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Médecine naturelle et médecine de l'humain

par le Dr Irampour

Fondateur de l'Université Européenne des Sciences et Ressources Humaines
www.euro-universite.com

 

Médecin psychiatre, Docteur en Psychologie, Maître en Philosophie, psychosomaticien, spécialiste des médecines naturelles (naturothérapeute) et autorité en Alcoologie et traitement des dépendances, le Dr IRAMPOUR commença dès 1971 à enseigner à l'Université. Sa carrière de médecin et de chercheur polyvalent s'explique par une profonde motivation à étudier les problèmes de l'éducation et du développement humain. Passionné par la pédagogie, il enseigne depuis 25 ans dans diverses institutions et Universités. Un nombre important de thérapeutes, d'animateurs, de médecins, de formateurs et de candidats issus de toutes les catégories socio-professionnelles ont été formés par lui à la psychothérapie à la relation d'aide en général, à la pratique du groupe, à l'alcoologie, à la médecine naturelle, à la psychosomatique. Chercheur infatigable, le Dr IRAMPOUR a été confronté constamment aux défauts et anomalies courantes des enseignements classiques. Il organise depuis 25 ans, des formations de synthèse visant à combattre ces anomalies en formant des étudiants aux diverses approches tout en développant chez eux la confiance en soi, l'épanouissement intellectuel, culturel et spirituel. Vu ses recherches tous azimuts, on fit appel à lui en 1984, pour créer à l'Université dans le cadre des médecines naturelles, le programme de psychosomatique qui a nécessité un travail de synthèse répondant aux impératifs d'une véritable médecine naturelle de l'homme. C'est-à-dire une médecine visant les potentiels profonds de guérison et de transformations humaines. Il fût ensuite chargé de créer un diplôme de relation d'aide (axé autour des problèmes de l'alcool). Cette synthèse transdisciplinaire qu'il dirigea pendant 10 ans à l'Université rencontra un succès exceptionnel. Des candidats de province, belges, suisses, luxembourgeois... venaient un week-end par mois, recevoir cet enseignement unique... Des médecins aux non-bacheliers (dont la législation actuelle peut autoriser l'inscription à l'Université) déclarent tous tirer des bénéfices essentiels de cet enseignement. Le Dr IRAMPOUR se consacrant désormais exclusivement à l'enseignement et à la formation, a créé, avec une équipe de chercheurs, une faculté privée afin d'offrir un enseignement de qualité à travers une pédagogie vivante, de synthèse qu'il appelle transdisciplinaire (allant au-delà des spécialisations et des fragmentation courantes)

(P.PASTEL: sociologue, alcoologue, chargé de recherches à l'Université PARIS St DENIS.).

Entretiens

P. Pastel : Qu'est-ce qui explique le grand succès de vos enseignements de synthèse ?

Dr Irampour : Le succès s'explique par le fait que cette synthèse s'efforce d'apporter des réponses aux trois impératifs cruciaux de tout enseignement de notre temps qui concerne l'amélioration de la vie de l'homme (les 3 impératifs sont étroitement liés et imbriqués) :

1. Offrir une synthèse moderne de l'approche globale de l'homme et ceci concrètement au-travers de la thérapie de la personne, la pédagogie, la compréhension des souffrances humaines et leurs solutions.

2. Combattre les défauts de l'enseignement et de la pédagogie habituels.

3. Favoriser l'épanouissement intellectuel de l'étudiant, la libération de ses intuitions profondes, etc... et tout cela, naturellement, à travers l'étude des aspects de la profonde mutation qui frappe les matières abordées (comme d'ailleurs notre culture et notre civilisation en général) et dont la connaissance est indispensable pour se retrouver avec plus de conscience et de confiance dans le contexte mouvant et confus de l'évolution actuelle de la vie et de la culture.

P. Pastel : Quels sont les grandes lignes de cette mutation ?

Dr Irampour : Cette mutation comporte naturellement comme toute évolution deux séries de manifestations : positives et négatives.

NOUVELLE CONSCIENCE : TOUTE NOTRE ESPERANCE !

... Les aspects positifs de cette mutation sont ceux d'une nouvelle conscience qui est en train de se développer sur une vaste échelle. Elle consiste dans la prise de conscience de ce que G. DÜRKHEIM appelle l'océan d'Illusions (que nous vivons actuellement). Cette nouvelle conscience qui annonce une transformation positive, complète de notre perception de nous-mêmes, de l'Univers et de la vie, tend à rejoindre celle des grandes sagesses anciennes ; à savoir, que le bonheur est la finalité naturelle de la vie humaine, que l'être humain est entièrement solidaire de l'Univers, que la finalité de la vie humaine est spirituelle, que la vraie guérison doit être recherchée dans l'authenticité et dans l'amour, que toutes nos souffrances proviennent des illusions etc...

MALADIES DES CIVILISATIONS OU LE DESENCHANTEMENT DE L'AME

Les manifestations négatives en sont les souffrances humaines liées à nos erreurs qui progressent partout dans le monde, au fur et à mesure que s'impose la civilisation actuelle avec ses normes, ses valeurs, et ses mirages... Voici quelques exemples chiffrés. En France :

8 millions de personnes souffrent de migraine

130 000 personnes se sont suicidées en 94 (13 000 décès)

Les suicidés sont loin d'être des malades mentaux, il y a parmi eux de grandes stars, des écrivains, des ministres, etc...

3 millions prennent des comprimés pour dormir. Plus de 10 % de la population utilisent des médicaments psychiques.

18 millions fument dont 9 millions en sont gravement malades (cancers, maladies cardiaques, ...). Sur 35 millions de consommateurs de boissons alcoolisées, 5 millions sont dépendants de l'alcool.

Les troubles psychosomatiques s'accroissent. Les idées et sentiments négatifs concernant la vie et l'Univers deviennent habituels. Les compétences, les idées dites scientifiques enseignées, et les pratiques professionnelles sont coupées de l'essence même de la vie humaine et des ses aspirations naturelles .

La violence et la dépression gagnent du terrain. Il est impossible d'énumérer ici simplement toutes les souffrances qui s'accroissent : La qualité du sommeil se détériore, l'esprit souffrant produit des cauchemars (mauvais rêves), les beaux rêves deviennent de plus en plus rares. Le pessimisme prédomine ... la science elle-même est malade, car, comme le dit si bien Henry Wallon : "La science doit être au service de l'Homme et non l'inverse". Les hommes sont devenus des serviteurs, des ouvriers de la science qui est toujours la science des objets du monde extérieur. La Science de l'intériorité de l'Etre s'est appauvrie. Nous sommes dans le scientisme qui est une religion avec ses intolérances, ses hiérarchies basées sur de fausses valeurs qui falsifient la relation et la solidarité entre les hommes et distorsionnent à des niveaux vitaux la communication !

