*Macrobiotique, médecine et spiritualité - unisson06
spiritualite - unisson06
 

Macrobiotique, médecine et spiritualité

par Jacques Mittler

Il est difficile de présenter la Macrobiotique, déjà (trop) réputée pour ses seules recommandations alimentaires, lesquelles ne représentent qu'imparfaitement sa véritable vocation.

Tantôt critiquée en tant que " régime alimentaire carencé ", " alimentation japonaise ", tantôt louée comme " alternative à l'alimentation moderne ", la Macrobiotique est un mode de vie basé sur l'observation des couples d'opposés, dont le but rejoint la finalité de toute Tradition: la connaissance de soi et de l'univers, la libération, l'éveil.

Tout au plus parle-t-on vaguement d'une philosophie orientale à son sujet, ou d'une théorie du Yin-Yang réservée aux seuls initiés. Une mise au point s'imposait, après 50 années de développement.

Origines de la Macrobiotique

Le mot "macrobiotique" est composé du Grec macro : grand, et bios : la vie.

Ce terme, repris en 1796 par le Dr allemand Huffeland pour qualifier sa méthode d'hygiène alimentaire, fut déjà utilisé par Hippocrate et Aristote en tant qu'adjectif désignant la longévité.

Lorsque le Japon s'isola du monde (du 17 ème au 19 ème siècle), la pensée macrobiotique se développa avec un raffinement extrême, jusque dans les arts martiaux et l'art culinaire, décrit par Ekken Kaïbara (1630 - 1716) dans " Les Secrets Japonais de la Bonne Santé ").

Mais c'est aussi dans les monastères Zen, où les moines étaient réputés pour leur longévité, qu'il faut rechercher l'origine de la Macrobiotique actuelle. Pratiqué par les moines zennistes, le savoir-faire du s yoojin ryoori (Litt.: " cuisine qui améliore le jugement ") fut gardé secret jusqu'à l'arrivée de Georges Ohsawa (voir ci-après) et de Me Deshimaru (qui commenta pour ses premiers élèves occidentaux le " Tenzoo Kyokun ", l'ouvrage magistral du Maître Dogen sur l'alimentation Zen).

Dans un sens plus large, le qualificatif " macrobiotique " pourrait s'appliquer au mode de vie naturel ancestral des peuplades dites "primitives" mais proches de la nature et respectueuses de leurs traditions. Tout aussi bien pourrait-il convenir à un christianisme originel ou à toute religion authentique, dès lors que ces dernières prennent en compte les dimensions psychologiques et spirituelles de l'être, sans en oublier les composantes physiologiques, trop souvent ignorées ou négligées dans la pratique.

Aujourd'hui, le terme a été repris pour qualifier tout particulièrement l'enseignement du philosophe japonais Georges Ohsawa.

Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa), 1893 - 1966

Après s'être lui-même guéri sur les conseils du Dr Hiziduka Sagen (1850 - 1910), lui-même successeur de Ekken Kaïbara et représentant de la médecine traditionnelle chinoise, Georges Ohsawa tenta d'expliquer l'antique conception du Yin et du Yang, en l'appliquant non seulement à l'art de la guérison, mais aussi à toute science, dans le but de rapprocher des cultures aussi différentes que celles de l'Extrême-Orient et de l'Occident.

C'est en 1929 qu'il publia en France son livre " Le Principe Unique de la Philosophie et de la Science d'Extrême-Orient ", avant de revenir en 1956 pour diffuser son enseignement.

Citons parmi ses actions les plus remarquables: l'introduction du Zen en Occident (avec Me Deshimaru), de l'Aïki-do (avec Me Motizuki, disciple direct de Me Ueshiba), de l'acupuncture (avec Mr Souliè de Morant), sa notoire contribution au développement de l'agriculture et de l'alimentation biologiques et sa collaboration aux travaux de Mr Louis Kervran sur les transmutations biologiques. G. Ohsawa fut en outre Président de la Société des Médecins Traditionnels du Japon , succédant en cela au Dr Hiziduka Sagen.

