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Des aspects positifs des religions

par Laurent

 

Certains estiment que les religions n'ont pas apporté que du négatif et ils ont tout à fait raison. Les aspects positifs de la pratique des différentes religions et de la foi religieuse sont nombreux et variés.

Ne confondons pas la religion qui est effectivement, suivant sa racine linguistique, un terme qui désigne ce qui peut réunir et relier les hommes entre eux, avec, en opposition, les doctrines et les dogmes religieux qui sont des théories aliénantes et oppressives inacceptables pour les hommes.

La religion relie, réunit, rapproche des hommes et des femmes et même des peuples dans une même communion de pensée autour d'un idéal spirituel, comme peut tout aussi bien le faire un idéal d'une autre nature comme les idéologies, les communautés d'intérêt intellectuel, etc… Du moins, tant qu'elles restent des instruments de paix.

On peut condamner les dogmes, les théories et les lois que certains hommes ont créés, au fil des millénaires, afin de se prévaloir d'un pouvoir illégitime leur permettant de dominer, d'opprimer, de tuer impunément ou de réduire en esclavage d'autres hommes.

Mais la croyance religieuse pure, en tant que simple démarche de l'esprit ou de la pensée humaine, possède une force, une magie, un intérêt et un pouvoir de rapprochement des hommes autour d'un idéal commun qui peut être un instrument majeur d'amour, de concorde, de solidarité et de paix.

La croyance religieuse, la foi, a toujours été un stimulant universel pour les penseurs, les artistes, les intellectuels, les scientifiques et même les travailleurs manuels, dans le monde entier. La croyance religieuse bien orientée a pu contribuer grandement au développement des sociétés humaines et de la paix. L'homme a besoin de ce stimulant.

Mais il s'agit bien là de la " croyance religieuse " et non de la religion imposée comme une chape de plomb aliénante de toute liberté.

Les arts, les cultures et les sciences ont été marqués par les " fois " religieuses, jamais par les aliénations religieuses.

Des siècles et des millénaires de traditions religieuses et de leurs influences dans la vie quotidienne ont profondément marqué les peuples de cette coloration particulière. Dans le langage populaire, dans les traditions festives, folkloriques, dans les traditions familiales, dans l'éducation, les comportements. Même dans des domaines comme l'hygiène et la santé, les écritures édictaient des préceptes utiles pour les époques concernées, comme la circoncision, par exemple, ou l'interdiction de consommer certaines viandes. Mais de nos jours la circoncision, au-delà d'une simple tradition, présente-telle une utilité quelconque ?

La loi chrétienne, fondée sur les dix commandements, a donné des règles de conduite, des règles de vie, une peur du châtiment, qui ont contribué à harmoniser les relations entre les humains et à établir la civilisation et la paix.

Les lois et les règles de la chrétienté et du judaïsme réunies ont produit ce que nous appelons aujourd'hui la morale judéo-chrétienne.

Mais la religion a inspiré tous les grands et les petits artistes, peintres, architectes, sculpteurs, écrivains, poètes, musiciens ou scientifiques. Leurs œuvres en ont reçu la marque et la sensibilité.

Autrefois, pour ne citer que la France, c'étaient les religieux, les moines, les prêtres qui étaient porteurs de la tradition et qui avaient la charge de la transmettre, fût-elle parfois sévèrement modifiée pour s'adapter aux nécessités des époques et aux prérogatives autoritaires de l'église. La santé a bien longtemps été aussi la part des religieux, dans les hospices, les hôpitaux, dans la rue.

D'innombrables religieux, dans l'histoire, ont sacrifié leur vie au service des autres. Pas tous, certes, et sûrement pas les cardinaux qui se prélassaient à Rome. Mais ceux qui ont donné leur vie pour le secours et le service des autres méritent d'être cités et d'avoir leur propre Panthéon. Des hommes ou des femmes tels que St Vincent de Paul, Mère Térésa ou l'Abbé Pierre et bien d'autres, encore.

Ainsi, on voit combien la religion du peuple a pu être un instrument et un secours extraordinaire pour les plus pauvres, les plus démunis, qui trouvaient encore force et courage de lutter contre les pires calamités dans la prière et l'espérance d'un monde meilleur.

Les trois vertus théologales de la chrétienté, " la foi, l'espérance et la charité " ont guidé les pas de multitudes d'hommes et de femmes, les ont aidés à faire des choix et à accepter l'inéluctabilité de leur condition.