P. Pastel : D'où viennent ces souffrances ?

Dr Irampour : Une vraie conscience scientifique doit répondre à cette question par la loi connue, du médecin grec de l'Antiquité, Hippocrate (la base de toute vraie médecine naturelle !) : "Les souffrances sont issues de la violation des lois de la nature". L'âme et la nature humaine ont leurs lois simples et essentielles qui ne peuvent être apprises ni par la chimie, ni par la physique, ni par aucune autre spécialité scientifique actuelle. Nous sommes en permanence dans l'Avoir et non dans l'Etre. Les conséquences en sont la possessivité, la compétition, la vitesse, l'insécurité, l'absence de sérénité, le stress, l'inauthenticité, le mensonge à soi et aux autres, la superficialité des expériences, l'incroyance dans la vie, etc...

Pourquoi appelle-t-on ces souffrances, maladies de civilisations !? Parce qu'elles sont engendrées par la civilisation c'est-à-dire, la culture, autrement dit l'être humain n'est nullement condamné par sa nature à les vivre ! D'ailleurs un grand nombre d'expériences et de témoignages montrent qu'un changement positif, simple, sincère et essentiel de notre conduite de la vie est susceptible de transformer notre vie et de faire disparaître ces souffrances et illusions. Ce changement est la base même d'une véritable médecine naturelle de l'homme. Il existe donc en définitive, nature et culture. La nature humaine comporte toutes les propriétés et toutes les capacités nécessaires à la vie, à la santé, à l'harmonie et au bonheur. Si nous avons du mal à comprendre ceci, cela est dû à la pollution mentale actuelle et à la confusion intellectuelle, scientifique, culturelle, et spirituelle créée qui sont la cause de toutes les détresses et angoisses ! La vraie écologie doit commencer par un assainissement mental et spirituel !

SCIENCE DE L'HOMME ET SCIENCE DES CHOSES

P. Pastel : Comment expliquez-vous qu'en même temps que progressent les sciences progressent les souffrances humaines ?

Dr Irampour : A ce sujet, tous les grands esprits sont unanimes, qu'ils soient scientifiques, philosophes, théologiens... ainsi A. EINSTEIN, B. RUSSEL, G. MARCEL, E. FROMM etc... s'y rejoignent ! Ces hommes nous parlent d'ailleurs dans un langage simple et clair. Pour répondre à votre question, il nous faut d'abord rétablir une distinction essentielle, Ô combien oubliée !

Il y a 2 catégories de sciences :

Science des choses et science de l'Etre. Jadis l'intelligence humaine avait produit de prodigieuses connaissances théoriques et pratiques de l'Etre, d'une complète cohérence et d'une grande beauté (zen, soufisme, etc...). Aujourd'hui, la science est devenue simplement un ensemble de connaissances portant sur le monde matériel (extérieur). Plus ces connaissances matérielles et matérialistes ont progressé, davantage s'est appauvrie la connaissance de l'Etre (appauvrissement spirituel). Au début, la science visait le bien-être et la libération de l'homme. Le dérapage lié aux phénomènes historiques a été terrible, et a abouti à la séparation de l'homme d'avec son essence. Déjà, Rabelais nous mettait en garde : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".

Toutes les grandes sagesses expriment la même chose. Nous avons intérêt, de tous les points de vues, à combattre ces erreurs "scientifiques" originelles, dans notre perception de la vie et de nous-même. Aujourd'hui, les hommes confondent la compétence dans des domaines qualifiés (un peu vite !) de "scientifiques" avec la compétence dans le domaine de l'être. Je pense à ce cas si banal, celui de ce professeur de chirurgie qui après la découverte de son cancer était venu, à un groupe de partage, il croyait avoir été depuis toujours un homme très rationnel, très scientifique dans ses pensées, ses comportements, ses croyances. Mais au 2ème jour du travail en groupe, il déclara, ému : "toute ma vie a été basée sur des erreurs essentielles !" Ces connaissances médicales, chirurgicales, voire même psychiatriques, n'empêchent donc pas d'être dans l'erreur, dans la fausse-conscience vis-à-vis de la vie et d'être porteurs d'idées, de sentiments et de préjugés qui falsifient l'essence même de la vie. Ces réalités qui devraient être évidentes pour tous, sont devenues difficiles à comprendre pour beaucoup de scientifiques, alors que beaucoup d'autres les comprennent simplement, intuitivement, sans avoir fait d'études ! La prise de conscience de ces réalités aujourd'hui indispensable pour le progrès humain, peut être extrêmement simple. Elle nous fera reprendre confiance dans la raison humaine en général et dans l'esprit de chacun de nous et nous donnera l'espoir d'entreprendre des démarches qui nous rendrons plus libres, et nous permettrait de nous rapprocher les uns des autres pour améliorer notre vie.

Eric FROMM, éminent psychologue humaniste américain démontre par diverses approches, y compris par des expériences psychologiques effectuées dans des milieux universitaires sur des volontaires considérés comme sains, que la conscience du scientifique est de plus en plus basée sur le refoulement du spirituel, sur des idées en profondeur négatives concernant l'homme et la vie humaine. Il démontre aussi que ces idées et sentiments que beaucoup de scientifiques essaient de justifier en les étayant par des arguments x ou y, ne sont que de purs produits des illusions humaines, liées à notre culture... Ni la psychiatrie, ni la médecine, ni la psychothérapie classique (qui changent de mode périodiquement) ne peuvent éviter nécessairement ce type d'idées et de sentiments plus ou moins normalisés (pouvant exister auprès des patients comme auprès des thérapeutes). La science est donc devenue un ensemble de savoirs et de savoir-faire utilitaires. Elle peut ajouter des années à la vie mais pas de la vie aux années. Qu'est-ce-que la cardiologie sinon une tuyauterie humaine de précision ; or, le coeur de l'homme est littéralement au coeur-même de toute l'existence humaine et la clé de tous les problèmes humains. Et, dans ce sens humain, les études médicales du coeur ne peuvent pas, par elles-mêmes nous avancer, en quoi que ce soit, dans la vraie connaissance humaine de l'homme. Elles ne pourraient éviter, dans les conditions actuelles de la formation de l'esprit scientifique, des déformations de tous genres (comme chez le chirurgien en question)... D'où mon intérêt depuis 25 ans, pour une véritable médecine naturelle de l'homme. Car celle-ci, s'agissant des souffrances humaines (qui constituent le lit de tant de maladies) est essentielle, simple, profonde et efficace.

VERS UNE SYNTHESE TRANSDISCIPLINAIRE

P. Pastel : Comment concevez-vous un enseignement qui pourrait combattre les erreurs pédagogiques et les anomalies liées à une telle détérioration de la conscience scientifique ?

Dr Irampour : Ces anomalies dans les enseignements, dénoncées par les grands auteurs qui se sont penchés sur les effets et méfaits des enseignements classiques, sont connus de beaucoup : hypertechnicité, déshumanisation, sur-spécialisation, intellectualisme, théories coupées de la vie, déformations professionnelles, oubli du spirituel, confusion à des niveaux essentiels des buts, des moyens et des valeurs, dessèchement du coeur et de l'esprit, complications liées à la perte du contact vital d'avec la réalité (perte de la simplicité), le goût de la mystification, fausseté des rapports enseignants/enseignés, etc...