De nos jours, son enseignement est perpétué par quelques-uns de ses disciples (dont Michio Kushi aux U.S.A.), et un certain nombre d'élèves de ces derniers.

Les bases et le but de la Macrobiotique

La première approche de la Macrobiotique consiste à modifier la manière de nous alimenter, pour rétablir naturellement notre santé.

La médecine traditionnelle d'Extrême-Orient ayant depuis longtemps établi les relations entre la physiologie et la psychologie, il devenait logique qu'une alimentation naturelle et juste devrait contribuer à améliorer notre santé et notre comportement. Mais cette seule démarche, pour si importante qu'elle soit, ne serait rien sans une profonde réforme de notre manière de penser, d'agir et de voir le monde.

Le but de la Macrobiotique est d'éveiller notre jugement (*) à une compréhension synthétique de la vie et de l'existence, et pour cela, de garder intact (ou d'optimiser) notre potentiel vital afin de le consacrer à la poursuite d'un but élevé.

Sans ce but, sans le désir profond et sincère de réaliser ce but, la réforme alimentaire qu'elle propose ne peut à elle seule garantir un succès automatique. C'est pourquoi la pratique de la Macrobiotique doit être associée à une démarche individuelle vers une spiritualité de plus en plus vivante.

La Macrobiotique ne se réclame d'aucune croyance et ne prétend pas s'imposer par opposition à d'autres voies, au sein desquelles elle se voudrait complémentaire. Loin de préconiser telle ou telle religion particulière, elle recommande à chacun de poursuivre et d'approfondir sa propre pratique spirituelle.

Elle se présente en somme comme une sorte de jeûne, compatible avec toute recherche personnelle car indépendante de toute confession religieuse, encore qu'elle rejoigne ces dernières dans leurs fondements métaphysiques (Nous entendons le jeûne au sens bouddhique du terme: une recherche du détachement, l'abandon de ce qui n'est pas nécessaire, et pas seulement sur le plan alimentaire).

En d'autres termes, la Macrobiotique vise à acquérir la sagesse, en rétablissant d'abord notre santé. Chacun en retirera les bénéfices à la mesure de son attention et de son degré de motivation dans la pratique.

La Macrobiotique est une pratique avant tout

Il n'y a pas de modèle préétabli ni de règles à suivre, contrairement aux idées reçues qui voudraient y voir un type d'alimentation fixé par des normes invariables.

Dans sa constitution plus profonde, la Macrobiotique s'apparente au Zen dont elle est issue, car non-conceptuelle, paradoxale et non-scientifique. Son étude se fait essentiellement par la pratique, en observant le jeu des polarités Yin et Yang que l'on appliquera à tous les domaines de l'existence, et pas exclusivement à l'alimentation ou aux guérisons des maladies.

Rappelons que le Zen a pour ambition l'autonomie du jugement, la clairvoyance, l'acceptation du présent.

La santé, selon la Macrobiotique

Comment imaginer que la santé (et a fortiori la guérison) puisse s'obtenir avec d'autres moyens que ceux proposés par la médecine officielle ? Il y a bien ici et là quelques avancées dans les médecines alternatives et les modes alimentaires mais tant de contradictions, inévitables, font que l'on a du mal à s'y retrouver !

Pour la Macrobiotique, la santé inclut, outre une bonne condition physiologique, tout ce qui a trait à notre comportement et au maintien de nos facultés. Il n'est jusqu'à la mémoire, la bonne humeur, la bonne qualité du sommeil ou l'exactitude du jugement, etc., qui ne soit envisagées comme des composantes importantes de la santé.

Pour G. Ohsawa, il s'agit d'une " révolution biologique, physiologique et logique " (**) au moyen de laquelle il devient possible d'acquérir l'indépendance vis-à-vis des conditions extérieures (coups de froid, microbes, etc.) sans avoir recours à de quelconques traitements préventifs.