Qui sommes-nous, aujourd'hui, pour nous arroger le droit de retirer aux hommes cette étincelle de lumière qui les éclaire jusque dans les recoins les plus profonds et les plus reculés de leur conscience, de leur désespoir et aux limites de la vie et de la mort ?

Nous ne le souhaitons pas. Nous souhaitons simplement que les religions demeurent des concepts purement philosophiques libres et parfaitement personnels et qu'aucune autorité, doctrine, dogme ou pouvoir temporel ne les érige en lois et en contraintes avilissantes et aliénantes pour les hommes. Les prêtres n'ont aucune raison d'être, sinon de parasiter le système. Les croyances et la foi religieuse doivent demeurer des convictions intimes de chaque être humain.

Elles peuvent être partagées, discutées entre eux, mais jamais aucun homme ne doit s'ériger en dépositaire d'une quelconque autorité religieuse qui lui aurait été conférée par des hommes ou par des dieux. Et la loi des hommes devra être particulièrement vigilante contre ces usurpateurs et ces parasites.

Le chamanisme, la plus vieille religion du monde, mère des religions, probablement à l'origine des écrits bibliques des millénaires avant leur apparition, ne connaît pas de dieu ou de force supérieure autre que celle de l'univers, du cosmos, de la nature.

" Mère-Nature " serait un substitut acceptable, doux, poétique et universel au concept hermétique de "Dieu". Mère-Nature est fille du cosmos, de l'espace et de l'univers. Elle a donné la vie sur notre planète, parce que des conditions fantastiquement exceptionnelles l'ont permis. Cela n'est-il pas aussi merveilleux et plus réaliste que le récit de la Genèse et de la création du monde ?

D'ailleurs, tout n'est-il pas merveilleux dans toute forme de vie animale ou végétale, sur notre planète… ?

Mère-Nature nous donne tout et parfois nous reprend tout aussi. Mais elle ne nous ment jamais. Elle ne nous promet rien. Elle ne nous trompe pas. C'est à nous de la comprendre et de prévoir ce que l'on peut. Elle ne nous a jamais promis une terre de félicités. Elle ne nous a jamais dit d'aller massacrer nos ennemis. Mère-Nature nous dit de vivre et de nous protéger. Pas de faire la guerre et de piller nos voisins. Elle ne nous leurre pas avec une supposée vie éternelle, mais nous offre une vie matérielle temporaire qu'il est de notre devoir et de notre liberté de vivre le plus intensément et le plus intelligemment possible.

Elle nous a donné la vie et les moyens de la conserver et de la pérenniser.

Nous lui devons tout, nous devons la remercier, l'honorer et la respecter. Celui qui ne respecte pas la nature fait une grave offense à la vie, aux hommes, à Mère-Nature et à l'univers.

Ce concept n'est-il pas aussi merveilleux, poétique, lumineux, imagé, que toutes les "bondieuseries" de la création ?

Serait-il plus vain, plus dérisoire, plus incongru ou naïf de prier Mère-Nature, de l'invoquer, de l'implorer, de lui parler comme à une amie, de lui confier nos tourments et d'espérer sa compassion plutôt que de le faire avec Dieu, comme les hommes le font depuis des millénaires ?

Le soir, sous les étoiles, les amoureux ne pourraient-ils pas lui demander de protéger leur union, ou bien le malade de l'aider à trouver la guérison, ou encore pour celui qui a atteint les limites de l'insupportable de le soutenir dans sa peine et dans sa douleur ou de rendre plus douce la fin de son existence.

Ne vous y trompez pas, certains le font depuis longtemps.

Depuis des millénaires, les chamanes sont émerveillés par la nature, la respectent, la vénèrent, communient avec elles, ont appris à lui prendre et à toujours lui redonner en contrepartie. Lorsqu'ils coupent un arbre, ils en replantent un autre. Combien d'hommes, de nos jours, savent ainsi rendre à la nature ce qu'ils lui ont pris? La plupart des hommes ne font jamais que piller la nature, les autres et la vie sans jamais payer leur dette. Le lion tue et mange une gazelle car ils n'a pas d'autre alternative. Il vit selon les règles que la nature lui a prescrites et les moyens qu'elle lui a donnés. L'homme, lui, sait et peut rendre ce qu'il prend à la nature. Mais il ne le fait pas.