Tout cela a rendu la vie compliquée, la communication véritable impossible, les rapports entre les hommes fondamentalement pervertis. Alors que la vie est simple, les théories et discours sont devenus compliqués, ils ont été et sont souvent faux ou déformants comme nous pouvons en voir des exemples. Ils sont considérés comme scientifiques même quand ils vont à l'encontre du bon sens (le bon sens est devenu impossible parce que le langage est devenu inhumain). J'ai passé ma vie à m'interroger sur ces problèmes. J'ai mené des recherches tous azimuts pour comprendre et pour agir en travaillant en permanence sur le terrain (groupes, thérapies, formations)... et ceci, toujours en collaboration avec beaucoup d'acteurs et de chercheurs de tous les domaines importants (quelques uns du CNRS se sont inscrits à mes enseignements pour suivre les formations de synthèse que j'ai dirigées avec une équipe, tant à l'Université qu'ailleurs). Les conséquences en furent la pédagogie de synthèse que j'ai appelée (depuis une vingtaine d'années) transdisciplinaire. Ces recherches se couronnèrent - étant moi-même psychiatre et psychothérapeute - par une synthèse sur la psychothérapie en Médecine naturelle puis (durant 10 ans) par la direction d'un enseignement de relation d'aide à l'Université selon la pédagogie et la synthèse transdisciplinaire dont voici les principaux repères : simplicité, intelligibilité, le global, le bon-sens, la synthèse (cohérence), l'unité de l'homme, la clarté, l'intuition (à favoriser et à développer), concrétude, la rationalité...

P. Pastel : Pourriez-vous commencer par le développement du global, étant donné que l'on parle de plus en plus, de la nécessité de l'approche globale ?

Dr Irampour : Ces notions et repères sont étroitement imbriqués et indissociables - le global renvoie à l'unité de l'Etre et tout ce qui reflète l'unité de l'Etre devient intelligible par tout le monde. Il en est de même de la simplicité, de la clarté et du bon sens, etc...

Dans l'enseignement-même, tout devient clair car il y a une animation où chacun participe. Je pourrais vous parler ici, succinctement de tout cela, à travers des exemples concrets, mais il faut auparavant sortir d'une série de confusions scientifiques qui règnent dans les esprits quant au rôle et à la valeur exacte de chaque chose dans ces domaines. Pour ce faire...

POUVOIRS INSOUPCONNES DE L'HOMME

... Il nous faut d'abord définir nos repères 2 notions étroitement solidaires doivent nous guider ici :

1. D'abord nous parlons de la santé (se caractérisant par ses manifestations positives, physiques, psychologiques, morales et spirituelles)

2. La 2ème notion qui nous guide sera la guérison et les potentiels naturels de la guérison.

Prenez l'exemple du cancer, il y a des cas de cancers, certains graves, qui guérissent tout seuls (guérison dite "spontanée !" du cancer). Il est bien évident que si les pouvoirs et les possibilités naturelles de guérison n'existaient pas dans l'organisme en question, la guérison ne se produirait pas ! Nous appellerons donc médecine naturelle "toute médecine (spirituelle, physique, écologique...) qui favorise et libère les tendances, mécanismes et forces de la vie donc de la guérison" !

Ces pouvoirs de guérison existent bien au-delà de ce que peuvent penser les spécialistes (dont les théories sont toujours limitées à la connaissance des mécanismes qui leur sont plus ou moins connus, c'est-à-dire, peu de choses !) car l'essentiel des capacités de transformation et de guérison de l'organisme nous échappe. Certains savants pensent même que le corps humain est doué de pouvoirs alchimiques ! Il existe des phénomènes que nos sciences officielles ne peuvent non seulement pas expliquer mais qui vont à l'encontre des lois scientifiques connues. Comment expliquer la vie d'une Marthe Robin, la mystique française décédée il y a une quinzaine d'années, qui durant 25 ans ne mangeait qu'une hostie et absorbait un verre d'eau tout en conservant une extraordinaire lucidité. Cela est médicalement impossible. Que dire de certaines expériences de Yogi qui vont bien plus loin et qui ont été, Ô combien de fois scientifiquement observées, ou de la télépathie ou de la télékinésie etc... dont l'existence a été depuis des décennies constamment prouvée par les centres scientifiques de recherches en Russie, aux USA et en Europe. Nos connaissances des potentiels humains de dépassement de la souffrance et de guérison sont ridicules par rapport à ce que recèlent l'homme et son organisme. Les thérapeutiques mettant en oeuvre le sommet de la technologie moderne ne sont que des opérations très mécaniques. Elle seront considérées demain comme des manipulations grossières et barbares. Il faut savoir par ailleurs, que quel que soit le traitement médical, quand on dit qu'il est scientifique c'est toujours un abus du langage. Car ce n'est pas par les moyens utilisés qui sont issus des procédés techniques scientifiques que la thérapeutique est scientifique. L'éminent médecin humaniste, Prof. Paul MILLEZ, avoue cette vérité avec la simplicité qui le caractérisait : "Notre médecine n'est encore souvent qu'un artisanat, elle devient, dans les hôpitaux, de plus en plus une technique, et ce n'est pas vraiment une science à l'heure actuelle. Je ne pense d'ailleurs pas que la médecine puisse devenir "définitivement" une science". (p. 17 : "Une certaine idée de la médecine").comme je l'ai écrit ailleurs :

"N'oublions pas que le médicament d'aujourd'hui sera le poison de demain."

Il est bien évident que dans le cas du cancer (comme dans toutes autres maladies dégénératives, tumorales, psychosomatiques, etc...) l'avenir appartient aux thérapies de plus en plus naturelles, de sorte que le malade au lieu d'être mutilé, chimifié, irradié, vivant dans la peur et la soumission fera de plus en plus appel à ses potentiels et qu'il apprendra à VIVRE au lieu de SURVIVRE.

Ceci constitue un aspect fondamental et incontournable de l'évolution (positive) de la médecine à venir : aspect qui est conforme à la logique même de l'être humain . Car, vu l'unité de l'homme on ne peut pas ne pas vivre dans son âme et vivre dans son corps. Cet apprentissage (hautement thérapeutique) de la vie gagne déjà du terrain sur une vaste échelle auprès de millions de personnes atteintes de diverses maladies, mais aussi d'un grand nombre de praticiens de méthodes de bien-être et de potentiels humains, de médecins et de thérapeutes. Autrement dit, la médecine (celle qui se développe parallèlement et est comprise ou réclamée par des millions de personnes) est en train de revenir silencieusement à l'homme, à la médecine de la sagesse, à celle qui conçoit les phénomènes humains avant tout comme le produit des rapports de chacun avec l'Univers visible et invisible. Ces rapports ne peuvent s'améliorer que spirituellement. Dès lors l'individu devient responsable de sa conduite qu'il pourra modifier pour mieux vivre, pour guérir. Cette mutation silencieuse que la science et la santé sont en train de subir est excellente et indispensable à tous points de vue pour tout le monde. La bien connaître dans toutes ses conséquences, c'est devenir capable de guérison . On voyage ainsi vers une médecine de la Santé, une médecine de l'homme, vers le bon sens, l'humanisation de nos relations et la fin des mystifications du spécialiste (qui deviendra un jour un simple auxiliaire du globaliste !)