A la différence des méthodes habituelles, la Macrobiotique nous offre la possibilité d'un auto-contrôle en observant au jour le jour nos modifications physiologiques et psychologiques, au moyen du référentiel Yin-Yang. Par exemple, il devient aisé (et cela constitue un ensemble de critères utiles aux rectifications nécessaires) de réduire notre sensibilité aux coups de soleil, ampoules, courbatures, migraines, etc., ou de surveiller nos humeurs comme de mieux gérer nos émotions. A fortiori, éviter les rhumes de cerveau devient un jeu d'enfant !

La guérison macrobiotique

Une vraie guérison s'obtient par la suppression des causes de la maladie.

La recherche de la guérison physique, pour si importante qu'elle soit, n'est pas le but de la Macrobiotique. Se guérir d'une maladie constitue la période d'apprentissage, une mise en condition, car la Macrobiotique se veut avant tout éducative.

Les causes de la maladie peuvent se ranger en trois catégories:

- Les causes physiologiques, liées au "terrain" et à la constitution individuels pour lesquels les influences extérieures ne sont en réalité que des facteurs déclenchants, et bien sûr une alimentation inadaptée.

- Les causes psychologiques, mises en évidence par le Dr Hamer (le " décodage biologique ") et répondant à un symbolisme familier (le "langage des oiseaux"), toutefois vérifiables par un scanner du cerveau.

- Les causes d'origine spirituelle, parmi lesquelles nous citerons l'ignorance, l'arrogance (***) ou, d'une manière générale: toute croyance en un univers indépendant de notre conscience.

A propos de Macrobiotique, on a beaucoup parlé de sa " guérison en 10 jours ", et de fait beaucoup de résultats spectaculaires ont été obtenus par sa pratique. Toutefois, ici comme ailleurs, la guérison n'est que symptomatique si elle ne s'accompagne pas de la démarche ci-dessus évoquée. Et à ce titre, les témoignages cliniques recueillis ne sont guère plus valables que ceux émanant d'autres techniques…

A propos d'alimentation

On a dit que la Macrobiotique est "contre" les fruits et les crudités, "contre" les pommes de terre, "contre" les médicaments et la médecine, etc.

Il est vrai, sa pratique tient plutôt du végétarisme car elle évite les produits animaux (principalement les produits laitiers) mais en réalité, elle ne comporte aucune obligation ou interdiction. Il est également vrai que ses recommandations "curatives" conduisent à écarter certains aliments à titre provisoire. De là à en faire une généralité, il y a tout un monde !

Dans ce domaine où tout (et le contraire de tout) a été dit, pourquoi la Macrobiotique serait-elle plus fiable que telle ou telle école de naturopathie ou de diététique à la mode ? Chaque théorie possède sa part de vérité et ses résultats positifs, mais la différence principale se fonde sur le fait qu'ici rien n'est définitif dans la manière d'opérer. Le changement, l'adaptation constante aux besoins individuels eux-mêmes changeants soulignent le caractère non-conceptuel de la Macrobiotique.

Du point de vue des symptômes cliniques, on en jugera les manifestations au moyen des critères Yin-Yang, le rétablissement se faisant en réajustant l'équilibre alimentaire. La méthode consiste à réduire l'acidité des liquides physiologiques, ce qui s'obtient en supprimant ou ajoutant certaines catégories d'aliments, ou en modifiant les méthodes culinaires habituelles.

Pour la Macrobiotique, toute maladie relève d'un comportement alimentaire erroné. Cependant, prétendre qu'un réajustement de la nourriture nous conduira automatiquement au " jugement suprême " serait une caricature ! Pour être clair, disons que s'alimenter consiste à vouloir acquérir, consciemment ou non, les qualités des êtres (végétaux ou animaux) consommés. Dans cette relation à la nourriture, on retrouve le même symbolisme qu'en décodage biologique, si tant est que les relations sont la seule réalité, d'ordre spirituel rappelons-le.

Les "directives préparatoires"

Afin d'en permettre une première approche, on trouvera dans ses " directives préparatoires " (parfois nommées " régime standard ") quelques conseils généraux applicables sans difficulté. Disons en résumé qu'elles préconisent la consommation de céréales complètes (en particulier le riz), avec diverses proportions de légumes et fruits régionaux et de saison. Les produits d'origine animale n'y sont présents qu'en faibles quantités, car peu propices à la poursuite d'un idéal spirituel. Ces directives sont aujourd'hui rejointes par divers organismes officiels, y compris la Food and Drugs Administration et l' O.M.S.