Toute la poésie du monde est dans la nature. Le spectacle de la nature ne sera jamais égalé par les fastes des cathédrales, la splendeur des plus beaux vitraux, les vêtements sacerdotaux, les bronzes et les ors des instruments du culte.

Ne pourrait-on pas imaginer, aussi, que Mère-Nature, dont le double genre féminin présente déjà tous les attributs de la maternité, mère de toute vie sur notre terre, puisse être considérée comme l'ont été jusqu'à ce jour les dieux inventés par les hommes. Hommes créés à l'image des dieux créés par les hommes… et donc dieux très masculins, très machos, très arrogants et très peu sensibles à la nuance, à la tendresse, à l'amour et à la beauté d'un enfant.

Chaque homme pourrait ainsi s'adresser à elle comme à la mère de toutes les mères, et non plus comme un esclave à son maître.

Les hommes ne pourraient plus se prévaloir d'avoir reçu de la mère de toutes les mères la mission de massacrer tous les enfants, toutes les mères et tous les pères, au nom de lois iniques et absurdes, comme toutes celles qui ont été générées par les dieux et les hommes jusqu'à ce jour.

Et de même que les chrétiens ont eu leurs dix commandements on peut imaginer des commandements de Mère-Nature, dans le même esprit. Inutile d'aller chercher bien loin d'ailleurs. Les lois humaines qui découlent, de nos jours, des dix commandements de la chrétienté, hormis ceux qui font allusion à Dieu, sont acceptables. On peut les améliorer et les augmenter.

Mère-Nature ne veut pas qu'on lui crée des statues, des effigies à son image. Elle est partout, visible, accessible et demande seulement qu'on l'aime un peu et qu'on la respecte. Mère-Nature, ne demande pas qu'on lui bâtisse des monuments, des lieux de culte, des temples ou des pyramides. On peut la voir et s'adresser à elle, lui rendre hommage et la remercier, chacun à sa manière, en tout lieu de la Terre. Les grandes forêts, les hautes futaies, les montagnes, les prairies sont ses églises, ses temples, ses mosquées, ses synagogues et ses pagodes.

Les océans, berceau de la vie, le ciel et le vent soufflant sur les immenses étendues désertiques sous la chaude caresse des rayons de l'astre radieux ou encore la voie lactée, arc boutant de l'immense voûte étoilée, invitation au voyage ésotérique, sont ses cathédrales.

Mère-Nature voudrait que l'on ne détruise pas la vie, que l'on ne pollue pas les océans, les fleuves, les lacs, l'air et la terre. Que l'on respecte le règne animal, dont nous sommes issus, et le monde végétal. Mère-Nature nous implore de la respecter afin que nous-mêmes puissions toujours profiter de ses bienfaits.

Mère-Nature ne veut pas que l'homme s'autodétruise, comme il le fait trop souvent. Chaque guerre, chaque bataille, chaque conflit entre les hommes est une autodestruction de l'humanité et un échec pour Mère-Nature. L'homme doit trouver le moyen de vivre en paix avec les ressources que lui offre la terre, de les partager équitablement, de les économiser et de les faire fructifier, si cela est possible. C'est à l'homme de réguler ses propres naissances et le développement de ses populations afin que les besoins naturels de celles-ci ne dépassent pas les capacités de production de la Terre. Ces capacités ne sont pas extensibles à l'infini.

Quoi qu'il en soit, quelles que soient les philosophies, les religions, les traditions que pratiquent les hommes, si l'humanité n'a jamais su se sortir du bourbier de l'obscurantisme, c'est probablement parce que les hommes n'ont pas encore atteint un niveau suffisant de sagesse pour s'affranchir de toutes les idées qui lui ont toujours été fatales et lui ont interdit tout épanouissement moral et intellectuel. L'homme et l'homme seul est le fléau que l'humanité doit subir et les dieux n'y ont jamais eu rien à voir.

Le seul travail sérieux que l'homme doive accomplir est de progresser vers les voies de la sagesse et de devenir meilleur et plus éclairé.

C'est un travail intérieur, c'est une démarche individuelle tout autant que collective. C'est une œuvre, c'est la Grande Oeuvre, c'est ce que Mère-Nature attend de tous les humains, à travers les cycles de l'évolution et du progrès moral et intellectuel...

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