MEDECINE DE LA PERSONNE, MEDECINE DE L'AME

P. Pastel : Quelles possibilités de synthèse voyez-vous entre les découvertes scientifiques modernes et une approche humaine globale de l'homme comme celle du Zen, par exemple ?

Dr Irampour : Un jour viendra où il y aura une unité complète de la médecine. Tout deviendra simple - toutes les connaissances seront subordonnées au Bonheur de l'homme et à sa vie spirituelle. En attendant, il faut quelques explications pour clarifier la situation actuelle (qui évolue beaucoup).

Reprenons l'exemple du cancer (pour des raisons de commodités sinon il existe à un niveau profond et global : unité dans les maladies , nous y reviendrons une autre fois). On se rend compte de plus en plus que les souffrances de l'esprit, comme certaines de nos attitudes dans la vie facilitent voire même provoquent la cancérisation et qu'à l'inverse, une transformation psychologique positive agit dans le sens de la guérison. Fait partie de ces constations scientifiques modernes, le fait que le cerveau influe directement sur le système immunitaire lequel doit combattre ou détruire les cellules cancéreuses. Tout cela est très bon à savoir et confirme la réalité psychosomatique de la maladie. Mais le savant, cancérologue qui apprend ou même qui découvre ces mécanismes peut être lui-même quelqu'un de très perturbé. Autrement dit, la connaissance de ces mécanismes ne le changera pas nécessairement. Or, pour guérir des causes de ses troubles ou de sa maladie (future ou actuelle), il doit lui-même changer spirituellement. Le Maître ZEN est, comme le disent si bien Eric FROMM et le Prof. Jean LHERMITTE, psychiatre et académicien, capable d'une objectivité infiniment supérieure à celle du scientifique en question. Il est capable de vivre des relations en tous points plus positives avec l'univers et ses semblables, les hypothèses et pensées négatives concernant la vie lui sont étrangères. Entre le vrai Maître ZEN et le savant cancérologue en question, il y a des années lumière de distance. SIMONTON, le médecin cancérologue américain qui soigne les malades cancéreux par des aproches psychologiques naturelles avec d'excellents résultats et dont les livres ont fait le tour de la terre, insiste, actuellement dans ses séminaires directs, sur le fait que ce qu'il dit pour prévenir ou guérir des maladies, les grandes sagesses l'ont toujours enseigné. Tous les progrès matériels ou thérapeutiques du cancérologue en question ne peuvent combler cette distance. Car, il s'agit de 2 sciences très différentes : l'une, est partielle, mécaniciste et l'autre est avant tout une médecine de l'homme et de son équilibre spirituel. Associer les deux est certes actuellement hautement souhaitable et tout à fait possible. C'est ce que préconise, d'ailleurs, Carl SIMONTON qui conseille aux malades cancéreux de conserver leurs traitements classiques s'ils l'ont bien choisi. C'est aussi mon attitude face à ce type de problème. Le problème n'est donc pas là, ce qui est vital et est devenu urgent à l'heure actuelle est de combattre la mentalité mécaniciste (le scientisme) et ses conséquences humaines graves à tous les niveaux (flambées de souffrances, etc...)

Tout particulièrement sur le plan psychique et spirituel on ne peut jamais enrayer ou guérir les souffrances humaines que j'ai évoquées par des médicaments. La thérapie qui consiste à agir sur l'esprit par des médicaments a fini par créer une vaste toxicomanie à l'échelle nationale. Plus de 10 % de la population consomme des médicaments psychiques. L'absorption de tranquillisants a atteint des proportions extrêmement graves. Des campagnes sont entreprises aux USA contre ces traitements médicamenteux. En 1990, la Caisse Primaire d'Assurance Maladie d'Ile-et-Vilaine, lance une campagne dans ce sens, rapportée par le Nouvel Observateur (N ° 32 de Novembre 1990) qui déclare : "les Français cinq fois moins nombreux consomment autant de tranquillisants que les Américains".

Qu'est-ce-qu'un tranquillisant, sinon une substance qui déprime les activités mentales et nerveuses supérieures.(ce qui baisse la tension et l'anxiété). Alors que l'énergie nerveuse ainsi tassée pourrait par d'autres démarches, être intégrée par la personne pour son épanouissement. Ce type de médicaments doit être réservé aux cas graves ou pour une période brève de crise et quand on ne peut imaginer ou faire autrement.

P. Pastel : Dans cette vaste mutation, comment se retrouver face à l'éclosion de tant de méthodes de psychothérapies, et comment les situer dans votre synthèse par rapport, notamment à la médecine naturelle ?

Dr Irampour : La question de la psychothérapie paraît ! des plus complexes. D'abord, il faut que je précise, qu'en ce qui nous concerne, il ne s'agit pas de proposer une synthèse comme une doctrine nouvelle ; mais, d'examiner concrètement les réalités en sortant des cadres étriqués des enseignements et pratiques classiques pour puiser aussi nos inspirations, et arguments scientifiques dans ce vaste champs des transformations que l'on peut observer à travers d'autres expériences et témoignages humains, sans oublier des voies thérapeutiques que l'on qualifie arbitrairement, de parallèles. Dès lors, il devient indispensable pour enseigner une approche thérapeutique réellement humaine de revenir aux repères qui caractérisent notre synthèse et que j'ai situés au début de cet entretien (bon sens, simplicité, clarté, rationalité, globalité, etc...). Alors, les choses rendues si compliquées deviennent plutôt simples à des niveaux essentiels !; l'anxiété et la peur sont à la base de la plupart des troubles psychologiques. On estime que 6 millions de personnes ont eu maille à partir avec la dépression. La plupart de ces dépressions importantes ou non se résolvent par elles-mêmes au bout d'un certain temps. L'aide psychologique peut toujours être utile, quelle que soit la méthode utilisée elle peut améliorer la personne à conditions que le client s'y engage. Une simple écoute bienveillante peut faire des miracles. Le Prof. BOURGUIGNON écrit même "La Psychothérapie est quotidiennement l'affaire de tous y compris de celui qui distribue les repas (dans la hôpitaux)".

Le problème ne consiste donc pas à savoir si certains patients se sont améliorés ou si la dépression s'est atténuée ou a disparu dans tel ou tel cas. La question scientifique centrale est donc de savoir à quel point une thérapie peut puiser dans les ressources naturelles de l'homme pour l'épanouir, pour augmenter en profondeur sa confiance en lui-même, son optimisme et sa créativité. Car, l'unanimité semble être faite sur un point : nous n'utilisons pas le centième de nos capacités naturelles alors que dans le même temps, il est courant de voir des personnes continuer des années de psychothérapies et n'obtenir autre résultat qu'une banalisation de leur existence et de rester fragile alors qu'elles disposent de tous les potentiels pour se transformer réellement. Combien de fois, rencontrons-nous des personnes ayant fait des études importantes en psychothérapie et subi elles-mêmes une longue thérapie, mais qu'un problème existentiel enfonce dans une grande détresse, alors qu'elles étaient censées avoir liquidé en profondeur tous problèmes !