Pour simplifier, une alimentation composée à 50% au minimum de céréales complètes plus quelques légumineuses, exempte de produits laitiers et de viandes, sans sucre ni épices ou autres excitants et très peu de fruits (surtout exotiques), peut en représenter une formule moyenne.

Parmi ses autres recommandations: éviter les solanées (pommes de terre, tomates, etc.) et limiter autant que possible les quantités de boissons, ce dernier point étant en contradiction avec les conseils médicaux habituellement prodigués.

En marge de ces directives, un certain " régime N°7 ", réservé plus particulièrement à des fins curatives ou expérimentales, a contribué à faire connaître la Macrobiotique comme une alimentation exclusivement basée sur les céréales, alors qu'elle permet la plus grande liberté (à la condition d'avoir rétabli une santé satisfaisante). Rappelons qu'à son sujet un minimum de précautions doit être pris, surtout du fait que depuis les années soixante la constitution et l'état de santé de la population se sont nettement détériorés. Ce régime sévère, constitué à 100% de céréales complètes, s'il reste théoriquement valable, n'est plus guère praticable que par des personnes motivées et prudentes.

A ceux qui craignent des carences, rappelons que des vérifications scientifiques ont été effectuées, encore que ces dernières soient controversées et ne puissent mettre en évidence les potentialités de la dialectique Yin-Yang.

La dialectique Yin-Yang

Telle que G. Ohsawa nous l'a présentée, la conception en Yin et Yang des phénomènes physiques est une vision structurale du monde, essentiellement descriptive, contrairement à son utilisation en médecine chinoise, qui est plutôt une vue "énergétique", une conception métaphysique de l'univers.

Il ne faudrait pas voir dans cette opposition une querelle d'école ou une contradiction. Les deux approches se complètent, celle de G. Ohsawa étant plus susceptible d'applications scientifiques, bien qu'applicable d'un point de vue philosophique.

Pour ce qui est de la théorie, les termes Yin et Yang définissent et généralisent les tendances opposées mais complémentaires de tout principe, au sein des manifestations qui les représentent. L' infini est la source de ces polarisations, dont les manifestations physiques sont éphémères et interdépendantes.

Cette notion d'infini, en tant que principe universel (nommé ici " Principe Unique "), nous permet d'unifier la métaphysique et les sciences, les phénomènes physiques étant considérés comme les apparences sensibles d'une réalité invisible, de nature spirituelle.

La philosophie du "Principe Unique"

Ce principe, que l'on peut nommer " vide ", " infini " ou " non-être ", est à l'origine du bouddhisme, comme de l'idée de Dieu à condition de ne pas s'en faire une représentation anthropomorphique ! Mais ici, il est susceptible d'applications physiques et métaphysiques, et ouvre une explication rationnelle au non-dualisme (la dualité étant un état de fait, non une réalité en soi).

Contrairement à la logique formelle dualiste qui régit la science moderne (la matière et l'esprit y sont séparés), la logique universelle proposée par G. Ohsawa repose sur l'antagonisme et la complémentarité de toute polarisation dans notre monde qualifié de " relatif ". L'étude et les applications de ce principe ont pour but de nous amener à une transformation individuelle dans notre façon d'appréhender les phénomènes de l'existence.

L'enseignement de G. Ohsawa est à l'image du Zen et de son caractère typiquement japonais: abrupt, sans compromis, absolu et constamment relié à la reconnaissance de la réalité spirituelle universellement présente. L'exhortation de G. Ohsawa à l'étude du Principe Unique revient comme un leitmotiv: "pour acquérir la Liberté infinie , le Bonheur éternel et la Justice absolue ".

