* Avadhuta Gita - unisson06
spiritualite laique - Unisson06

Avadhuta Gita


La réalité est seule partout égale, disent les sages.
C'est en renonçant aux passions encore
que la pensée cesse d'être une ou multiple.

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Les textes sacrés nous disent de mille façons
que tout cet univers, du ciel jusqu'à la terre, n'est
que l'eau d'un mirage.
Si tu est identique à l'Un, égale en toute chose,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es la même ?
Quand il n'y plus rien, plus rien à rechercher,
il n'est plus rien, plus rien, à désirer.
C'est immergé dans la perception de l'égalité des choses,
c'est concentré et purifié que l'Avadhuta dit la réalité ultime.

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Le mobile et l'immuable sont irréels,
Le visible et l'invisible sont irréels.
si seule la réalité est en soi,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es la même ?

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Ni espace dans la jarre, ni jarre,
ni corps ni âme,
Nulle répartition entre cause et effet,
Pourquoi pleurer, Ô Pensée, toi qui partout es la même ?

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Père, mère, famille, race,
naissance, mort n'ont jamais pour moi d'existence.
Comment parler alors de passion et d'illusion ?
Ma nature est Béatitude, je suis libre.

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Ils renoncent à toute méditation,
ils renoncent à toute action, bonne ou mauvaise,
Ils boivent, Ô mon amie, le nectar du renoncement, ceux qui sont sages.
Ma nature est Béatitude, je suis libre.
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Les Ecritures disent toutes que la Réalité
est immatérielle, pure, immuable,
sans corps physique, partout égale.
Je suis cette Réalité, sache-le, sans nul doute.

Ce qui a une forme est irréel, sache-le,
seul le sans-forme est éternel.
c'est par la transmission de cette vérité
Qu'on ne reconnaît pas de renaissance.

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Toukaram - Extraits de Psaumes du pèlerin.


Quelle main fait mouvoir mon corps,
qui me fait parler, sinon le Seigneur ?

Qui me fait voir, qui me fait entendre ? Narayana seul.
Ne manque pas à lui offrir ton adoration.

C'est Dieu qui crée en moi l'illusion d'être un moi
quand je dis : " Moi, j'agis. "

Sa main fait frémir les feuilles des arbres ;
où mon moi pourrait-il trouver place ?

Vitho remplit tout l'univers, dit Toukâ ;
quel être vivant ou inanimé pourrait être
sans sa présence ? "

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Si tu veux faire une visite,
visite les saints :
ne pense à aucune autre occupation;

Ils cherchent un seul trésor, Dieu :
leurs lèvres ne murmurent aucun autre nom.

Si tu désires des compagnons,
choisis les saints :
ne pense à aucune autre amitié.

Si tu veux t'asseoir,
fais-le parmi les saints :
ne pense à aucun autre repos.

Si tu veux marcher,
va au village des saints :
ils te donneront la paix.

Les saints, dit Toukâ,
un océan de bonheur :
ils te donneront d'infinies richesses.

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Je suis aveugle de nature
dans mon visage sans traits.
Le mouvement m'est immobile.
D'hommes, je n'en vois pas.
Je demeure en ce lieu
où " je " et " mien " sont tombés.
tout le visible m'est invisible.

Détaché du néant,
mon bonheur est un sommeil
sur le sommet de la montagne
où je reçus sans rien donner.

J'ai laissé choir le vase
des désirs bons et mauvais,
j'ai quitté la ronde hurlante
de mes trois puissances.
Alors, j'ai reçu assurance
de ne jamais plus mendier :
la vingt-cinquième heure est venue
qui combla tous mes souhaits.

Visage levé, je murmurais
sans fin ces mots " moi, lui ",
qui réveillèrent le sans visage,
affolèrent d'amour le donneur.
Il m'offrit en charité
sa connaissance de soi et son être.
Me voici dans sa nature immergé,
seuls nos noms maintenant diffèrent.

Ces deux mots sont une source
de bénédictions multiples :
je les donnerai à mon tour
à qui viendra trouver.
Ces deux mots sont la route
qui toujours conduisit les saints
Ils sont sauvés, sauvés,
et tant d'autres par cette foi.

C'est le seul essentiel,
avoir foi totale.
La raison est un brigand
qui nous pille quand nous allons.
Dénoue les attaches du monde,
dévoue-toi à cette seule foi,
c'est le chemin que tracèrent
tous les saints de jadis.