Très nombreux sont aussi ceux qui ont connu une grande détresse et qui, à la faveur de démarches simples et naturelles (capables de mobiliser leurs ressources) se sont transformés et en sont sortis au point d'être devenus par leur témoignage, un modèle, un remède pour ceux qui ont besoin d'aide.

La psychothérapie subit une mutation complète et se rapproche plutôt du bon sens. Le bon sens ne correspond pas à une connaissance ou pratique rudimentaire. Au contraire, il est lié dans la vie humaine, aux forces profondes de l'être, à ses intuitions vitales, à un engagement sincère, essentiel et authentique - et non à un endoctrinement. Ce serait par conséquent avoir une piètre idée de l'homme, de la nature humaine et de ses potentiels et capacités, que de penser que des millions de personnes ne méritent pas autre chose que de prendre des tranquillisants ou de rester fragiles et passifs, malgré des années de psychothérapie. C'est pourquoi, une pédagogie vitale d'épanouissement des forces profondes de l'individu humain est, à l'heure actuelle, l'enseignement le plus indispensable pour tous. Aujourd'hui, tous les psychothérapeutes, grands par leurs oeuvres (C. ROGERS, MASLOW, LOWEN et bien d'autres) insistent sur l'importance vitale de la Foi du thérapeute lui-même dans la vie de l'homme et de ses potentiels humains. Or, les théories psychologiques officielles pessimistes (qui vont à l'opposé de tout ce que les grands auteurs, tant philosophes que thérapeutes ont pensé, dit et écrit) sont encore trop courantes auprès de beaucoup de psychothérapeutes ou de professeurs de psychologie. Certes ces doctrines régressent peu à peu. Un exemple en est la psychologie freudienne qui s'est octroyée le nom de psychanalyse et qui s'était imposée pendant longtemps dans les Universités à la médecine mentale (Je ne parle pas de la psychologie d'un Jung qui était un géant dans l'exploitation de l'âme humaine). Un examen simple et essentiel de cette doctrine psychologique freudienne nous permet de constater ses erreurs de base : selon cette théorie tous les troubles psychologiques proviennent d'un refoulement de la sexualité. Or, depuis 50 ans, nous vivons une libération, un défoulement sans précédent de la sexualité. Les troubles psychologiques, au lieu de reculer, ont progressé considérablement. D'ailleurs, l'efficacité de la psychothérapie freudienne sur les troubles sexuels a été négligeable. Observations, rapports et enquêtes sont unanimes. On peut lire dans la conclusion de l'enquête d'une psychanalyste, elle-même freudienne, et non critique, sur les analysés, que l'effet de cette psychanalyse sur la sexualité des analysés est en général nul. (Les analysés parlent - Ed Stock - p 328 - D. Frischer). Alors que des thérapies basées sur le réveil sensoriel et l'apprentissage de la tendresse (méthode naturelle) ont donné des résultats excellents dans des cas d'impuissance sexuelle ayant résisté à de longues années de psychothérapies freudiennes. Ces théories scientifiques encore courantes de l'âme humaine ne résistent pas à un examen sérieux. Les auteurs qui ont mené de véritables recherches ont abouti aux mêmes constats. Ceux, californiens de l'école de Pablo Alto ont fait table rase de toutes ces théories. le psychiatre et psychanalyste Chertock, arrive, vers la fin de sa carrière aux mêmes conclusions et cite les chercheurs américains : "Les techniques psychanalytiques entretiennent des méthodes de communication qui sont exactement à l'opposé des facteurs qui font que la psychothérapie peut être bénéfique" (le non savoir des psy... p122p). Et pourtant ces mécanismes sont des phénomènes humains simples et essentiels, et qui ont toujours fait partie de la communication entre les hommes !

Ce qui est donc scientifiquement important ce n'est pas l'attachement à une idéologie mais l'exploitation des potentiels de "guérison ", lesquels sont plutôt liés au bon sens et non aux idées plus ou moins compliquées coupées de la vie. Le travail sur notre passé, sur nos blocages, la prise de conscience etc... peuvent se faire d'une manière vivante, mobilisant nos moyens naturels de transformation, ce sera alors une thérapie naturelle qui nous épanouira.

L'esprit de l'homme fonctionne naturellement par des idées et croyances. Les idées peuvent bloquer les clients comme les thérapeutes ! Il est hélas impossible de faire le point ici en quelques mots sur ces problèmes d'intérêt vital dans la vie de tout un chacun comme dans l'évolution de la culture et de la société. Et, dans cette fantastique transformation de la civilisation où tout le monde est en recherche, il faut souvent malheureusement de longues années de perte de temps et d'égarement pour retrouver son chemin. C'est pourquoi nous avons constamment organisé des recherches, des ateliers, des unités de formation afin d'orienter les personnes intéressées, de les former par un enseignement vivant et leur éviter les longues années d'égarement.

LA SPIRITUALITE, L'AVENIR DE L'HOMME ET DE SA THERAPEUTIQUE

P. Pastel : Quelle est la place du spirituel dans l'évolution actuelle de la "thérapie de la personne".

Dr Irampour : La spiritualité, c'est tout ce qu'il y a de plus concret, de plus naturel, de plus transformateur dans la vie humaine. C'est l'avenir de l'homme et de son écologie. La spiritualité (qui n'est pas la religiosité) est la manifestation de la relation simple, directe et naturelle entre l'âme individuelle et l'univers visible et invisible. Théodule RIBOT (comme Jung) qualifie la psychologie scientifique moderne de "psychologie sans âme". L'âme n'est pas simplement l'intellect. L'homme devient pleinement humain et retrouve son équilibre par sa spiritualité. Elle apporte un sens à notre vie. Elle est le règne de l'intelligibilité et de la clarté (par opposition aux mystifications, intellectuelles courantes). C'est elle qui nous fait avoir la foi dans la vie et dans celle de nos semblables. Les psychothérapeutes de renom (MASLOW, ASSAGIOLI, ...) affirment ce que les grandes philosophies de l'Etre et les grandes Traditions ont développé avec une grande cohérence et rationalité humaine. A savoir, qu'en définitive, toutes les souffrances humaines proviennent du refoulement du spirituel.

Aujourd'hui "la pollution mentale" par des idées et croyances contre-nature (qui se veulent en général scientifiques) est la source principale de la confusion spirituelle qui règne. Et cette confusion est la cause d'un dessèchement et d'un vieillissement prématuré de l'esprit ! Tout cela explique d'ailleurs la montée des sectes. Alors que, toute la vie humaine est rationnelle - y compris et surtout sa spiritualité ! Or, la spiritualité échappe au matérialisme qui est lui-même une maladie (passagère) dans l'évolution de la conscience humaine le matérialisme (dont est issu le scientisme), forme moderne d'intégrisme, postule que, par l'étude de la matière, on peut atteindre le but (oublié) de la science qui est le bonheur de l'homme et la connaissance de l'être.