Le Principe Unique et la science

Bien qu'à l'origine, sa vocation était d'expliquer le pourquoi des choses, la science moderne est exclusivement basée sur les dimensions mesurables (dites objectives) des données matérielles. En conséquence, elle est devenue exclusivement descriptive, utilitaire, et se confond le plus souvent avec ses applications technologiques.

La logique formelle qui la sous-tend, héritée d'Aristote et de Descartes puis de Newton, ne répond pas hélas au fonctionnement de la nature, ce qui la rend inapte à son utilisation dans les sciences biologiques ou humaines. Le non-visible y est tenu pour subjectif, c'est-à-dire imaginaire, ou faisant partie d'un monde à part sans connexion avec le concret, confondu avec la réalité.

Par la mise en évidence des lois qui régissent les contraires, la dialectique du Principe Unique ouvre la voie à une nouvelle science, déjà perceptible en physique atomique (la logique quantique), mais aussi en médecine où les aspects psychologiques commencent à être mieux pris en considération.

S'il existe des différences et des contradictions flagrantes entre la philosophie du Principe Unique et la science, entre la Macrobiotique et la médecine, la raison en est que leurs fondements et leurs solutions sont radicalement différentes !

La spiritualité en Macrobiotique

A l'instar de la démarche bouddhiste, la Macrobiotique est un chemin vers l'éveil, à condition bien sûr de l'envisager comme tel et de ne pas s'en tenir à une pratique diététique "de santé".

Plus précisément en ce qui concerne la santé promise, proche de l'invulnérabilité ou de la sainteté, rappelons que son acquisition n'est pas automatique; elle reste un idéal à atteindre, une direction à suivre. Toutefois, les résultats souvent obtenus lors de sa pratique sont à prendre en considération, et ne peuvent être passés sous silence !

Par sa pratique, les influences Yin ou Yang des aliments sont perçues quasi physiologiquement et nous aident à développer notre intuition, à prendre conscience de relations subtiles que la science matérialiste ne peut mettre en évidence. Mais à cause de sa réputation en matière de diététique, les aspects spirituels de la Macrobiotique sont généralement passés sous silence, et de ce fait méconnus. Prétend-elle apporter un renouveau en ce domaine ?

Les religions et la majorité des écoles spirituelles ont déjà tout dit. Il suffit de s'y reporter, il n'y a rien de neuf sous le soleil ! La Macrobiotique ne fait qu'expliciter, décrire et expliquer avec Yin et Yang le mécanisme de la vie: elle nous apprend à exercer notre discernement, à réfléchir sur le sens de notre existence. Impermanence, interdépendance, réincarnation, compassion, etc. sont autant de notions qu'il ne faut pas négliger, mais ne pas prendre au premier degré. Et si la notion d'un Dieu " personnel " est étrangère à la conception bouddhiste, cela n'empêche pas de méditer sur le sujet…

Avertissement, mise en garde

La Macrobiotique n'est pas une voie aisée, aussi nécessite-t-elle une vraie motivation, et ne doit pas être pratiquée comme un traitement temporaire ou une simple diététique.

Sans en étudier la théorie, c'est-à-dire réfléchir sur ses fondements philosophiques et en apprendre le mécanisme dialectique (le Yin-Yang), elle présente des risques et des écueils dangereux, surtout si elle est appliquée trop strictement.

Il est recommandé de la pratiquer au début avec une personne expérimentée (à moins de s'en tenir à des modifications sommaires dans l'alimentation habituelle). Une période de transition est souvent nécessaire, au cours de laquelle des éliminations (d'ordre physiologique ou psychique) sont possibles, souvent inquiétantes pour des personnes non averties et prises à tort par la médecine pour des maladies.

Différentes approches possibles de la Macrobiotique

Si la vocation de son enseignement est essentiellement spirituelle, comment malgré tout rester insensible aux souffrances de nos semblables et ne pas partager ce que l'on sait ?

Après une première période de diffusion, différentes "écoles" pourraient voir le jour, sans que cela nuise à ses fondements. Selon ce que chacun recherche, les développements suivants sont envisageables si l'on veut bien ne pas y voir de désaccords quant au principe:

- stricte (période d'apprentissage et d'expérimentation, définie dans des limites précises)

C'est la méthode la plus sûre, mais pas la plus facile, pour découvrir ses possibilités et son mécanisme. A réserver aux personnes motivées et attentives !

