Seigneur suprême, qui par sa grâce
Nous pousse à le chercher dans nos propres cœurs.
Il est la lumière qui brille à jamais.
 
Il est le Soi intime de tous,
Caché comme une petite flamme dans le cœur.
Seul l'esprit apaisé peut le connaître.

 

Extrait de la Shvetashvatara Upanishad, d'après la traduction anglaise de E. Easwaran, Tomales, CA, Nilgiri Press, 1987, p. 223