Toutes les erreurs thérapeutiques, toutes les violations des lois de la nature viennent de là. Or, les spécialistes abîmés dans l'étude de la matière finissent par se couper des fondements de la vie humaine qui sont spirituels. L'Univers matériel lui-même est spirituel ! Savants et physiciens de renommée mondiale, d'Einstein en passant par David BOHM et SHELDRAK le disent et l'affirment. Voici ce qu'en dit un physicien connu, Costa de BEAUREGARD : "s'affirmera notre conviction que l'Univers matériel étudié par la physique n'est pas tout l'Univers, mais qu'il masque, démontre et laisse entrevoir l'existence d'un autre Univers bien plus primordial, de nature psychique, dont il serait une doublure passive et partielle".

Dans cette mutation, la conscience humaine se spiritualise peu à peu et la vraie thérapeutique humaine suit le même mouvement ! Il y a une quinzaine d'années, une revue américaine faisait état de plus de 4000 thèses de médecines et de psychologie réalisées sur la Méditation. Ces études montrent que, de tous points de vue, la vie du méditant s'améliore (sans parler des cas de guérison et transformations extraordinaires). Il n'est donc pas étonnant que la méditation (et la yogothérapie) soient remboursés par nombre d'assurances maladies aux U.S.A. et en Suisse la supériorité du traitement par rapport aux médicaments - qui, de tous les points de vue, coûtent plus cher à l'individu et à la société. N'ayant pas échappé aux sociétés d'assurances qui, face à la faillite qui les menace dépensent des millions à la recherche des alternatives plus valables.

LA NATURE CONTRE LES SOUFFRANCES

Combien de personnes déprimées ou travaillées en permanence par des idées et sentiments négatifs peuvent être transformées par la pratique d'exercices physiques simples et réguliers, au contact de la nature. Au début de ma carrière en psychiatrie, j'ai amené des alcooliques hospitalisés (en psychiatrie) à supprimer les tranquillisants et à venir avec moi et quelques soignants pratiquer tous les jours dans la nature, la marche à pieds, associée à des mouvements énergétiques simples, dans une ambiance de communication chaleureuse. Les résultats furent excellents (cette expérience fût rapportée dans la revue "Sport et Médecines". Cet article, d'une très grande simplicité fût plus tard sélectionné et re-publié dans la même revue dans un recueil de "contributions originales". Ce qui s'explique simplement par l'absence d'expériences systématiques et comparatives de ce type de démarche (basée sur le bon sens et la foi dans les vertus essentielles de la vie) et par la déformation qui crée la croyance illusoire dans les médicaments. Combien de chômeurs déprimés, de personnes dépendantes du tabac ou de l'alcool ont besoin d'un tel traitement (que rien ne peut remplacer !) ? Pratiquement tous !... La spiritualité est aussi liée au rapport de notre être physique et psychique d'avec la nature, sans l'écran des artifices (facettes sociales, peurs, interprétations psychologiques altérant la perception de la réalité...). Par ailleurs on constate aussi que, nombre de méthodes modernes de développement personnel se spiritualisent c'est-à-dire que quand leurs auteurs arrivent au sommet de la sagesse thérapeutique, finissant souvent et de plus en plus, par conclure que le sens de tout est spirituel chez l'homme... Ainsi le dernier livre de l'inventeur américain de l'analyse transactionnelle s'appelle "Analyse transactionnelle transpersonnelle" (spirituelle) et celui d'Alexandre LOWEN, inventeur de la Bioénergie : "La spiritualité du corps" etc... Malgré mes nombreuses années d'études universitaires, je n'ai découvert ces oeuvres essentielles qu'à travers mes lectures et apprentissages personnels (nous les introduisons dans les diplômes que nous avons créés). Vous constaterez donc, que le sommet de la science thérapeutique, celle de demain, rejoint le spirituel (demain les Universités s'y mettront également) parce que "tout ce qui monte converge" dit Theillant de Chardin. Il y a donc en filigrane, face à la dispersion et la fragmentation des approches, la convergence entre la sagesse millénaire (toujours spirituelle) et ce que la conscience des hommes éveillés de la science moderne redécouvrent d'essentiel.

CONDITION PREMIERE DU SALUT : CLARIFICATION

Redécouvrir l'essentiel, aller au coeur des problèmes humains, c'est accéder à la simplicité, aux puissances profondes de l'homme, à l'efficacité. Pour aider à évoluer dans ce sens qui est celui de notre avenir et de notre santé il faut d'abord essayer de sortir d'une vaste confusion qui règne à tous les niveaux essentiels quand il s'agit du bien qui nous est le plus cher : la santé ! Déjà, de tout ce qui vient d'être dit, il ressort aisément qu'il y a deux grandes catégories de thérapies :

1. Thérapies chimiques, organiques, allopathiques, chirurgicales, etc... ces thérapies nécessaires et indispensables en leur place ne peuvent enrayer les souffrances humaines et assurer l'épanouissement des pouvoirs naturels de l'homme.

2. Thérapies de la personne, c'est-à-dire une science qui implique une profonde idée des capacités d'épanouissement des potentiels naturels, de changement et de l'évolution positive de l'homme. Pour une telle science, une quantité considérable de détails chimiques, organiques, etc... appris par les spécialistes (et plus ou moins utiles pour eux) ne servent à rien d'autre que d'allourdir et d'encombrer l'esprit. Par contre, il est nécessaire de revenir à l'homme, mais comment ? Quelle est, parmi les spécialités scientifiques existantes, la discipline la plus susceptible de nous aider à revenir à nous-mêmes - (C'est-à-dire capable de mobiliser les potentiels profonds de l'homme) - celle du médecin ? de l'éducateur, du psychiatre ? J'ai exercé pendant plus de 20 ans la psychiatrie, c'est-à-dire la médecine mentale.Sa spécificité consiste dans la prise en charge des malades mentaux, dont il faut connaître les signes, les pièges à éviter, la législation, la connaissance des problèmes médico-légaux, une partie de l'anatomie, de la physiologie nerveuse, les médicaments psychiques. Il y a beaucoup de choses utilitaires à apprendre pour être psychiatre, mais toutes ces informations enseignées ne permettent pas de comprendre mieux que par une discipline comme la philosophie, les souffrances humaines (peurs, angoisses, stress...) qui font le lit de tant de maladies. Une connaissance précise de l'origine et de l'histoire des méthodes de potentiel humain permet de conclure que, toutes ces connaissances médicales n'ont permis par elles-mêmes d'inventer aucune des méthodes de développement personnel. Leurs auteurs les ont créées, en général, en-dehors de ces cadres et par réaction, contre les thérapies courantes... A un niveau très terre-à-terre, des chercheurs de différentes catégories sont aujourd'hui unanimes pour reconnaître que, pour combattre les souffrances humaines il faut démédicaliser, beaucoup, un grand nombre de problèmes : chômage, alcoolisme, tabagisme, stress, angoisses existentielles, etc...

COMMENT EVITER LES DEFORMATIONS PROFESSIONNELLES

P. Pastel : Comment éviter toutes ces déformations ?

Dr. Irampour : Il nous faut reprendre tout ce qui vient d'être dit, développer en détail toutes les notions de l'approche transdisciplinaire (que j'ai citées au début de cet entretien). Cela est fastidieux !