- élargie (régime "de croisière")

C'est le mode de diffusion adopté pour sa présentation au grand public, en évitant les dangers d'une pratique inconsidérée.

- ou monastique…

Dans son application "pure et dure", elle sera le mode de vie de ceux et celles qui désireraient vivre "l' Ordre de l'Univers " physiologiquement et spirituellement dans leur quotidien.

- en appoint à la médecine

Il est illusoire de vouloir se passer de la médecine (officielle ou autre). Si à titre individuel, un malade souhaite supprimer tout traitement, cette décision n'appartient qu'à la seule personne concernée.

Sans préjuger des bienfaits ou des méfaits de la médecine, il est clair qu'une alimentation bien conçue ne peut que renforcer ses possibilités de guérison. Notons cependant qu'en bien des cas, le recours à la médecine s'avère inutile, voire nuisible !

- ou pour modifier une alimentation courante

L'alimentation moderne, industrielle, sujette à la publicité et en proie au développement des O.G.M., ne peut se porter garante de la santé publique.

En s'inspirant des directives préparatoires macrobiotiques, on pourrait infléchir la tendance de la consommation actuelle pour freiner la progression de certaines maladies. Le budget de la Sécurité Sociale s'en trouverait du même coup largement soulagé !

Le mouvement macrobiotique

S'il donne parfois l'impression de manquer d'unité, c'est surtout en raison des différentes sensibilités et des approches choisies par ses enseignants, chacun ayant sa propre expérience, sa propre compréhension, et sa motivation dans la forme de diffusion qu'il souhaite donner à ses actions.

En tout état de cause, on ne peut apprendre la Macrobiotique auprès d'une seule personne, aussi expérimentée soit-elle, compte tenu de l'idéal de liberté à entretenir et du fait que pour cette raison, aucune hiérarchie n'a été instaurée.

Différents "niveaux" et certifications ont été donnés par quelques enseignants à leurs élèves pour valider leur assiduité à divers stages de formation, mais en aucun cas ceux-ci ne peuvent être considérés comme définitifs et garants d'authenticité, en raison de l'impermanence inhérente à toute évolution humaine.

Le jugement individuel reste et restera le seul critère de validité quant à l'enseignement prodigué…

Contribution de la Macrobiotique à la paix dans le monde

En établissant d'abord la santé individuelle, puis celle de la famille, au lieu d'espérer que la paix vienne des instances politiques nationales et de leurs décisions, chacun de nous peut et doit participer à l'établissement d'une société sans conflits. N'oublions pas toutefois que la loi des contraires veut que les antagonistes soient inséparables, tels que le haut et le bas, le clair et l'obscur, la santé et la maladie !

Pratiquement, il serait possible de résoudre le problème de la faim dans le monde, en privilégiant la consommation des céréales en lieu et place des produits et sous-produits animaux, une certitude partagée par nombre d'écologistes.

D'un autre côté, il y aurait lieu de limiter les effets du réchauffement climatique en adoptant des comportements moins consommateurs d'énergies fossiles (uranium inclus…), ce qui supposerait une adoption largement étendue de l'esprit macrobiotique.

En attendant, chacun de nous fera de son mieux…

Pour découvrir et apprendre la Macrobiotique

La Macrobiotique ne s'apprend pas dans les livres, mais par la pratique. Des cours de cuisine et des causeries ou des stages sont donnés ici et là au sein de divers groupes ou associations, auprès desquelles on peut toujours obtenir les premières informations indispensables.

Une ouverture vers le monde

Notre époque est riche d'émergences diverses, tant en matière de conception de la santé que dans le domaine spirituel.

On peut regretter que dans la plupart des cas, les tenants de ces nouvelles (ou anciennes) disciplines se cantonnent dans un prosélytisme réduit à la transmission exclusive, bien que de bon aloi, de leurs connaissances. De ce point de vue, la Macrobiotique ne se veut pas limitative, car le Principe Unique est applicable à toute discipline.