Je me contente ici de quelques remarques essentielles. Pour ce faire, il faut d'abord valoriser, sinon ressusciter l'intuition individuelle chez chacun. Il n'existe pas un seul problème important ou une notion importante dans le domaine qui touche à l'homme (sa thérapie, son éducation ou ses souffrances...) qui ne soient pas intelligibles et compréhensibles par chacun. Il y a en chaque homme une connaissance humaine intuitive de ces réalités humaines, l'intuition est la base spirituelle de nos connaissances . HUGO disait "l'intuition est la part divine de l'homme".

- Qu'est-ce-qui refoule et déforme cette intuition au point d'éloigner les hommes du simple bon sens ?

- Les connaissances mal articulées, mal enseignées ! L'Homme est malade de son savoir. Le bourrage de l'esprit par le savoir, le vide de ce qui dépasse tout savoir !

Une des constatations majeures de nos enquêtes scientifiques est le fait suivant : l'intuition de beaucoup de non-diplômés, concernant tout ce dont nous parlons ici (la thérapeutique humaine, l'éducation, la cause des souffrances, leurs solutions) est souvent plus exacte, plus salvatrice que celles de ceux qui ont fait des années d'études de psychothérapie ou de psychologie. Ce qui fait que le spécialiste diplômé, est amené à son insu et automatiquement à compliquer les choses, à s'écarter de la réalité vivante, à avoir l'impression non seulement de l'impossibilité (là où les possibilités existent simplement) mais aussi le complexe de l'imposture. Il finit par jouer le jeu des automatismes plus ou moins établis qui n'ont pas d'avenir et qui ne touchent pas à l'essentiel des potentiels et capacités de mieux-être et d'équilibre que possède chacun.

Se raccorder donc à nos propres intuitions qui sont les bases naturelles de nos connaissances, est un acte d'hygiène mentale et spirituel indispensable (cette démarche rejoint aussi celle de la sincérité et d'authenticité). Cela amène aussi le stagiaire à utiliser sa propre méthode de préférence dans une approche globale dans la relation d'aide.

Alors toutes les données scientifiques intéressantes deviennent intelligibles et s'assimilent avec facilité par le stagiaire. Dans nos formations, une animation permanente permet, non-seulement de ne pas inhiber ou refouler les questions qui viennent à l'esprit des stagiaires, mais les favoriser et d'en découvrir les aspects essentiels liés à l'essence même de la vie de chacun. Quand l'intuition de chacun est accueillie et comprise, toutes les données scientifiques enseignées deviennent intimement intelligibles et saisissables par chacun. Dès lors le plaisir et la joie d'apprendre augmente de façon fantastique les capacités d'intégration et d'assimilation des étudiants. Dans une telle atmosphère et au fil des développements et de la participation de tous les étudiants à l'élaboration de la synthèse, ils découvrent des "choses" essentielles pour eux, pour leur avenir, et leur épanouissement intellectuel, culturel et social (l'étudiant découvre ses propres vocations professionnelles, les méthodes de développement personnel qui pourraient lui convenir le plus, des lectures simples et fondamentales qui seront indispensables pour épanouir ses dons et sa propres sensibilité...).

Une autre cause de la déformation est la spécialisation. Au train où vont les choses actuellement, on peut s'attendre à ce qu'il y ait bientôt des spécialistes du sein gauche et du sein droit. Concernant les souffrances humaines (où l'approche globale et unitaire de l'homme est seule primordiale et prioritaire), les spécialisations vont aussi croissant ! : stressologie, agressologie, tabagologie, suicidologie, alcoologie... Alors qu'il existe une unité des souffrances humaines qui abordée, développée et comprise, nous permet de comprendre avec aisance les détails (beaucoup moins importants) de ces spécialités. Alors seront évacués beaucoup de faux problèmes et de fausses solutions qui empêchent les hommes de s'occuper de ce qui les regardent et le bon sens sera rétabli.

Une telle synthèse de l'approche globale de la thérapeutique de la personne peut se faire à travers la plupart des maladies telles que les dépendances, les troubles psychosomatiques, etc...

LES DEPENDANCES (Alcool, tabac, drogues, nourriture) EXEMPLES TRES RICHES :

P. Pastel : Pourriez-vous nous parler précisément des dépendances et ce qui vous a tant motivé à mener des recherches sur ce sujet ?

Dr. Irampour : Pour de nombreuses raisons, les unes aussi essentielles que les autres : Les dépendances concernent en France des millions de personnes. Sur 35 millions de consommateurs de boissons alcoolisées, 5 millions sont dépendantes de l'alcool. Sur 18 millions de fumeurs, 9 millions souffrent des pathologies graves. Il faut également faire un travail pédagogique d'écoute et d'orientation simple avec l'entourage des malades (malades cancéreux, alcooliques, toxicomanes, etc...). Or, le simple entourage des alcoolo-dépendants est estimé à 10 millions de personnes. Toute personne motivée, formée, pourrait travailler dans ce domaine qui est immense, et où les démarches pour sortir les gens des dépendances se développent et évoluent beaucoup. Or, le traitement qui pourrait être utile ou nécessaire, pour les dégâts causés (par l'alcool, tabac...) dans l'organisme (cancers, bronchites, cirrhoses...) ne guérissent pas de la dépendance elle-même ! la dépendance constitue un excellent exemple de la thérapie de la personne. Car tous les problèmes essentiels d'une telle thérapie globale de l'homme, y sont présents : engagement dans la voie de la thérapie, choix et décision, accompagnement, potentiels humains à mobiliser... Ainsi, l'alcoolisme nous sert de matière et de terrain pour aborder tous les problèmes essentiels de toute thérapeutique humaines de l'homme. Par ailleurs, l'avenir est l'intervention dans les entreprises, la création de cabinets conseil ou des associations, des centres de séjour et d'ateliers pédagogiques à la campagne et dans la nature. Car les personnes ayant ce type de problème désirent de plus en plus s'en sortir. Les diplômes d'alcoologie avaient été créés dans plusieurs Universités (comportant d'équivalent de 8 à 9 week-end de cours où pouvaient s'inscrire des thérapeutes, d'anciens malades guéris, des soignants, etc...). Le diplôme que j'ai dirigé pendant 10 ans à l'Université avec une équipe de chercheurs, avait fait de la thérapeutique de la dépendance un enseignement de 10 week-end englobant tous les problèmes de la relation d'aide dans la thérapeutique de la personne en général (c'est ainsi que notre enseignement de synthèse transdisciplinaire rendait la connaissance et la compréhension des problèmes de l'alcoolisme et leurs solutions exceptionnellement claires).

Dans ce domaine, il faut tout réviser, tant au plan théorique qu'au plan de la pratique, afin qu'un grand nombre de personnes motivées puissent apporter leur contribution à la thérapie.

La place nous manque ici pour aborder tous ces problèmes. Je prends simplement l'exemple des théories sur l'alcoolisme et sa thérapie et celui de la pratique quotidienne de la thérapeutique. Le Prof. PELICIER, alcoologue et psychiatre, homme de bon sens, parle (au terme de longues années de pratique) de la "faillite générale des théories" sur l'alcoolisme. Il ajoute "entre l'alcoolique et l'observateur scientifique (...) il y a l'écran des interprétations (...), notre équipement conceptuel est lourd quand il s'agit d'aller au coeur de l'expérience". Au niveau de la pratique de la thérapeutique et de son efficacité, les groupes d'anciens alcooliques (groupes néphalistes) obtiennent d'excellents résultats.

Ces groupes constitués de membres d'associations de patients alcooliques, fonctionnent sur la base de l'amitié, de la communication, de la solidarité, de la compréhension... et désirent guérir de l'alcoolisme par leurs propres efforts. Aux USA, il sont systématiquement associés à toute équipe thérapeutique universitaire ou non, soignant des malades alcooliques.

Le Dr FOUQUET, alcoologue de réputation internationale, écrit : "On n'a sans doute pas assez réfléchi sur la signification de l'existence et du rôle des groupes Néphalistes. (...) Leur multiplication est un témoin de leur efficacité grandissante. Bien des médecins ont alors ressenti comme insupportable la prétention des alcooliques à se "guérir d'une maladie" par eux-mêmes (...) mais bien des observations à long terme apportent-elles la preuve de l'inutilité - ou de la nocivité - de bien des manipulations médicales ou psychiatriques. Sans séjour hospitalier, sans chimiothérapie, un nombre croissant de "malades" bénéficient suffisamment du pouvoir thérapeutique de ces groupes pour se stabiliser à de très bons niveaux."

Dr CHAMPEAU, ancien Médecin Chef qui est comme le Dr FOUQUET, un des "alcoologues historiques" déclare : "Pour tous ceux qui travaillent réellement dans l'aide aux personnes en difficulté avec l'alcool, il est évident que les groupes néphalistes sont indispensables pour le relèvement et la thérapeutique de ces personnes. Ils sont efficaces même dans la guérison des patients dont la thérapie a été un échec pour nous médecins".

En effet, dans l'alcoolisme, les toxicomanies, le tabagisme etc.. il faut bien distinguer deux niveaux de thérapies (que j'ai déjà évoquées et qui par cet exemple concret devient ici plus significatif) :

1. Le traitement qui s'adresse aux troubles engendrés par les toxiques (cirrhoses, cancers...) et qui relève de la thérapie médicamenteuse. Mais ce traitement ne peut pas guérir de la dépendance qui relève de ...

2. l'approche globale de l'homme : dans cette approche les connaissances chimiques, médicamenteuses, organiques ne servent pas à grand chose. Ceux qui disposent de ces savoirs n'obtiennent pas davantage de résultats que les acteurs et praticiens qui n'en disposent pas.

Notre synthèse sur la thérapeutique globale de l'homme (à l'Université comme ailleurs) à travers le problème d'alcool connut, un grand succès. non-seulement des étudiants de province, mais aussi belges, luxembourgeois, suisses, hollandais venaient recevoir cet enseignement, une fois par mois.

UNE SYNTHESE INEDITE

P. Pastel : Pourriez-vous nous parler des formations et recherches actuelles de la faculté que vous avez créée.

Dr. Irampour : Ces décennies de recherche nous ont amenés à créer notre faculté privée, inscrite officiellement auprès de la chancellerie des Universités, pour mener des recherches, créer un réseau international et offrir des diplômes d'études supérieures (D.E.S).

Pour les D.E.S. il s'agit de combler un vide en formant à une synthèse globale dans ces domaines, et ceci conformément aux critères de la synthèse transdisciplinaire dont nous avons discuté ensemble.

Il existe, à présent, deux D.E.S. de 10 week-end, les cours sont les mêmes sauf que le mémoire final, les devoirs et les exercices et les questions le jour de l'examen seront différents.

Le premier D.E.S. : relation d'aide et potentiel humain.

Le 2ème D.E.S. : relation d'aide et dépendances. Chaque futur diplômé saura travailler selon ses motivations, ses expériences, sa méthode et son statut à un niveau quelconque indispensable dans la relation d'aide.

L'enseignement est ouvert à tous... Nous nous sommes aperçus que beaucoup de personnes multiplient études et stages et restent perplexes ou n'arrivent pas à travailler (pour des raisons multiples évoquées ici) et que ce qui manquait à tous ceux qui veulent travailler ou qui travaillent déjà dans un domaine de développement personnel, de bien-être ou de thérapie de la personne, c'était une synthèse .

Cet enseignement sur la relation d'aide réalise une synthèse vivante et unifiante des vraies connaissances scientifiques et humaines (qui deviennent ainsi intelligibles pour tous) permettant d'éviter les erreurs, de découvrir des connaissances fondamentales, indispensables pour s'orienter soi-même dans ses démarches d'évolution personnelle, d'intégrer sa propre méthode de préférence dans une approche globale éducative ou thérapeutique, d'éviter tout ce qui empêche d'acquérir la confiance en soi, d'agir et de travailler professionnellement (ainsi qu'un long parcours de combattant pour finir par se positionner et découvrir sa filière de travail) etc... Cette synthèse est double (les deux parties sont étroitement liées ce qui facilite exceptionnellement l'assimilation du programme ). Elle comprend :

1. synthèse sur les problèmes (voir les souffrances humaines évoquées au début de cet entretien avec des chapitres très importants tels que : entourage des malades) ;

2. synthèse sur les solutions.

RESEAU DE COOPERATION, D'AMITIE, D'ECHANGES...

P. Pastel : Quelle sont les démarches de votre Faculté ?

Dr. Irampour : La Faculté a pour vocation d'être une Université internationale au service de tous avec un réseau dont l'objectif consiste à épanouir et enrichir la vie par des liens et projets positifs et de nombreux programmes afin que beaucoup de potentiels humains (de tous genres) puissent être mis à profit et s'additionner... toutes les difficultés proviennent du sentiment d'impuissance et d'absence de moyens et de liens, alors que les personnes les plus démunies disposent des capacités considérables. Celles-ci s'annihilent parce que nous passons notre temps à bafouer les forces et aspirations les plus positives (naturelles ) de notre être !!... l'idée scientifique centrale du réseau consiste donc à créer un cadre de coopération, dans une atmosphère de transparence, d'amitié profonde et généreuse et de confiance grandissante pour que ces forces puissent s'épanouir et devenir réalités. Tout le monde (quelle que soit l'origine socio-professionnelle des personnes) peut y apporter sa touche et en bénéficier. Voici quelques exemples : 1) Echanges de séjours conviviaux (en France, Canada, la CEE, Suisse, etc...). 2) Echanges de compétences et de services. 3) Conventions avec des Universités étrangères. 4) la loi de 1986 autorise toute Université à intégrer (et à accorder même des équivalences pour) tout savoir appris en-dehors de toute structure officielle. Nous pourrons envisager toutes sortes de coopérations (intégration de stages, organisations conjointes de Formations en toutes régions...)...

 

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