Si la Macrobiotique en tant que voie spirituelle porte un intérêt tout particulier à notre alimentation, laquelle est susceptible d'influer sur notre comportement (car la psychologie est sous la dépendance de la physiologie), l'inverse est également vrai, un aspect qui semble avoir été ignoré ou négligé dans son enseignement. En pratique aujourd'hui, et compte tenu d'une certaine vulgarisation, il est devenu indispensable de prendre soin de nos composantes psychologiques, une précaution sans laquelle la Macrobiotique serait tenue pour confidentielle, voire élitiste.

Il est remarquable que les émergences évoquées plus haut convergent vers une spiritualité plus "laïque", dégagée de toute appartenance religieuse, et que les nouvelles médecines se veulent plus "holistiques".

Mon souhait est de voir s'établir plus de communication entre ces diverses branches de notre connaissance. N'est-ce pas là le véritable progrès ?

Nous avons un rôle créateur.

En matière de santé aussi.

Créer est une joie et non une lutte. Rien ne peut arrêter la création. Guérir ? Oui, à condition de créer la santé en soi et autour de soi, plutôt que lutter contre la maladie !

 

**********************************

Principaux ouvrages:

- De Georges Ohsawa:

" La Philosophie de la Science et de la Médecine d'Extrême-Orient ", Ed. Vrin, Paris

Le premier ouvrage rédigé pour son enseignement de la macrobiotique, 1957.

Les autres ouvrages de G. Ohsawa sont disponibles aux Editions Vrin.

- De Michio Kushi:

" Le Livre de la Macrobiotique ", Ed. Trédaniel

Un panorama complet et des instructions pratiques.

- De Hubert Descamps:

" Hippocrate avait raison ", Ed. Trédaniel

Une justification scientifique et biochimique de la Macrobiotique.

Pour en savoir plus:

On peut consulter les sites suivants sur le web:

- www.jacqmittler.com (" infos, stages et discussion sur la Macrobiotique ", site créé et entretenu par l'auteur de cet article)

- www.lamacrobiotique.com (site documenté, en français et en anglais)

Quelques adresses utiles en France:

- C.I.M.O. (site en préparation), 8 rue Rochebrune, 75011 Paris.

- " Cuisine et Santé " (accueil toute l'année), 31800 Pont de Valentine.

Qui est Jacques MITTLER ?

Né à Paris en 1937, après une courte carrière d'ingénieur dans l'industrie aéronautique il a étudié la Macrobiotique auprès des plus proches disciples de G. Ohsawa, puis créé un atelier artisanal de produits alimentaires biologiques, à l'époque des pionniers. Enseignant depuis près de 40 ans, il donne régulièrement des conférences et anime divers ateliers et séminaires en France et à l'étranger. Il a écrit plusieurs livres, dont:

- " Introduction à la Macrobiotique ", Ed. Dangles (26 ème mille), 1984

- " Yin Yang, Mythe ou Réalité ? ", chez JMG Editions, 2003

- " Le Geai Bleu " (roman), chez l'auteur.

**********************************

(*) Par jugement , on entend une faculté de décision fondée sur la mémoire, un ensemble de qualités incluant l'entendement, le discernement, l'intuition, etc. Dans un sens plus large, le jugement est l'intelligence divine, organisatrice de la vie. Cette notion est fondamentale dans l'enseignement de la Macrobiotique.

(**) Biologique , car ayant trait à la conception de la vie, à la morale, etc.

Physiologique , en raison des transformations induites par la pratique alimentaire.

Logique enfin, par l'application de la dialectique Yin-Yang.

(***) L'arrogance est le nom donné au " péché originel " (la "chute", le dualisme), à l'orgueil, à la croyance que l'univers est une réalité séparée de son observateur. Plus particulièrement, l'attitude arrogante consiste à rejeter la cause de nos malheurs sur autrui (le hasard, les microbes, le prochain…).

 



Réagir à cet article >> cliquez-ici